MISSION DK ROMANZOW A PARIS
(Note 27, p. 223, t. I.)
13.V. Motternich à Stadion (K. I).), Paris, le 1" février 1809. — 135. Metternieh à Stadion (E. D.), Paris, le 9 février 1809, — 13G. Metternicli à Stadion (E. D.), Paris, le 17 février 1809.
154. J'ai été trouver aujourd'hui M. de Romanzow. Il n'y a nul parti à tirer de lui. Il me demanda ce que je pensais de la guerre. Je lui répondis qu'il me paraissait que c'était plutôt à moi à lui adresser cette question. Il ne me cacha pas qu'il croyait que le parti de l'Empereur était pris, et qu'il en fondrait d'autant plus de prudence chez nous. — «Qu'appelez-vous prudence? lui dis-je. SiNapoléon prend une attitude offensive ou même inquiétante contre nous, il faudra hien que nous dérogions au pied de paix sur lequel se trouve encore notre armée. Voulez-vous que nous nous laissions surprendre disséminés dans nos quartiers?» — «Je travaille beaucoup àlecalmer, me dit Romanzow, j'ai une chienne de besogne; mais prenez bini
* Dans une dépèc^he antérieure, datée du 13 juillet 1808, le comte de Metternicli avait écrit au comte de Stadion : « Le bruit d'une disgrâ<;e de M. de
Talleyrand est depuis longtemps répandu dans le public M. de Talleyrand
est, depuis la campagne contrôla Prusse, en opposition avec le système envahisseur de l'Empereur. Il s'était expliqué fortement contre le bouleversement de l'Espagne. D'indiscrets amis ont colporté l'opinion de l'ancien ministre; de zélés ennemis paraissent avoir saisi ce prétexte pour le desservir, n
(Note (le F Éditeur.)
garde de vous compromettre; cela pourrait avoir des suites incalculables. »
« — Je suppose, repris-je, que les premières nouvelles de M. le prince de Schwarzenherg seront de nature à répondre à ridée que l'Empereur mon Maître était en droit de se former de son envoyé. On ne peut faire à TEmpereur Alexandre Tinjure de croire qu'il pourrait jamais se trouver sur une ligne hostile contre nous."
« — Gela dépend des positions, répondit M. de Romanzow; il peut exister des engagements antérieurs très- embarrassants. " — " Embairassants dans le cas d'une agression de la France? repris-je; la question de quel côté vient la guerre doit vous être bien plus démontrée à vous qu'à tout autre. »
" — Quand une fois le canon gronde, dit M. de Romanzow, il est très-difficile de décider de quel côté est l'agression.»
« — La guerre ne date pas du premier coup de canon, répliquai-je ; la guerre morale précède celle des armes. Je suppose qu'on nous inquiète au point de nous forcer à nous mettre en attitude de repousser la force par la force, et qu'on vous dise alors : Vous voyez que ce sont eux qui nous font la guerre; croiriez-vous à cette version?»
M. de Romanzow se noya dans des phrases qui tantôt portèrent sur sa conviction qu'il ne nous serait pas trop possible d'éviter la guerre, tantôt sur son espoir de parvenir à calmer Napoléon; sur la nécessité que nous soyons très-prudents, que nous soyons sur nos gardes, que nous n'armions pas, etc.
Tous mes soins vis-à-vis de ce ministre se borneront à lui prouver, le plus catégoriquement possible, que ce n'est pa^ nous qui nous mettrons en état d'hostilité.
Metternich à Stadion. Paris, le 9 février 1809.
155. Romanzow est de plus en plus convaincu que la guerre est inévitable ; il tire cette conclusion du silence sur notre compte que garde l'Empereur vis-à-vis de lui. Il continue à faire tout ce qu'il peut pour persuader l'I^mpereur; néanmoins, il me paraît (|u il faudrait ne rien négliger pour expliquer à