A PARIS
(Note 76, p. 264, t. I.)
189. Mettcrnich à l'Empereur François (Happort), Paris, le 11 avril 181-V (à deux heures du matin) *. Hésolution souveraine de Sa Majesté. — 190. Metternich à l'Empereur François (Rapport), Paris, le 11 avril 1814. — 191. L'Empereur l'rançois à Metternich (Lettre autographe de Sa Majesté), Troyes, le 12 avril 1814.
189 Voici ce que j'ai pu constater relativement à la
situation de l'Empereur des Français. Votre Majesté connaît
* La date même de ce document explirpirra au lecteur la rapidité avec laquelle il a été rédijjé. (Nvte de l'Éditeur.)
la récente proposition adre.ssée par l'Empereur de Russie à Napoléon*. La démarche du Czar fut provoquée par l'envoi de trois maréchaux qui proposèrent l'abdication de Napoléon sous certaines conditions. Sur la réponse que Votre Majesté connaît, comme je viens de le dire, Napoléon se déc'ara prêt à ahdiqner réellement. Il remit lui-même l'acte d'abdication aux maréchaux Ney et Macdonald et à M. de Cauhiincourt, en leur recommandant de lui rapporter un traité si^jné , qui fût conforme aux instructions positives qu'il leur avait données.
Depuis quatre jours, ces plénipotentiaires travaillaient avec le comte de Nesselrode à la rédaction de ce traité. Mais 1 Empereur de Russie a désiré que je prisse part aux délibérations avant la sijjnature de l'acte, attendu qu'un des articles contenait la sti[)ulation d un établissement indépendant pour l'Impératiice et pour le Roi de Home.
Ce soir, j'ai eu une séance de trois heures avec les trois plénipotentiaires français et le comte de Nesselrode, auquel s'était joint lord Castlereaj^h ; dans cette réunion, nous sommes arrivés à nous entendre relativ( ment au traité. J'ai ci u pouvoir assigner à l'Impératrice les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla comme étaiitTobjet le plus convenable ù lui attribuer, et toutes les parties sont tombées d'accord là-dessus. En conséquence, l'acte fut signé; demain il .sera expédié en bonne et due forme, et comme le Gouvernement provisoire est également d'accord avec nous sur l'en-emble, nous pourrons, d'ici à doux ou trois jours, piil)lier cette pièce si im|)ortante. Immédiatement aj)res, ri'^inpereur Nq)()léon sera conduit à l'île d'Elbe. Demain nous nous entendrons avec le prince de Scbwarzenbeig et les marécbaux français, qui attacbent également la plus grande importance à ce que Napoléon soit éloigné sur-le-champ, sur la route la plus convenable à lui faire suivre. Ce point dépendra des réponses et des nouvelles que nous recevrons de l'armée d'Augereau. Les
"^ La dé('lnralioii formelle que lNa|)()ir'on devait être exelii du droit de ré{;ner aussi l)ieii que .Marie-Louise, et (jue la France et l'Europe ne pouvaienl admettre sur le tnine que des Boiirjjons. (Note de l'Editeur.)