‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 5)Chapitre 96 sur 96 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Moi, du moins, je ne me suis pas reconnu Taptitude nécessaire pour remplir celle double tâche. Quant à me consacrer à celte oeuvre après mon retour à la vie privée, j'étais trop avancé en âge pour le faire. Éloigné des sources auxquelles il aurait fallu absolument puiser, loin des archives, j'aurais été réduit à ne consulter que ma mémoire.

J'ai reculé devant cette entreprise, mais j'y cherche une compensation en indiquant la forme que voici :

L'histoire de mon ministère, qui a duré près de trente-neuf ans, se trouve tout entière aux trois sources suivantes :

1* Dans les archives du département que je dirigeais, c'està-dire dans des pièces qui embrassent l'espace de temps écoulé depuis la bataille de Wagram, livrée dans le cours de l'été de 1809, jusqu'au 13 mars 1848;

2* Dans un recueil de documents que je laisse après moi, sous le titre de Matériaux destinés à servir à P histoire de mon temps;

S** Dans des correspondances que j'ai entretenues et dans des écrits que j'ai rédigés depuis que je suis rentré dans la vie privée.

L'historien impartial qui voudra puiser à ces trois sources à la fois y trouvera d'abondantes matières.

Ce n'est ni l'amour-propre ni la manie de vouloir avoir raison quand même qui m'ont poussé à faire connaître au public les idées et les sentiments qui m'ont guidé dans tout le cours de ma carrière politique. Le sentiment qui m'inspire repose sur une tout autre base; ce qui y domine, c'est l'élément historique et le souci de la vérité.

J'attache aux paroles ci-dessus la valeur d'une disposition testamentaire.

DIGNITÉS ET DISTINCTIONS H0N0RIFIQUF8 CONFÉRÉES AU PRINCE DE METTERNICH PENDANT LE TEMPS QU'a DURÉ SA VIE POLITIOrE.

1801. Nomination d! envoyé et de ministre plcnipotentiain Impérial et Royal auprès de la Cour de la Saxe électorale, à Dresde.

Vienne , le 5 février 1801.

Dans le rapport de Goiloredo à l'Empereur, datëda même jour, on lit : «Que Sa Majestd sera peut-être disposée à confdrer le titre d'envoyé prés la Cour de la Saxe électorale au comte Clément de Metternich, que Ton dit doué de talents remarquables et qui, dans l'espérance d'être nommé à un poste pareil, s'est, depuis plusieurs années, initié à la diplomatie par des études préparatoires. » La nomination eut lieu par résolution impériale à la suite de ce rapport.

1803. Nomination d'envoyé et de ministre plénipotentiaire I. et R. auprès de la Cour de Prusse, à Berlin,

Vienne, le 3 janvier 1803.

Dans son rapport du même jour, CoUoredo disait à TEnipereur que, dans la situation actuelle, la principale qualité que devait avoir un ministre Impérial et Royal à Berlin consistait: V dans le talent de se faire aimer et estimer à la Cour et parmi le grand public ; 2* dans un bon esprit d'observation , ainsi que dans un ton posé et dans des manières correctes, et qu'à cet égard le comte de Metternich s'était distingué à la satisfaction de Sa Majesté. A la suite de ce rapport, TEmpereur signa la nomination.

1806. Grand' Croix de l'Ordre hongrois de Saint ^Etienne.

Par dipldme daté de Vienne, ]e 16 janvier 1806, pour les services remarquables rendus à la Maison Impériale dans le poste d'envoyé à Berlin.

1806. Nomination d'ambassadeur Impérial et Royal auprès de la Cour de Napoléon.

Vienne, le 18 mai 1806*

1 806. Collation de ta dignité de conseiller intime *, Vienne , le 17 juin 1806.

1809. Nomination de ministre de conférence et d^État. Ofen, le 4 août 1809.

1809. Nomination de ministre de la Maison Impériale et des

Affaires étrangères.

8 octobre 1800.

1810. Chevalier de la Toison d'Or.

Par billet autographe de l'Empereur (10 mars), pour les services rendus lors de la conclusion de la dernière paix.

1810. Grand'Aigle de la Légion d'honneur.

Par diplôme de l'Empereur Napoléon, daté de Paris, le 0 avril 1810, k Toccasion du mariage de l'Archiduchesse Marie-Louise.

1811. Curateur de I Académie Impériale et Royale des Arts

plastiques, à Vienne.

Par lettre autographe de l'Empereur, datée de Vienne, janvier 1811.

1812. Seigneur et membre héréditaire des états de Styrie. Par diplôme des états de Styrie, daté de Gratz, le 10 décembre 181S.

