LES FAVX BILLETS DE LA BANQUE DE VIENNE
(Note 52, p. 235, t. I.)
165. Metternicli à rEniperinu- François (Rapport), Paris, le 3 juillet 1810. — 166. Metternich à Ghampagny (Note), Paris, le 19 juin 1810. — 167. Champagny à Metternich (Note), Paris, le 28 juin 1810.
165. Le conseiller Raab, envoyé ici par le département des finances pour surveiller la destruction des l)illets de la
* Voici la teneur du Bref de Pie VII, traduit en français : Glier fils, noble seigneur. Nous vous envoyons Notre salut et Notre bénédiction apostolique. M. le cbevalier de Lebzeltern Nous a communiqué votre précieuse lettre, dans laquelle vous Nous parlez de la profonde sympathie que Noire douloureuse situation inspire à votre auguste Maître, du désir qu'il a de pouvoir contribuer à l'amélioration de Notre sort, et des prières qu'il ne cesse d'adresser au Ciel pour le bien de la Religion catholique si indignement traitée aujourd'hui. Bien que Nous n'ayons jamais douté de ces sentiments religieux de Sa Majesté
356 RECUEIL DE DOCUMENTS(lT73-1815).
Banque de Vienne fabriqués à Paris Tannée dernière, s'est lendu chez moi aussitôt après son arrivée. Je Tai prévenu que, venant de réclamer de l'ancien ministre de la police générale des renseignements sur le sort de ces billets, poinçons, formes, etc., j'avais tout lieu de croire que la destruction de ces objets avait été ordonnée par l'Empereur, malgré mes demandes réitérées qu'ils nous fussent livrés ; je n'en saisis pas moins l'occasion nouvelle que m'offrait l'arrivée d'un employé de nos finances pour tirer les faits au clair, et j'adressai le
l'Empereur, sentiments qui répondent non-seulement à sa piété, mais encore aux devoirs d'un prince que sa naissance appelle à être le protecteur de l'Eglise, Nous n'en de\fons pas moins reconnaître que sa sollicitude a été pour ]Nous une grande consolation au milieu des épreuves qui déchirent Notre cœur et des amertumes dont Nous sommes abreuvé sans relâche. Dieu sait combien Nous souhaiterions de voir de bons rapports se rétablir entre Nous et Sa Majesté l'Empereur Napoléon, à qui Nous avons, en tant de circonstances, donné les témoignages les moins équivoques de Notre affection toute particulière, affection que Nous lui gardons tout entière malgré les maux qui Nous accablent. Mais en voyant qu'on veut faire dépendre ces rap[>orts de conditions qui portent atteinte à la dignité de l'Église et du Vicaire de Jésus- Christ sur la terre, et qui sont la négation des droits les plus sacrés, tant spirituels que temporels, qui a[)partiennent au Siège Apostolique, Nous avons fini par renoncer même à l'espérance d'atteindre ce but si désiré; car Nous avons pris la résolution immuable de ne devenir en aucune façon infidèle aux devoirs de Notre mission, dont Nous avons à rendre compte devant le tribunal du Juge suprême. Si toutefois le Ciel , d'où émane tout bien , avait décidé de bénir les pieux efforts de Sa Majesté Impériale, et si, grâce à l'appui d'En haut, Elle réussissait à amener l'Empereur Napoléon à reconnaître la justice de Notre cause et à le faire revenir au sentiment des devoirs d'un prince catholique à l'égard de IT^glise, Notre reconnaissance serait bien vive et Notre satisfaction bien grande, Nous n'avons pas besoin de le dire. Quant à vous. Dieu récompensera richement tout ce (jue vous aurez fait pour la Religion dans une circonstance aussi grave. Nous nous sommes exprimé à ce sujet en termes pareils vis-à-vis du chevalier de Lebzcltern, et Nous lui avons témoigné la pleine confiance que Nous inspiraient ses qualités personnelles et qui répond à la considération méritée (jue Nous avons toujours eue pour lui.
En même temps. Nous avons reçu de M. le chevalier de Lebzeltern la note relative aux pleins pouvoirs qu'on Nous demande pour les évêques de l'Empire d'Autriche. Par suite, Nous remettons au susdit chevalier une lettre pour Notre nonce, que Nous chargeons de remercier tout d'abord Sa Majesté pour toutes les assurances que le chevalier de Leb/.ellern Nous a données au nom de l'Empereur, et ensuite de s'entendre avec l'archevêque de Vienne, qui Nous a adressé en son nom personnel et au nom des autres évêques la