‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 113 sur 121 · CONFÉRENCES DE PRAGUE · texte numérisé non relu

CONFÉRENCES DE PRAGUE

pérament devra être formulé ou non dans la dernière phase de la négociation me semble devoir être résolue par les circon^tances du moment; mais il me semble tout aussi certain qu'il ne devra jamais dépasser la limite de l'assurance éventuelle du retour de l'Illyrie à V Autriche lors de la conclusion de la paix maritime.

Que Votre Majesté s'unisse à la France pour imposer aux alliés une paix reposant sur des conditions mauvaises, c'est là une éventualité que je ne crois pas pouvoir faire entrer dans nos calculs. Mais quel parti prendrons-nous dans le cas où les alliés ne consentiraient pas à conclure la paix d'après les bases proposées par nous? A vrai dire, celte question ne pourra et ne devra être résolue qu'à la minute même où elle sera posée. Mais elle ne pourra être tranchée qu'en faveur des alliés, dans le cas où leurs chances paraîtraient, le 10 août, moins favorables qu'aujourd'hui ; ou bien elle pourra, au pis aller, amener l'Autriche tout au plus à «ne neutralité armée. Mais celte attitude nous abaisserait singulièrement aux yeux de tous, cela est facile à prévoir; il faudrait donc qu'en prenant ce parti nous fussions puirlés par des considéiations toutes particulières, que j'ose me réserver d'étudier et de développer le cas échéant.

Je borne à ces rapides aperçus le rapport que j'ai l'honneur de soumettre à Votre Majesté. Pnis-je compter sur la Jermele de Votre Majesté, dans le cas où Napoléon n'admettrait pas les bases proposées par nous? Votre Majesté est-Elle inva~ riahlcment r/'solue à 7'emettre aux armes de C Autriche et de toutes les autres puissances coalisées le soin défaire triompher la bonne cause? C'est la réponse à cette question qui formera le fond nii me des instructions que je dois recevoir; elle est, selon moi, l<' fondement de tout notre édifice politique futur. Il ne doit rester, à cet égard, aucun doute dans mon esprit; car si la volonté de Votre Majesté n'était pas arrêtée irrévocablement, toutes les démarches que je ferais à Prague porteraient le cachet d'une impardonnable ambiguïté. Au lieu de multiplier les chances de paix ou de pouvoir faire une guerre avantageuse, nous ne réussirions qu à nous exposer à encourir l'animadversion générale et à causer peut-être la perte de la

i(jH RECUEIL DE DOCUMENTS (1773-1815).

Monarchie. Quant à moi, maigre tout mou dévouement au bien de l'État, je ne serais plus que le triste instrument de la ruine de toute notre considération politique, de toute notre grandeur morale, ainsi que de la rupture de tous les liens intérieurs et extérieurs de l'administration publique.

L'Empereur François à Metternlcli, Brandeis, le 12 juillet 1813.

188. C'est à vous principalement que je dois la grande situation politique où se trouve actuellement ma iNIonarcbie; je compte aussi sur a'ous pour m'aider à la maintenir. La paix, une paix durable, est certainement ce qu'il y a tle plus désirable pour tout honnête homme, à plus forte raison pour moi; car je souffre plus vivement que tout autre des malheurs que la guerre déchaîne sur ces sujets si fidèles, sur ces pays si l)eaux auxquels je suis attaché de tout mon être. C'est à ce l)ut que doivent tendre nos efforts; c'est pour I atteindre que nous avons fait jusqu'à ce jour des efforts incessants ; il faut que nous persévérions dans cette voie. Ne nous laissons pas séduire par des avantages momentanés, par des agrandissements de territoire. Les conditions que j'ai indiquées comme étant à mes yeux la base d'une paix durable , bien que ce résultat soit très-problématique, il faut que nous les maintenions ; car, après tout, si elles sont observées, la paix deviendrait possible. Dans nos propositions, nous avons évité avec le j)lus grand soin tout ce qui pourrait porter atteinte à l'honneur de Napoléon; aussi n'aurait-il guère de motif sérieux de les rejeter. Il faut donc que, dans la négociation qui va s'ouvrir, vous insistiez pour obtenir ce que j'ai demandé à titre de minimum ; que vous laissiez aux autres puissances le soin de cbeicher à ol)lenir davantage, et que vous les y aidiez dans la mesure de vos forces, sans que cela puisse devenir une cause de rupture. Du reste, vous tâcherez de procéder avec mie parfaite courtoisie, afin de faire entrer les négociations dans la voie désirée, d'écarter tout sujet d'amertume, et de mener l'affaire à boinie fin. Si la France ne voulait s'engager à effectuer la leslitution de 1 lllyrie que lors delà paix gêné-

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