1813. Chancelier de t Ordre militaire de Marie^Thérèse.

Billet autographe de l'Empereur, daté du 3 mai 1813.

1813. Chevalier de première classe des Ordres royaux de Prusse de F Aigle noir et de P Aigle rouge» Par ordre de Cabinet, daté du 13 septembre 1813.

* Il obtint, lu dignité de chambellan dès l'année 1705I.

(NoU de rÈdiUur.)

1813. Chevalier de première classe de l'Ordre Impérial russe de Sainte André y de celui de Saint^Alexandre Newsky et de celui de Sainte-Anne *.

181 3, Élévation au rang de Prince autrichien.

Par lettre autographe de l'Empereur, datée de Rotha, le 20 octobre 1813 (surlendemain de la bataille de Leipzig) :

Mon cher comte de Metternich , la sage direction du département que je vous ai confié dans des moments difficiles est couronnée du plus heureux succès dans un des instants les plus décisifs pour le sort du monde. J'éprouve donc le besoin de TOUS donner un témoignage public de ma reconnaissance en étendant, à partir d'aujourd'hui, la dignité de Prince, qui existe déjà dans votre Maison d'après le droit d'aînesse, nonseulement à vous, mais encore à tous vos descendants, en ligne directe, des deux sexes.

En prenant cette disposition , je désire foire revivre dans le souvenir de vos descendants l'exemple de leur père et les services que vous rendez à TÉtat et à moi-méme, pour les encourager à marcher un jour sur vos traces. Roiba, le 20 octobre 1813.

François, m. p,

1813. Citoyen honoraire de la capitale de P Empire.

Par diplôme de la ville de Vienne, daté du 24 octobre 18L3.

1813. Seigneur et membre héréditaire des états de la basse

Autriche.

Par lettre de la Chambre des seigneurs de la basse Autriche, datée de Vienne, le 13 novembre 1813.

1813. Décoration de F Ordre Royal bavarois d* Hubert.

Suivant un rapport de Metternich à l'Empereur François, daté de Friboaif» le 18 décembre 1813.

1814. Seigneur et membre des étais de Carinthie.

Par diplôme des états des seigneurs de Carinthie, daté de Klagenfort, le 13 janvier 1814.

* Manquent les dates précises de la collation , de même que pour quelqon autres Ordres étrangers, dans lesquels cas nous nous bornons à Tindicatioo de Tannée. (Note de VÈdUeur.)

1814. Dignitaire de l'Ordre Royal des Deux-Sïciles .

Par diplôme du Roi Joachim Napoléon, daté de Bologne, le i«' mars 1814.

1814. Addition des armes d^ Autriche-Lorraine au blason de la famille de Metternich.

Par lettre autographe de TEmpereur, datée de Paria, le 21 avril 1814 :

Mon cher prince de Metternich, après les jours décisifs du commencement du mois d'octobre dernier, je vous ai donné un témoignage pubhc de ma reconnaissance pour la manière remarquable dont vous avez dirigé le département qui tou» est confié. Depuis ce moment, la Providence a béni miraculeusement tout ce qui a été entrepris en vue de rétablir Tordre et le repos en Europe. Votre coopération à l'œuvre aujourd'hui terminée a été si considérable, que j'éprouve le besoin de vous donner de nouveaux témoignages de ma reconnaissance pour les services que vous avez rendus à Votre Souverain , à rÉtat et à la cause commune. En conséquence, je vous autorise, vous et vos descendants en ligne directe , à porter à perpétuité les armes d'Autriche-Lorraine dans le premier champ de vos armoiries de famille. En même temps je vous assigne, à titre héréditaire pour votre descendance màle en ligne directe, un domaine seigneurial dans mon Royaume de Hongrie; je vous ferai parvenir à cet égard une donation en bonne et due forme, dès que l'acte sera dressé.

Paris ) le 21 arril 1814.

François, m. p.

1814.* Donation de la Seigneurie de Daruvâr, en Hongrie.

Suivant la lettre autographe de l'Empereur ci -dessus, datée de Paris, le 21 avril, d'après laquelle fut dressé un acte de donation particulier.

