‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 67 sur 121 · PRÉLIMINAIRES DE LA NÉGOCIATION DALTEN BU RG · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES DE LA NÉGOCIATION DALTEN BU RG

Je n'ai pas besoin de répéter à Votre Majesté combien nous sommes peu faits pour ce système, et cela parce qu'il est en opposition avec tous les principes d'une saine politique, parce qu'il est dirigé contré tout grand corps d'États. Mes principes sont invariables ; mais l'homme ne saurait lutter contre la force des choses. Si, malgré les moyens les plus extraordinaires, nous ne sommes pas sortis victorieux de la guerre actuelle, toute entreprise ultérieure, tentée avec des forces moindres contre un adversaire devenu tout-puissant, serait un acte de pure folie.

Il faudra donc qu'à partir du jour de la conclusion de la paix notre système se borne exclusivement à louvoyer, à nous effacer, à composer avec le vainqueur. De cette manière seulement nous prolongerons peut-être notre e\i?Xexice jusqu'au jour de la délivrance commu?ie. Sans l'assistance de la Russie, il ne faudra plus jamais songer à secouer le joug qui pèse sur toute l'Europe. Cette Cour à l'esprit flottant se réveillera plus tôt quand elle ne trouvera plus à se faire un mérite exclusif de sa misérable conduite politique. Perpétuellement en contradiction avec elle-même et avec les principes qu'elle professait la veille, elle viendra peut-être nous offrir son appui quand elle nous verra suivre ses traces avec l'empressement (I un rival. Nous n'avons donc qu'un parti à prendre : il faut (|ue nous réservions nos forces pour des temps meilleurs, et que nous travaillions à notre salut par des moyens plus doux, sans MOUS préoccuper de la marche que nous avons suivie jusqu'ici. Une des premières conditions qui nous sera imposée sera de fermer nos ports à l'Angleterre. Il faudra donc que nous entrions dans le svstème du blocus continental, quelle qu'en soit l'inutilité.

La reconnaissance de 1 usurpation du Royaume d'Espagne sera la deuxième conséquence de la paix.

Mais nous pourrions être sollicités de prêter un concours actif à l'usurpateur. Jamais je n'opinerais pour une action aussi avilissante au point de vue moral et au point de vue politique.

Une question qui touche au cœur même des Etats est celle it. 30

fie rasservissement du Saint-Siège. vSi l'on peut la passer sous silence, tant mieux. Si elle venait à être agitée, le meilleur mode consisterait à admettre l'incorporation des Etats de rÉglise, mais en convenant que les derniers changements politiques seraient tous reconnus, et sans toucher spécialement aux questions spirituelles.

Par suite de l'armistice qui vient d'être conclu, il est impossible que nous échappions entièrement aux contributions. Je crois qu'il faut ramener les différentes opinions qui ont cours dans les administrations financières à cette idée unique : c'est qu'on doit adopter comme maximum la dernière contribution payée par nous. Toutefois il serait bon d'essayer de faire porter en déduction de la contribution de guerre la somme de près de vingt-quatre millions que la France nous doit aux termes de la paix de Presbourg.

Il n'y aurait qu'à faire constater que la créance de l'Autriche sur la France existe toujours. Il faudrait que la retraite de l'ennemi suivît immédiatement la conclusion de la paix.

Metternich à l'Empereur François. Komorn, le 11 août 1809.

147. La négociation qui aui'a pour résultat de fixer à la fois l'avenir le plus prochain et l'avenir définitif de la Monarchie , est sur le point de s'engager. Votre Majesté m'a honoré de la mission de conduire cette négociation.

Il est presque impossible que le ministre ne soit pas jugé exclusivement d'après le résultat de son œuvre. En lutte avec tous les partis , malheureusement en lutte avec des principes reconnus comme vrais, il entreprend une tâche qui lui est imposée tant par la nécessité que par des complications accidentelles. Tout ce qui , dans le cours ordinaire des choses, facilite l'œuvre du négociateur, ce qui même, dans les circonstances actuelles, pourrait tourner à l'avantage des négociations, je veux dire l'étendue considérable des ressources que nous avons encore , augmente aux yeux de la nation et de toute l'Furope la responsabilité de celui qui négocie.

La conviction , la satisfaction intime d'être resté fidèlement

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