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lui-méme les recherches; on visita toutes les maisons des rues adjacentes. Ce n est qu'à cinq heures qu'en remuant les monceaux de cendres et les débris de la salle, on découvrit un cadavre entièrement consumé dans un petit bassin qui se trouvait sous l’estrade impériale au fond de la salle. Le docteur Gall fut le premier à le reconnaître pour celui de la princesse Pauline de Schwarzenberg, et le procès-verbal dressé par le préfet de police constate ce triste fait, Il ne s'explique que par la circonstance que la princesse, connaissant parfaitement les localités, sûre que l'enfant qu'elle conduisait par la main était restée en arrière, et ne pouvant pas pénétrer par la porte par laquelle sortait la foule, se sera rendue dans la salle par l'intérieur des appartements ; qu'elle aura voulu la traverser pour gagner la petite porte par laquelle était sorti le Vice-Roi, mais que, suffoquée par la fumée ou par une chaleur affreuse, peut-être méme écrasée par la chute du toit qui dans cette partie de la salle croula le premier, elle a péri à peu de pas de cette même porte, et un peu en arrière de l'endroit où la famille impériale avait été placée.
Je suis d'autant plus autorisé à admettre cette supposition, qu'après avoir mis en sûreté la Reine de Westphalie, voulant de nouveau pénétrer dans la salle et arrété par la foule qui sortait, je pris ce même chemin pour prendre la salle à revers, et m'assurer s'il n'y était resté personne. Je ne rencontrai pas une âme sur ma route; arrivé à la porte de la salle qui servait de eommunication avec les appartements, je fus arrêté un mroment par l’'embrasement général de tous les pans de murs et du plafond. Les lustres étaient tous tombés; la partie du toit à ma droite, là où on retrouva le corps de la princesse Pauline, avait croulé ; celle qui se trouvait au-dessus de moi tenant encore ferme, je fis quelques pas en avant, et je me convainquis que la salle était entièrement vide. Tout ce bâtiment croula moins de deux ou trois minutes après. La princesse doit m'avoir précédé de très-peu d'instants.
La seconde fille du prince Joseph de Schwarzenberg, la même qui avait été séparée de sa mère, a été sauvée par un officier français. Elle a de fortes brûlures, mais on espère la sauver.
Tel est le récit exact d'un événement qui sera défiguré de vingt manières, mais qui me force à payer un tribut du plus juste éloge à l'ambassadeur de Votre Majesté, qui s’est conduit avec un calme, un sang-froid et une dignité au-dessus de toute expression. Occupé de la personne des Souverains, il a oublié tout ce qu'il y avait d'affreux dans sa position, Tous les employés à l'ambassade, les Autrichiens à Paris, les courriers de cabinet, ont retiré des flammes, au péril de leur vie, tous ceux qu'ils ont pu secourir. Beaucoup de personnes de la Cour de France n'ont pas montré moins de calme et de courage : au moment du plus fort de l'incendie, les pompiers ayant fait défaut, ce n'est qu'à des hommes de la société que l'on doit la conservation de l'hôtel, qui commençait à s'embraser dans tous les sens.