1814. Dignité de magnat, à titre héréditaire, en même temps que Vindigénat pour le Royaume de Hongrie, Par diplôme, daté de Paris, le 25 mai 1814 (texte original en latin) :

Considérant les grandes qualités de Notre Cousin, le

bien-aimé Prince Clément- Wenceslas-Lothaire de Metternich- Winneburg-Ochsenhausen, chevalier de la Toison d'Or, etc.» et les services aussi nombreux quMmportants quHl a rendus pendant la guerre comme pendant la paix, en marchant glorieu-

sèment sur les (races des hommes éminents qui ont le plus fiait pour Notre Maison; considérant particulièrement qu'en 1793, à Toccasion de sa mission en Angleterre, et plus tard, lors des négociations engagées à Bastadt en vue de la paix, il a fait preuve d'une connaissance consommée des affaires, d'une habileté parfaite et d'une intelligence au-dessus de tout éloge, si bien qu'il a été nommé bientôt après Notre envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire auprès de la Gourde Prusse; que dans ces hautes fonctions il a rendu différents services à l'Empire, à Notre complète satisfaction; que, d'autre part, il a mérité d'être envoyé en qualité de Notre ambassadeur auprès de la Cour de Paris, laquelle mission il a remplie avec éclat jusqu'au moment où, en 1809, la guerre éclata de nouveau entre la Maison d'Autriche et la France; qu'il a conduit, pendant cette période, toutes les affaires qui lui ont été conHées avec un zèle et une intelligence qui lui ont valu l'expression de Notre contentement; enfin, qu'après la paix signée dans Vienne, Notre capitale, Nous l'avons, plein de confiance dans l'habileté, dans la maturité avec laquelle il avait dirigé les affaires extérieures, nommé ministre d'État et de conférence et ministre des affaires étrangères , et cela dans la situation la p|us difficile pour l'Europe en général et pour la Monarchie en particulier; que, dans ce poste élevé, il a entièrement répondu à la confiance que Nous avions mise en lui , attendu qu'il a trouvé moyen, sans exciter de défiances, de porter la Monarchie autrichienne à un degré d'éclat extraordinaire, et qu'il est arrivé à ce résultat à force de sagesse et de prudence : — il Nous a plu de lui donner un nouveau témoignage de Notre grâce et de Notre bonté Impériale et Royale, à la suite de la bataille livrée près de Leipzig, bataille aussi glorieuse que décisive par ses conséquences pour le sort de toute l'Europe, et d'étendre gracieusement la dignité de Prince, qui jusqu'à présent était restreinte aux afnés seulement, même encore du vivant de son père, à lui-même, le ministre des affaires étrangères , ainsi qu'à tous ses descendants des deux sexes, et, après la prise de Paris, cet heureux événement qui couronna le retour de la liberté pour toute l'Europe, de lui permettre gracieusement, à titre de distinction particulière, de porter à perpétuité, lui et tous ses descendants des deux sexes, les armes d'Aulriche-Lorraine dans les armoiries de sa

famille. Considérant que les services tout particuliers qu'il Nous a rendus, dans les hautes et difGciles fonctions rappelées ci-dessus , Nous ont paru mériter des témoignages encore plus éclatants de Notre iaveur , Nous prenons la décision ci-dessous , non-seulement à cause des fiiits mentionnés plus haut, mais encore eu égard aux services immenses qu'il a rendus à Notre Maison et à toute TEurope ; considérant que les rares qualités de son esprit et Finaltérable attachement qu'il a voué à Notre personne font espérer qu'il continuera, dans l'avenir, à apporter le même zèle au service de Notre Maison; considérant que dans l'attachement particulier qu'il a voué à Notre Royaume de Hongrie, ainsi qu'à la nation hongroise, Nous reconnaissons son désir et sa volonté de se consacrer loyalement et fidèlement au service de Notre Royaume de Hongrie et de sa Couronne; en conséquence, Nous décidons, en vertu de nos pouvoirs royaux et par faveur spéciale, d'admettre le Prince Clément-Wenceslas-Lothaire de Metternich-Winneburg-Ochsenhausen , etc. , et par lui tous ses héritiers et descendants légitimes des deux sexes, à la condition, au rang et dans la communauté des magnats indigènes, de l'incorporer dans cette bonne, antique et impérissable noblesse de Notre Royaume de Hongrie et des pays de la Couronne qui en dépendent, de telle sorte cependant et sous la condition formelle qu'il devra, en son nom personnel aussi bien qu'au nom de ses héritiers et descendants, prêter le serment ou hommage

exigé pour la collation de l'indigénat

Fait à Paris, en France, le 25 mai de l'an du Seigneur 1814, dans la vingt-troisième année de Notre domination royale dans les Royaumes de Hongrie, de Bohème et autres pays.

François, m. p.

1814. Citoyen honoraire de la ville d'Oxford.

Par diplôme de la ville d*Oxford, le 4 juin 1814.

1814. Docteur de l'Université d'Oxford.

Par diplôme de TUniversité d*Oxford, le 16 juin 1814.

