‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 2)Chapitre 11 sur 91 · L EMPEREUR FERDINAND A KOENIGSWART · texte numérisé non relu

L EMPEREUR FERDINAND A KOENIGSWART

EXTRAITS DE LETTRES PAnTICULlÈRES DE METTERNICII A SA FEMME, DU 8 AU 19 SEPTEMBRE 1833.

1214. Préparatifs faiîs pour la réception de Leurs Majestés. — Plan de voyage. — Refus de donner un passe-port à Paëz. — 1215. Activité de Nobile. — Une lettre du duc de Nassau. — 1216. Arrivée de l'Empereur et de l'Impératrice à Marienbad. — 1217. Réception solennelle de l'Empereur. — Pose de la première pierre du monument de l'Empereur François. — 1218. Les créations de Metternicli à Kœnifjswart. — 1219. Choix de cadeaux pour l'Impératrice. — 1220. Lord William Rentinck. — 1221. Détails sur Plass.

Metternich à sa femme. — Kœnigswart, 8 septembre 1835.

1214. C est le dernier jour de mon séjour à la campagne que je vous écris. Demain, il sera fini, car demain je redeviens courtisan, et vous savez, ma bonne amie, combien ce métier me va !

J'ai dîné hier à Marienbad, où j'ai pris les dernières mesures pour la réception de Leurs Majestés. Il ne leur manquera rien. J'ai envoyé là-bas tout ce qui peut ajouter au confort.

L'arc de triomphe grandit à l'entrée de la cour du château. Nobile a la rage de placer dans les niches des petites iilles au lieu de statues ; des filles drapées s'entend ! Si Galioti était ici, je lui eusse ménagé une place sur le faîte, — celle, par exemple , d'un Hercule ou d'un Gladiateur, — et je crois qu'il n'aurait pas mal figuré.

J'irai demain matin à Marienbad pour recevoir l'Empereur. J y dînerai, et le soir je reviendrai ici faire les honneurs du château à Nesselrode , qui couche la nuit prochaine à Baireuth.

* On trouvera la suite des lettres dans le chapitre suivant.

ÇNote de r Éditeur.)

Le château se remplit à toute heure de personnages auxquels je ne m'attendais pas.

La fête de la A^ierge a attiré des milliers de paysans. Dès Taube, les processions se sont succédé. Je ne sais combien de gens ont communié. Il y a eu une grand'messe à neuf heures, puis sermon dans la cour, puis encore une messe. Ce qui me frappe , c'est la différence remarquable qui existe dans l'aspect des hommes comme des lieux : les paysans sont d'une bien meilleure tenue; la plus grande décence régnait dans l'église, dont toutes les portes étaient ouvertes : trois cents personnes tiennent à peu près dans la chapelle, et trois ou quatre cents autres étaient soit dans la cour, soit du côté du jardin. Tout ce monde s'est transporté ensuite à la croix, dont les alentours sont terminés. Nobile veut ajouter encore des marches, et il a raison. Le lieu est maintenant tout à fait beau, et dans un style tout particulier. Ce n'est ni une église ni une chapelle , mais un lieu saint, et tout porte ce dernier caractère. Vous ne pouvez vous faire une idée du changement qu'a éprouvé la localité; je ne me la serais point figurée telle qu'elle est. Je n'ai jamais vu un mélange plus bizarre de rochers, de monuments, d'arbres et de choses tout à fait disparates, lesquelles, réunies, forment un ensemble extraordinairement pittoresque et propre à élever l'àme. Ce qui me fait plaisir, c'est la reconnaissance que le peuple me porte de toutes ces choses. Les paysans se regardent et se conduisent comme s'ils étaient les conservateurs des lieux.

Le temps est toujours beau, mais les baromètres baissent. Qu'il pleuve après le 12 tant qu'il plaira au ciel, mais ce jour-là qu'il fasse beau ! Je suis convaincu qu'il y aura huit ou dix mille spectateurs à la place du monument sur l'Antonsberg, auquel je donnerai le nom de montagne de François.

Yoici mon plan de voyage, autant qu'il m'est possible de le fixer. Je recevrai l'Empereur le 12. Le 13, j'irai le rejoindre à Franzensbad; je l'accompagnerai à Carlsbad le 14. Je voudrais pouvoir aller à Plass le 15 ou le 16 au plus tard. J'y resterai le 17 et le 18 au soir, ce qui fera que le 19 je serai rendu à Teplilz.

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