‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunisChapitre 28 sur 45 · LS · texte numérisé non relu

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seurs sur le trône de Hongrie, précisément par cette conduite -et surtout par les revirements subits de sa politique.

« Ce sont les premiers actes du gouvernement de Joseph II qui obtinrent l'approbation de tous les novateurs; leurs suffrages restèrent acquis à ce prince même pour des actes postérieurs à la première période de son règne, qui n'avaient plus rien de commun avec ses tendances révolutionnaires de jadis, parce que ces mêmes approbateurs ne voulaient pas s’avouer que l'Empereur s'était détourné d'eux. La plupart des concessions qu'il fit à l'esprit du temps ne furent que passagères. La liberté de la presse notamment ne fut effective que pendant quelques mois. La licence, qui débordait sans contrainte, provoqua des mesures préventives plus rigoureuses qu'elles ne l'avaient jamais été même avant le règne de Joseph II. On peut en dire’ autant de l'abolition de la peine de mort, qui fut remplacée par des peines à côté desquelles la mort est un bienfait.

« Ce qui nous est resté de l'époque de Joseph II, ce sont, outre les conséquences morales de tant de tentatives avortées, quelques lois organiques d’une valeur incontestable. Le royaume de Bohéme, où ces lois furent appliquées plus sérieusement que dans d’autres pays de la Monarchie, leur doit les progrès rapides et considérables qu'il fit par suite du règlement des rapports de dépendance, des questions industrielles et d’autres branches de ladministration. Mais c’est surtout dans l'organisation militaire que le gouvernement de Joseph II a introduit l'ordre et la vie, grâce à la direction du feld-maréchal Lascy; l’armée impériale a donné en toute circonstance des preuves brillantes de ces qualités nouvelles, à tel point que Napoléon lui-même regardait sa constitution comme la meilleure possible. Grâce à ces améliorations et à d'autres, on verra toujours sous un jour favorable un Souverain qui, bien qu'il ait été souvent égaré par des idées fausses, était pourtant animé d'un esprit créateur. Aucune de ses erreurs n'avait sa racine dans les idées subversives ; cela n’est contesté que par ceux qui voient dans ces idées mêmes quelque chose de méritoire.

« Joseph II se laissa guider par des principes autocratiques ; il voulait réunir dans sa main tous les éléments de la puissance et, à cet effet, écarter tous les obstacles dont les constitutions particulières des pays et la différence des nationalités qui se trouvaient dans son Empire embarrassaient son chemin. Libéral dans ses paroles et non dans ses actes, il ne l'était assurément pas dans le sens du libéralisme moderne. Ami de l'ordre, il chercha le moyen de l’affermir dans un pouvoir affranchi de toute entrave génante. Dans tous les cas, Joseph Il était plus organisateur que législateur. »

(86) Page 215. — La suite de l’Autobiographie est renvoyée, en raison des matériaux que nous avons sous la main, à la seconde partie de cet ouvrage, qui embrasse la période comprise entre 1816 et le mois de mars 1848.

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