L'EXPÉDITION NAPOLITAINE
La question, la première de toutes, a di\ être de prime abord celle-ci : veut-on ou peut-on abandonner la révolution de Naples à elle-même, à ses propres remèdes (car toute révolution, comme tout mal, porte en elle-même sa propre punition ) , ou bien £aiut-il lui opposer une digue matérielle?
La solution de cette alternative n'a pu être douteuse. Nous pouvons déplorer la révolution en Espagne et Tabandonner à elle-même; mais il n'en a pu être ainsi de la révolution espagnole transplantée sur le terrain de Naples. Son triomphe dans la Péninsule italienne eût été bien plus prompt que sa répression, que toutes les punitions qu'elle pourrait s'infliger par elle-même.
Nous avons donc dû appeler à notre secours des moyens matériels considérables. Nos finances ont été obligées à de grandes dépenses ; rien en ceci n'est dépense de Santaisie ; tout, au contraire, est une charge imposée par la première des nécessités, celle de subsister.
Mon devoir est de tâcher d'imposer le moins de charges possible à nos finances et de travailler en même temps à ce que les dépenses deviennent autant que possible de simples avances. C'est à quoi j'ai visé, en faisant toutefois un calcul à la fois financier et politique.
Comme calcul financier, je préfère le certain à l'incertain, et je n'aime jamais me flatter de l'impossible.
Comme calcul politique, j'ai dû examiner le véritable état des choses à Naples, et tâcher de ne pas établir un plan sur des maux inévitables pour l'avenir.
La révolution napolitaine a détruit de fond en comble les finances du royaume. Elle a été amenée en partie par la fiscalité aveugle du système de M. de Medici : ne voyant dans l'administration de l'État qu'une caisse de crédit, il a chargé les provinces bien au delà de ce qu'elles auraient dû Tétre, et à force de tendre son arc, il l'a brisé.
Le Roi m'a assuré avoir vu les comptes qui établissent qu'au moment de son départ de Naples, la révolution avait non-seulement englouti tout ce qui restait du [produit des opérations financières antérieures, mais qu'e//e coulait de fait, dans le
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cours (les premiers six mois, plus de quarante millions de ducats.
IS avenir Jinancier de Naples offrira nécessairement deoi charges: l'entretien de l'armée d'occupation ; la consolidation des dépenses occasionnées par la révolution. Restait à savoir si à ces deux charges nous pouvions enjoindre une troisième, savoir, le remboursement des dépenses feites par les financei
autrichiennes
pour
frais d'armements, etc.
Ma conviction a été qu'en taisant trop, nous risquerions de ne faire rien. Mais cette vérité démontrée, je me suis demandé si je ne ferais pas bien de tirer un parti utile de ce qui, en toute conscience et vérité, n'a pour moi d'autre valeur que celle d'une impossibilité reconnue et prouvée.
Notre but doit être de réprimer la révolution, de consolider le repos, et non d'amener des chances de mouvements i veauic.
Dès lors, trouvant l'Empereur entièrement d'accord avec mon point de vue, vous nous ave/, vus faire la déclaration au protocole que vous possèdes depuis longtemps. Ce protocole TOUS aura prouvé que nous avons cherché à faire tourner en un appât politique ce qui se présentait à moi comme unQ impossibilité financière. Nous avons fait sonner haut que noM ne demandions rien, et nous avons attaché une récompense ou une punition pour la nation à ce même rien, à cette véritable non-valeur, en nous assurant ainsi la chance de pouvoir peut" être iaire rentrer sous le titre de punition ce h. quoi noui renoncions comme récompense.
J'entre dans tous ces détails, mon cher comte, que vôtrebon esprit et votre grande connaissance des aRàires et de la situation politique vous auront fait deviner dans le temps, afin de vous supplier de ne pas attacher trop de calculs à une reit^ trée que je regarde Lien moins comme liée à une bataille et h d'autres faits de guerre, qu'à des considérations de possibilité^ ou d'impossibilités financières, lesquelles doivent égalemeitf être intluencées fortement par des considérations polîtiqui que le temps peut seul décider, c'est-à-dire par le maintù du repos dans le royaume de Naples. Vous voyez que j'ai (
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soin d'ëtablir des alternatives en principe, de nous ménager des droits incontestables. Ce sera à la sagesse et à la prudence à en régler Tusage.