1814. Croix d'or du Mérite civil.

Par billet autographe de l'Empereur, daté de Vienne, le 20 septembre 1814:

Mon cher prince de M etternich , en créant , à la suite des ëvénements de 1813 et ISl-i, une décoration destinée à récompenser le mérite civil , j*ai eu en vue des services particuliers rendus à une des plus grandes époques de rbistoire moderne. Ceux qui, en travaillant au rétablissement d'un ordre de choses reposant sur le droit et sur Tordre, ont bien mérité de la société, de moi-même et de la patrie, ceux-là méritent aussi de recevoir aujourd'hui une récompense toute particulière. En attendant le travail de la commission nommée spécialement pour examiner les droits de ceux qui peuvent prétendre à la croix du Mérite civil , je vous envoie spontanément la première croix d'honneur en or, que vous seul pourrez porter au cou, attachée par le ruban prescrit, à titre de distinction unique.

Vienne, le 20 septembre 1814.

François, m. p.

1814. Chevalier de l'Ordre royal Wurtemberg eois de F Aigle d'Or.

1814. Membre honoraire de /*Academia scientiarum utiiium

Erfiirti.

Par diplôme daté d'Erfurt, le 10 août 1814.

1815. Chevalier de l'Ordre royal sarde de F Annonctade.

Par diplôme daté de Turin, le 3 janvier 1815.

1815. Chevalier de l'Ordre royal danois de F Éléphant.

1815. Chevalier de l'Ordre royal suédois des Séraphins.

1815. Grand -- Croix de C Ordre grande ducal badois de la Fidélité.

1815. Membre honoraire de F Académie royale danoise des

Arts.

Par diplôme daté de Copenhague, avril 1815.

1816. Chevalier de l'Ordre royal saxon de ta Couronne

losangée. '

1816. Grand'Croix et BailU honoraire de t Ordre souverain de Malte.

Par diplôme da 7 avril 1816.

1816. Docteur honoraire de C Université de Pavie, Par diplôme daté de Pavie, le 15 avril 1816.

1816. Donation du domaine du Johannisberg sur les bords du Rhin,

Par billet autographe de TEmpereury daté de Schœnbninn, le i*' juillet 1816 :

Mon cher prince de Metternich, afin de vous donner un souvenir durable de ma satisfection et de ma reconnaissance pour les services considérables que vous avez rendus à TÉtat et à moi dans la période finale des agitations de TEurope, je vous fais don du ci-devant domaine dépendant de Fulda, le Johannisberg, sur les bords du Rhin, avec tous les biens meubles et immeubles qui en dépendent, terres, forêts, droits et revenus quels qu^ils soient, à titre de propriété pleine et entière, transmissible à votre descendance masculine, et en cas d^extinction de celle-ci, à votre descendance féminine en ligne directe.

En vous faisant cette donation, je stipule néanmoins la réserve suivante :

1* Le domaine restera sous la dépendance de ma Couronne, à laquelle

2* 11 fera retour après Textinction de votre descendance masculine et féminine.

3^ Le possesseur du domaine, quel quMl soit, payera à per^ pétuité à ma Couronne un canon annuel qui consistera dans le dixième de la récolte du vin m naturà.

Je donne en même temps à mon ministre des finances comte de Stadion Tordre de faire immédiatement toutes les diligences nécessaires pour Tezécution des dispositions ci-dessus^,

SchœnbrunD» le i*^ juillet 1816.

François, m. p.

* L*acte de donation fut dressé d'après ces indications.

(Noie de r Éditeur.)

1816. Grand'Croix de F Ordre français de la Légion d'hon--

neur.

Par dipldme daté de ParU, le 28 décembre 1816.

1817. Grand-croix de l'Ordre ducal parmesan Constantin

nien de Saint-^Georges ,

Par diplôme du mois de mai 1817.

1817. Grand-croix de l'Ordre royal espagnol de Charles III. Par diplôme daté d'Ildefonse, le 22 octobre 1817.

1817. Grand<roix de l'Ordre royal espagnol d'Isabelle. Par diplôme daté de Madrid, le 13 novembre 1817.

1817. Grand-croix de l'Ordre royal portugais du Christ. Par diplôme daté de Rio-JaDeiro, le 7 avril 1817.

1817. Grand-croix de l'Ordre grand-ducal toscan de Saint' Joseph.

Par diplôme daté da 28 novembre 1817.

1817. Grand-croix de l'Ordre électoral hessois du Lion-d'Or. Par diplôme daté de Gassel, le 13 mai 1817.

1817. Chevalier de l'Ordre royal sicilien de Saint-Janvier.

1817. Grand-croix de l'Ordre royal hanovrien des Guelfes.

1818. Conservateur de l'Université de Cracovie et membre

honoraire de la Société littéraire.

