‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 68 sur 121 · PRÉLIMINAIRES DE LA NÉGOCIATION DALTENBURG · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES DE LA NÉGOCIATION DALTENBURG

aux côtés de TEmpereur à Theure du danger, de l'avoir servi dans la mesure de mes forces , en faisant abnégation de moimême , en laissant de côté toute considération secondaire, en étouffant tout sentiment personnel , peut seule me guider dans l'œuvre que j'entreprends d'après l'ordre de Votre Majesté. Je partirai demain matin pour me rendre à l'endroit fixé pour les négociations (Altenburg).

Le 20 juillet , j'ai eu l'honneur de soumettre à Votre Majesté mon premier rapport sur les négociations qui vont s'ouvrir (n" U5).

J'adresse ci -joint à Votre Majesté un second rapport, où je me borne uniquement à envisager de près la paix future et à parler de notre situation politique telle qu'elle devi'a être déterminée par la paix elle-même (n" liG).

Il ne me reste plus qu'à prier Votre Majesté de me faire parvenir des instructions précises relativement aux travaux du moment actuel.

Résolution souveraine de l'Empereur François. Komorn, le 14 août 1809.

148. Les principes qui devront servir de base aux négociations sont les suivants : Avec les foices que la Monarchie possède encore , elle n'est pas dans le cas d'être réduite à capituler. Une saurait donc être question que d'une paix acceptable, d'une paix telle qu'elle ne mine pas l'existence de la Monarchie et qu'elle ne la conduise pas sûrement à la ruine.

S'appuyant sur ces principes, les négociateurs tacheront (vu que les armées ne peuvent être employées immédiatement) de gagner du temps jusqu'à la fin du mois d'août , et de profiter de ce répit pour tirer au clair les intentions de Napoléon, pour savoir s'il veut une paix acceptable pour nous , ou s'il entend élever des prétentions qui amèneraient la ruine de la Monarchie ou des guerres nouvelles , auquel cas ce serait un devoir pour nous de conjurer le danger les armes à la main.

Dans l'intervalle, il faudra sonder la Russie et se mettre en état de recommencer la lutte.

Bien que, faisant abstraction d'incidents extraordinaires, je

regarde toute paix conclue avec Napoléon comme funeste, à cause des suites qui peuvent en résulter pour la Monarchie, il peut se présenter des cas où la paix deviendrait absolument nécessaire. Elle pourrait, par exemple, nous être imposée par nos rapports avec la Russie, mais plutôt encore par l'opinion d une grande partie de mes sujets.

Je considère comme inacceptables les conditions suivantes : La réduction de l'armée avant 1 évacuation de tous mes Etats par l'ennemi.

La suppression du système de la landwehr et de la réserve , ou d'une institution analogue sous un autre nom. Le payement de contributions exorbitantes. Le payement des dettes extérieures par un moyen de ce genre La cession des côtes , comme étant la ruine de ma Monarchie au point de vue commercial.

On peut considérer comme objets de négociation : l'échange de la Galicie occidentale contre le Tyrol, ou contre Flstrie et la Dalmatie.

Compensation pour ce que j'ai à réclamer à la France. Toute cession ou échange devra être subordonné à mon consentement.

Il faudra demander la suspension provisoire des contributions, et régler au mieux le sort du Tyrol et du Yorarlberg; c'est là une question dans laquelle mon honneur est engagé.

Il faudra aussi veiller, aussi bien que possible, aux intérêts de mes alliés, tels que le Roi de Sicile et de Sardaigne, et de ceux de mes serviteurs qui ont souffert à cause de leur fidélité envers moi.

François, m. ;;.

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