‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 8 sur 126 · CONCORDÂT AVEC TA COUR PONTIFICALE · texte numérisé non relu

CONCORDÂT AVEC TA COUR PONTIFICALE

rains et avec leurs intérêts financiers, et qu'il ne serait pas difficile de prouver aux Gouvernements opposants que leur résistance leur fera plus perdre que gagner; car, s'ils sont isolés , ils seront tout aussi faibles vis-a-yis de la Cour pontificale qu'ils paraîtraient forts en adoptant des principes communs et en appuyant leur cause sur celle de FËglise d'Autriche. De tels arguments doivent s'imposer avec une incontestable autorité : les principes de la curie romaine nous en répondent; quant à moi, je ne sache pas que jamais un Souverain allemand, même le plus indépendant, le plus entier, ait consenti, uniquement par suite d'une présomption mal entendue , à accepter une condition moins feivorable que celle des autres Souverains d'Allemagne. Or, ce cas se produirait fatalement si le Roi de Wurtemberg voulait conclure avec le Saint-Siège un concordat reposant sur des bases qui réserveraient au Pape plus d'avantages que les concordats signés avec les autres Cours d'Allemagne *.

* C'est dans ce sens que les négociations furent entamées, mais elles restèrent sans résultat. Bien plus, de 1817 à 1830, Rome conclut des concordats séparés avec différents Etats de la Confédération : en 1817 avec la Bavière, en 1821 et en 1827 avec les Ktat^ formant la province ecclésiastique du Haut- Rhin, en 1824 avec le Hanovre, en 1827 avec la Saxe, en 1830 avec Gnescn et Posen, etc. Lorsqu*enHn en 1855, après la retraite de Melternich, les négociations en{«a(;ées avec le Saint-Siège aboutirent à la conclusion du concordat avec l'Autriche, le vieux chancelier d'État salua cet acte politique avec une vive satisfaction, cl prit la plume pour raconter les phases diverses de cette longue négociation qui avait duré un demi-siècle, et qui s'était enfin terminée par le triomphe de l'idée conçue par le chancelier dès 1816. Pour plus de clarté, nous reproduisons textuellement les lignes que Mcttcrnich a écrites de sa main, au mois d'août 1855, relativement à cette question :

« Le vingt-cinquième anniversaire de la naissance de l'Empereur François- -Joseph (18 août 1855) a été marqué par la signature d'un concordat avec le Saint-Sicgc; ce grand acte s*est accompli d'une manière aussi digne qu'elle est frappante dans les circonstances actuelles.

■ Personne n'est plus ù môme que moi de connaître les obstacles qui s'opposaient à l'œuvre salutaire qui mit fin aux empiétements, aux soi-disant réformes que l'Empereur Joseph II avait commis la faute d'inaugurer, portant ainsi atteinte aux droits de l'Église.

• Voici l'histoire des faits, présentée sous une forme concise dans un exposé rigoureusement fidèle :

■ Lorsqu'en 1814 et 1815 la paix eut été rendue au monde, je tournai mon attention vers les suites regrettables de la législation de l'Empereur Joseph en

LE TRAITÉ DE SfrNIGH BELATIVEMEKT A LA CESSION DE CEBTAnCES PARTIES DU TERRITOIRE DE LA BAVIERE A L* AUTRICHE.

209. MetCernich au baron de Wacquanl, plénipotentiaire d*Autri(*lie à Munich (E. D.), Milan, le 9 février 1816. — 210. Metternich an baron de Wacquant (E. D.), Vérone, le 8 avril 1816.

209. ...Le séjour du Prince royal (à Milan) s'est passe tant en pourparlers directs entre lui et l'Empereur qu'en në{;ocia* lions que j'ai suivies avec le Prince royal et le comte de Rech-

matière ecclésiastique. Si TEmpire tout entier soutTrait de ce fâclieux état de choses, la situation du Gouvernement dans le royaume Lombard-Vénitien, dans la Confédération germanique et dans la Hongrie, s*cn ressentait tout particulièrement.

• L'Empereur François inclinait personnellement, pour des motifs religieux ausdi bien que pour des raisons politiques, à mettre fin à cet ordre de choses qui existait depuis le règne de Joseph II. Il n*en était pas de même du monde des fonctionnaires; mAme dans le clergé, sauf un petit nombre d'exceptions, les doctrines fébroniennes avaient jeté des racines profondes. Dans les hautes sphères du Gouvernement j'étais seul sur le terrain de la vérité, en ce qui concernait cette grave question. Je ne me laissai pas elTrayer par les diffi* cultes de la situation; je poursuivis donc ma tâche en m'appuyant sur les bases que j'avais arrêtées dans mes conférences avec le cardinal Consalvi. Pour me seconder dans cette grande entreprise, j'avais fait appel à l'abbé de Justcl, alors rapporteur ecclésiastique au Conseil d'Etat. En 1817, le mariage de l'archiduchesse Léopoldine avec le prince héritier de Portugal, Don Pedro, me fournit l'occasion d'activer les négociations secrètes quej'avr entamées avec le Saint-Siège. Je fis envoyer à Rome l'abbé susdit, et je i réservai, dans le cas où l'on pourrait espérer arriver à une entente entre I deux Gouvernements, de me rendre personnellement à Rome, après a* conduit Madame l'Archiduchesse à Livourne. Je dus renoncer à ce p' parce que je reconnus que l'affaire n'était pas mûre pour une solution.

« En 1810, l'Empereur fit un voyage en Italie, et, grâce aux rap[)ort!i < qu'eut Sa Majesté avec le Pape Pie VII, les deux Souverains arrivé 9 entendre; malheureusement, les progrès de la négociation furent arr^ les difhcultéM que les fonctionnaires de l'Empire suscitèrent après le r l'Empereur à Vienne.

« Alors commencèrent le^ lenteurs; ellcn provenaient, ou bien du s de la légalité (de V inviolabilité ilcf loit écritet^y qui, dans l'esprit de l'Ei allait jusfju'au scrupule; ou bien de la rétiitancc des canonistes 1^

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