Par diplômes du i*^ mars et du mois de juillet 1818.

1818. Duc de Portella.

Par diplôme du Roi Ferdinand I*' de Naplea, daté dn 9 septembre 1818 ( teinte original en latin) :

Ferdinand I*% par la grâce de Dieu Roi des Deax>Siciles, etc., etc.

Nous TOUS gardons une vive reconnaissance pour Tar-

deur avec laquelle vous avez défendu Notre cause; ausâ, considérant que la paix| rendue à FEurope grâce à vous. Nous

a profité ainsi qu'aux autres États, Nous avons résolu d'achever de vous payer Notre dette de reconnaissance.

Il semblait manquer encore quelque chose au titre de duc que Nous vous avons conféré en 1815 ; il ne semblait répondre ni à Télévation de votre rang ni à Nos sentiments de bienveillance ; c'est pourquoi il fallait que le simple titre fût accompagné d'undéterminatif et qu*il fût complété par la désignation d'une localité. Pour ce motif Nous avons porté Nos regards sur toutes les localités de Notre Royaume, dans l'intention d'en choisir une entre toutes qui fût propre à conserver à la postérité le souvenir de vos mérites et, d'autre part, à faire ressortir comme il convient l'œuvre merveilleuse que vous avez accomplie en 1815.

Aucune localité ne Nous a paru aussi convenable pour cela que Portella, qui est situé sur la frontière qui sépare le Royaume de Naples des États pontificaux; car, abstraction faite de ce que cette localité a son importance comme station d'entrée et de passage sur Notre territoire, Portella restera particulièrement mémorable pour une autre raison encore : c'est là qu'a pris position l'invincible armée de l'Empereur d'Autriche votre Maître et Notre beau-fils ; c'est de là qu'elle est partie pour entrer à Naples, réveillant pour Nous l'espoir de replacer le Royaume en Notre possession, en le délivrant de l'oppression étrangère. Si les triomphateurs et les généraux romains d'autrefois se faisaient un honneur extrême d'ajouter à leur nom ceux des peuples ennemis vaincus, des provinces soumises et des villes emportées, le nom de Portella, venant s'ajouter au vôtre, relèvera de même l'éclat de vos autres titres, parce qu'il parlera de la sagesse de vos conseils, de votre prudence et de l'action rapide de l'armée victorieuse, grâce auxquelles les événements ont heureusement tourné à Notre avantage.

C'est pourquoi Nous maintenons le droit que Nous vous avons accordé, à vous et à vos héritiers, aux termes du décret rendu à Naples, le 13 novembre 1815, et de Notre lettre du 13 janvier 1816*; en outre, confirmant toutes les dignités, prérogatives et privilèges qui, d'après la tradition et de droit,

* Le décret et la lettre en question contenaient la collation du simple titre de duc avec une dotation annuelle en argent, usage napolitain qui ne sembla pas tout à fait conrenable au prince de Metternich et dont il refusa de profiter. {Note de VÈdUeur, )

s'attachent à la haute position de duc dans Notre Royaume des Deux-Siciles, Nous avons résolu par un autre décret, rendu le !•' août 1818, d'ajouter à votre titre de duc le nom de « Portella » , et en vertu des présentes Nous vous nommons et déclarons donc duc de Portella. Nous voulons que cette dignité, avec le nom susdit, non-seulement vous appartienne en propre, mais encore qu'elle passe à vos descendants, à titre perpétuel. En même temps. Nous ordonnons à tous Nos sujets ainsi qu^aax autorités de Notre Royaume de vous témoigner, à vous et à vos descendants, sous le nom de duc de Portella, la considération à laquelle vous avez droit et le respect qui vous est

dû

Naple8, le 1*'' septembre 1818.

Ferdinand, m. p.

1818. Grand^croix de l'Ordre royal néerlandais du Lion.

1819. Grand^croix de l'Ordre royal napolitain du Mérite de

Saint-Ferdinand .

Par diplôme daté de Naples, janTier 1819.

1820. Grand'Croix de l'Ordre grand-ducal de la Maison de

Hesse,

Par lettre autographe datée de Darmstadt, le 5 février 1820.

1820. Grand-croix de l'Ordre grand^ducal de Weîmar du

Faucon blanc.

Par diplôme daté de Weimar, le 20 juin 1820.

