‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 76 sur 121 · DOCUMENTS APPARTENANT A LÉPOQUE DE LA MISSION SPÉCIALE A PARIS (I8IO · texte numérisé non relu

DOCUMENTS APPARTENANT A LÉPOQUE DE LA MISSION SPÉCIALE A PARIS (I8IO

ARRIVEE DE METTEENICH A PARIS, ET SON ENTRETIEN AVEC NAPOLÉON A COMPIÈGNE.

(Note 48, p. 235, t. I.)

156. Metternich à l'Empereur François (Rapport), Paris, le 4 avril ISIO. — 157. Metternich à l'Empereur François (Rapport), Paris, le 4 avril 1810.

156. ... Je rencontrai, en me rendant à Paris, le prince de Schwarzenberg et Madame de Metternich sur la route de Chàlons, se portant, d'après Finvitation de T Empereur, au-devant de Sa Majesté l'Impératrice. Je n'arrêtai pas ma course, et, arrivé dans la capitale, j'écrivis au ministre des relations extérieures, qui se trouvait depuis la veille à Gompiègne, pour lui demander le lieu et le moment où je pourrais remettre à Sa Majesté Impériale les lettres dont j'étais porteur. Il m'invita à me rendre le lendemain à Gompiègne. Je fus prévenu en même temps, par une lettre du grand maréchal du palais, que Sa Majesté l'Empereur m'avait assigné un hôtel à Paris, où je serais logé et défravé aux frais de la Gour.

L'ambassadeur de Votre Majesté se chargeant de consigner dans ses rapports tout ce qui est relatif au séjour que nous fîmes à Gompiègne, je me borne à rendre le témoignage à cette Gour-ci qu'il serait difficile de mettre plus de recherche dans sa conduite vis-à-vis de nous qu elle ne le fit.

L'Empereur me reçut le jour même de mon arrivée, avant son dîner. Je lui remis les lettres de Votre Majesté Impériale.

Il m'accueillit avec des marques visibles de satisfaction. Il ne cessa de m exprimer celle qu'il éprouvait de la conclusion de Taffaire qui l'occupe exclusivement dans ce moment; il entra dans tous les détails sur la marche de cette même affaire, et en revint toujours à son thème, que nous n'avions oublié aucune nuance pour lui rendre l'événement heureux du moment aussi doux et agréable que possible. Il me parla de l'oubli entier du passé, de l'époque heureuse et calme à laquelle nous venions d'arriver, de l'impossibilité que dorénavant rien ne put troubler les l'apports naturels qui viennent de s'établir entre nous, etc., etc. Je lui exprimai le désir d'être autorisé par lui à m'expliquer pendant mon séjour à Paris sur plusieurs objets d une importance majeure pour nous, et d'une utilité commune pour les deux Empires. Il accueillit ma demande avec prévenance, et me dit qu'il donnerait sur-lechamp au duc de Gadore des ordres relatifs à ma proposition. Le détail ecclésiastique sur l'affaire du divorce nous mena dans notre conversation, qui avait duré à peu près une demiheure, à parler de la brouille avec le Saint-Siège. L'Empereur entra dans beaucoup de détails; le résultat de ce premieientretien fut l'assurance qu'il regarderait comme très-heureuse notre intervention entre le Saint-Père et lui. A mesure que je vis qu il regardait nos bons offices comme utiles pour lui, je diminuai les apparences de mon empressement à nous immiscer dans une discussion aussi délicate, et je plaçai la question de manière à ne pas lui laisser de doute qu'en nous chargeant de porter des paroles de paix entre lui et le Sainl- Siége, nous nous établissions des droits réels à sa reconnaissance.

Le dîner ayant été annoncé, nous coupâmes notre entretien, qui, outre la conviction que les premiers moments que l'Empereur avait passés avec l'auguste fdle de Votre Majesté Impériale lui paraissaient un gage assuré de son bonheur intérieur, me donna la C(>rtitude que mon voyage ici ne serait pas sans utilité pour les intérêts de la Monarchie.

Invité au diner le lendemain, T Empereur engagea au sortir de table une conversation avec moi qui dura plus de trois

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