1821. Nomination de chancelier de Cour et d'État.

Par lettre autographe de l'Empereur, datée de Vienoe, le 25 mai 1821 :

Mon cher prince de Metternich, les services que, dans le cours de votre ministère de douze années, vous avez rendus à FÉtat et à Moi, par suite des efforts que vous avez faits pour rétablir la paix générale et pour consolider les liens d'amitié qui existent entre Moi et les autres puissances et États d*Eu* rope, se sont accrus encore, grâce au zèle non interrompu avec lequel vous avez, dans le cours des deux dernières années, travaillé à maintenir avec autant de prudence que d^intrépidite le repos général et à assurer le triomphe du droit sur les

menées coupables des perturbateurs de la paix intérieure comme de la paix extérieure des États.

Je considère comme un devoir de vous donner, dans un moment aussi décisif pour la conservation du repos futur, une preuve publique de ma satisfaction et de ma confiance.

Je vous confère donc la charge de mon chancelier de Cour et d'État, dont vous avez exercé les fonctions avec tant de succès et un si fidèle dévouement.

Vienne, le 25 mai 1821.

François, m. p.

1 824. Grand <f Espagne de première classe avec le titre de duc.

Par diplôme da Roi Ferdinand Vil, daté de San Lorenzo, le 1*' novembre 1824 (en traduction officielle) :

Don Ferdinand YII, par la grâce de Dieu Roi de Gastille, etc., etc., ai adressé à mon conseil de Cabinet le décret ci-dessous :

Considérant le zèle, le dévouement et la prudence que le prince de Metternich, ministre de Sa Majesté l'Empereur d'Autriche, a déployés avec tant d'éclat pour le service de la cause légitime, j'ai résolu de lui conférer la dignité de grand d'Espagne de première classe, avec le titre de duc et la dénomination qu'il choisira lui-même*

Reconnaissant spontanément les services rappelés ci-dessus, et agissant en vertu de mon pouvoir royal absolu, dont je veux faire et fais usage dans ce cas en qualité de Roi et de seigneur héréditaire qui ne reconnaît personne au-dessus de lui sur la terre, je. désire et veux qu'à partir d'aujourd'hui Don Clé-

* Le prince de Metternich raconte le fait dans une note autographe oà il dît : « Lorsque, après sa restauration, le Roi d*Espaçne Ferdinand Vil me conféra la grandesse espagnole, il m'invita à choisir le titre que je voudrais voir uni à cette dignité. Je déclarai que je remettais à Sa Majesté le soin de le désigner, et que je ne me permettrais d*élever des objections que contre une désignation morale. Là-dessus le Roi me fit proposer le titre de duc de Texas, Le Texas était en ce temps-là le point où s*étaient réunis les réfugiés bonapartistes (entre autres les frères Lallemand), qui avaient donné à ce pays la dénomination ' de Champ d* asile. Je repoussai cette proposition. Gomme en Espagne le titre de prince n'appartient qu'aux membres de la Maison royale, et que celui de principe délia Paz avait fait seul exception à la règle, le Roi ajouta à mon nom de famille celui de duque, avec la grandesse m

(Note de r Éditeur.)

▼II. .ti

ment- Wenceslas-Lothaire , prince de Mettemicb - Winneburg, etc., etc., nommé ci-dessus, et ses fils, héritiers et descendants légitimes des deux sexes, soient tous à perpétuité grands d'Espagne de première classe, sous le titre de duc de Mettemich-Winneburg^ porté par la famille; que cette distinction se conserve parmi eux comme il est dit ; qa^ils jouissent à jamais de tous les bonneurs, grâces, avantages, cérémonies, préséance et privilèges attachés à la dignité de grand d'Espagne ; qu'ils portent tous les insignes et pratiquent toutes les cérémonies qu'il y a lieu de porter et de pratiquer par suite de la possession de ce titre.

Fait à SaD Lorenzo, le i*' novembre 1824.

Moi le Roi, m. p.

1825. Chevalier de VOi'dre royal français du Saini-Esprù. Par diplôme daté de Paris, le 8 avril 1825*.

1827. Grand-croix de l'Ordre impérial brésilien de la Croix du Sud,

1831. Insignes de l'Ordre royal hongrois de Saint-Éiienne, en brillants.

Par billet autograpbe du 18 ayril 1831 :

Mon cher prince de Metternich, au moment où les mesures ayant pour unique but le rétablissement du repos qui avait été troublé dans plusieurs parties de l'Italie, la conservation et le maintien de l'entière indépendance des États italiens et de la paix générale qui me tient tant à cœur, sont couronnées du succès le plus prompt et le plus heureux, je désire vous donner un témoignage de ma reconnaissance pour les services que vous avez rendus à l'État et à moi-même dans ces graves circonstances. Je vous confère donc la décoration de mon Ordre Royal hongrois de Saint-Étienne en brillants.

Vienne, le 18 avril 1831.

François, m. p,

* Charles X en personne remit les insignes de TOrdre au cbancelier d'État, pendant son séjour à Paris, au mois de mars 1825. (Abfe de FÉditeurm^

1832. Grand'-croix de l'Ordre grand^ducal hessoîs de Louis,

1836. Grand<roix de l'Ordre royal grec du Sauveur,

1837. Décoration turque de la Gloire^ en brillants.

Par brevet daté de Constantlnople, dans les derniers jours du Ramazan (fin décembre 1837).

1839. Membre honoraire de l'Académie des Arts plastiques à Florence, Par diplôme daté de Florence, le 15 septembre 1839.

1841. Membre honoraire de l'Académie suédo^norvégienne des arts et des sciences.

Par diplôme daté de Stockholm, le 26 octobre 1841.

1841. Membre honoraire de rAcademia pontificia di Belle Arti de Bologne,

Par diplôme daté de Bologne, le 17 juin 1841.

1841. Grand'croix de l'Ordre pontifical de Saint ^Grégoire.

Par diplôme daté de Rome, le 30 janvier 1841.

1842. Grand-^croix de V Ordre ducal d'Anhah d'Albert VOurs,

1842. Chevalier de l'Ordre royal hanoVrien de Georges.

1842. Chevalier de l'Ordre royal prussien « pour le mérite n , de la section dès Sciences et des Arts,

Par lettre autographe du Roi Frédéric-Guillaume, datée de Potsdam, le 29 mai 1842 :

Mon cher prince, je viens aujourd'hui vous adresser une demande qui, mal comprise, pourrait vous paraître absurde et suspecte au dernier point. La chose a besoin d'une explication que je tiens à vous donner moi-même. Je fonde une classe civile pour l'Ordre de Frédéric II « pour le mérite » , qui est devenu aujourd'hui un Ordre purement militaire, mais qui autrefois a été conféré par l'illustré fondateur lui-même à Voltaire et je crois aussi à Maupertuis, en un mot à plusieurs savants célèbres de son temps. Pour ne pas porter atteinte à la croix bleue de l'armée, j'introduis quelques changements

dans la décoration de la classe civile, et je nomme trente chevaliers de nationalité allemande, c*est-à-dire les meilleurs et les premiers noms dans les sciences et dans les arts, à qui j'attribue une voix en cas de vacances; par conséquent, j^en fais une sorte de chapitre ou d'Académie. Mais comment votre nom, cher prince, pourrait^il manquer parmi les trente? Qui a su mieux que vous feire son domaine des sciences et des arts? Qui en a fisiit un champ que non-seulement vous &ites cultiver généreusement, mais que vous fécondez encore de vos propres mains? Si je retenais TOrdre et qu^il eût la moindre ambition, il vous sauterait au cou de lui-même. Mais mais

la Toison d'Or y a pris place depuis longtemps, et repousse avec un soin jaloux tout compétiteur qui voudrait obtenir Tespace de la largeur d'un doigt! Abstraction faite de Temphase orientale, ce qui est certain, c'est que votre nom, cher prince, est indispensable pour l'honneur de l'Ordre, et que vous ne pouvez refuser ni vos conseils éclairés ni votre voix quand il s'agira de remplir des vacances. Comment concilier cela? Dites-moi si je suis tombé juste. Vous accepterez la décoration et vous me donnerez ainsi le droit de vous mettre sur la liste des trente ; mais dès que vous aurez reçu la décoration, mettez-la en lieu sûr et abstenez-vous de goûter l'incomparable bonheur de la porter; mais souvenez- vous à chaque vacance qu'elle est entre vos mains et, par suite, envoyez votre vote pour l'élection à la place vacante. Alexandre de Humboldt se charge de diriger les affaires de l'Ordre en qualité de chancelier. Outre les trente dieux, je me suis encore réservé la création d'un nombre égal de demi-dieux non allemands, qui porteront les insignes sans avoir le droit de voter. Ces demi-dieux sont destinés à faire comprendre au monde étonné la grandeur des dieux entiers. Pénétré de Texcellence de mon idée, j'aime à croire que « vous accepterez la décoration, que vous ne la porterez pas, mais que vous voterez quand même » . Je prends maintenant le langage officiel , et je vous prie par les présentes, mon cher prince, d'accepter une place parmi les divinités supérieures de la section civile de l'Ordre « pour le mérite » ; par la présente lettre autographe, je vous dispense aussi solennellement de toute tentative pour mettre le chiffre en or de Frédéric II en conflit avec le bélier d'or ; néanmoins je vous invite formellement à observer les statuts, c'est-à-dire

à envoyer ici en temps utile, sous pli bien cacheté, un nom

bien illustre^

Je baise les mains à la princesse et à la duchesse, et je vous embrasse cordialement. Je désire très-vivement vous revoir, mon bien cher prince, comme votre ami sincère et dévoue.

Frédé-rig-Guillaume.

1843. Grand^croix de F Ordre ducal de Brunswick de Henri le Lion,

.1843. Porteur de la décoration princier e de Hohenzollern {première classe),

1843. Grand^croix de l'Ordre royal belge de Léopold.

* Dans la snite de cette lettre, à M fois humoristîqne et affectueuse, le Roi parle de son intention d*ailer à Cologne pour la pose de- la première pierre, da Dôme, à laquelle il invite le Prince, en lui écrivant ce qui suit : « Quelle joie serait-ce pour moi et quelle belle signification votre présence, mon cher prince, donnerait-elle à la cérémonie! Songez~y un brin, je vous prie! » Le prince de Mettemich répondit le 6 juin : « Votre Majesté m*a donné in conspectu populi l'estampille d'un savant, A-t-elle sérieusement examiné la matière estampillée? Si vous me demandez, moi qui devrais avoir quelque connaissance de la chose, ce que je pense de la matière, le simple sentiment de l'honnêteté me force d'avouer que mon bagage est bien léger. Votre Majesté a daigné me poser trois conditions : « Accepter la décoration » , • ne pas /la porter » , et •• pourtant voter » . Je déclare me soumettre à la première, avec le sentiment de la reconnaissance avec laquelle un bon chrétien accepte une grâce imméritée. Je n'accepte la seconde qu'en partie ; la prière ci-après expliquera ma résistance à Votre Majesté. Je m'engage à remplir la troisième, par suite de la hante valeur que les sciences et les arts ont à mes yeux et par un sentiment d'honnêteté naturelle. Il n'y a pas d'hostilité entre la Toison d'Or et la décoration du savant; je ne crains donc pas de livrer mon cou à ces deux emblèmes amis. Ils s'y rencontreront dans la proportion d'un^ui^te milieu; je dis : à*un Juste milieu, parce que la Toison d'Or doit, d'après les statuts, être portée toujours, et que, d'après la volonté de Votre Majesté , je ne doû» porter jamais la nouvelle décoration. J'ai l'habitude de ne pas me conformer, sous ce rapport, aux exigences des statuts de Philippe le Bon, et, de même, je suis résolu k faire des exceptions à l'exception de Votre Majesté; une infraction neutralisera l'autre. Maintenant, j'en viens à mon humble requête. Si je me rencontre avec un dieu entier ou avec l'un des demi-dieux, il ne me restera d'autre ressource , pour sauver le caractère de savant qui m'a été conféré par votre autorité souveraine, que de lui déclarer aussitôt que je ne suis pas de sa partie. Quand j'aurai fait le tour de tous mes collègues de toutes les branches, s'ils finissent par se demander quelle est ma partie, je les adresserai à l'auguste

1843. Président honoraire de la Société archéologique de

Rome*.

1844. Grand-croix de l'Ordre royal portugais de la Tour et

de FÉpée.

fondateur de l'Ordre. Votre Majesté, qui possède une si profonde coanaiisaoce des hommes, trourera peut-être dans la franchise avec laquelle j*aToiie «pie je ne puis indiquer ma partie, la preuve <fueje ne suit pas un savmnt,

M Votre Majesté daigne me donner rendez- vous pour la pose de la première pierre du portail du sud du Dôme de Cologne. Je ferai tout ce qui dépendra de moi pour m'y trouver. Toute occasion de mettre personnellemeat aux pieds de Votre Majesté Thommage de mon inaltérable dévouement équivaut pour moi à un véritable bonheur.

« Daignez, Sire, agréer l'ezpression de la reconnaissance de la partie féminine de ma famille pour votre gracieux souvenir, et l'hommage des seniimencs respectueux avec lesquels je suis, etc., etc. • (Note de VÈdUeur,)

* En outre, le prince de Mettermch éuit membre honoraire de presque toutes les sociétés artistiques et scientifiques de la Monarchie andricfaieane; nous nous sommes abstenu d'en faire l'énumération. (iVofe de tEdiieur.)

FIN DU TOME Vil ET DE LÀ DEUXIÈME PARTIE.

PARIS, — TTPOORAPHIB DE E. PLON ET C^*, RUE GARAHCliRB, 8.

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