LES FAUX BILLETS DE LA BANQUE DE VIENNE
jour même la Note ci-jointe en copie (n" 166) au duc de Cadore.
L'Empereur me retint le lendemain dans son cabinet après son lever. Il me dit que le ministre des relations extérieures lui avait soumis ma Note; qu'il s'empressait d'y répondre directement par l'assurance que tous les objets que je réclamais n'existaient plus, et qu'il en avait ordonné la destruction la plus immédiate, dès qu'il avait été informé de l'abus qui avait été fait de quelques-uns des billets. Je témoignai à Sa
requête dont il s'agit, afin qu'il soit donné satisfaction aux besoins des fidèles. A cette fin, INous renouvelons les pleins pouvoirs déjà périmés ou sur lo point de l'être, de telle sorte que, dans un nombre déterminé de cas où il n'est pas facile aux parties de s'adresser à Nous, les évêques puissent accorder les dispenses du deuxième degré de parenté ainsi que du premier et du deuxième degré d'alliance.
Quoi qu'il en soit. Nous avons la ferme conviction que Sa Majesté ne cessera pas de maintenir pour ses sujets le droit de c(jmmuniquer librement et sans obstacle avec le Chef de l'Eglise, l'rivé de tous les moyeus absolument nécessaires pour l'accomplissement de Notre mission, réduit à Nous-même, n'ayant personne avec qui Nous puissions Nous consulter dans les affaires les plus importantes. Nous Nous empresserons néanmoins de faire droit à toutes les requêtes qui Nous seront adressées, et Nous continuerons à remplir cette tâche aussi longtemps que Dieu Nous accordera la santé et qu'il Nous sera possible de le faire.
Toutefois, tant que Nous Nous trouverons dans ce douloureux état d'isolement. Sa Majesté Nous rendra la justice de reconnaître l'impossibilité matérielle qui Nous empêche de pourvoir aux vacances qui se sont produites parmi les évêchés d'Allemagne, et l'Empereur peut être sûr que Nous Nous occuperons immédiatement de cette question, dès que Nous serons entouré de Nos ministres, du Conseil des cardinaux, et que Nous aurons à noire disposition les autres moyens qui sont absolument nécessaires pour expédier comme il convient des affaires d'une aussi haute importance. En attendant, il faut qu'il soit pourvu à l'administration des diocèses vacants par des vicaires capitulnires, ainsi que le prescrivent les saints canons, et comme cela s'est fait sous Pie VI, de glorieuse mémoire, et dans d'autres circonstances semblables, et cela pour une durée bien plus longue.
Il Nous reste à voiis assurer de Notre haute et sincère considération pour votre honorée personne, et de la satisfaction personnelle que Nous a causée la façon délicate dont vous Nous avez fait part des sentiments de Sa Majesté. Nous terminerons en exprimant un dernier vœu, celui de trouver une occasion de vous offrir un témoignage éclatant des sentiments qui Nous animent à votre égard ; sur quoi Nous vous donnons de tout Notre cœur Notre bénédiction apostoli<pte. Fait à Savone, le 21 mai 1810, en la dixième année de Notre pontificat. Pie VII. (^Note de V Editeur.)
Majesté mes regrets qu'ElIe n'eût point préféré donner suite à sa première idée de nous délivrer les corpora delicli, ce qui, malgré la confiance que nous pouvions avoir d^ns sa promesse, eût sans contredit rassuré bien plus les finances de Votre Majesté Impériale dans une question qui exige une certitude toute mathématique. L'Empereur me dit : ((Rassurez l'Empereur votre Maître, transmettez-lui ma parole qu'il n'existe plus rien de toute la fabrication , et que jamais il nen entendra plus parler ; que l'on soit sans nulle inquiétude chez vous. »
Votre Majesté daignera observer que, toute insistance étant vaine sur un objet hors de notre portée, il ne me restait qu'à saisir l'Empereur par son engagement personnel, et je lui fis répéter ses paroles. Voyant mon insistance, il se mit à rire et me dit : « // me parait que vous n'avez pas trop de confiance en moi? Eh bien, donnez ma parole de Souveraiîi à Souverain qu'il n'existe plus rien. »
Je reçus peu de jours après la Note ci-jointe (n" 167) du ministre des relations extérieures, qui a trait au même sujet.
Il ne me reste rien à objecter, et je renvoie par conséquent à Vienne le sieur Frappart, qui se trouve ici depuis plusieurs semaines, chargé des premières recherches qui eurent lieu lors de l'apparition des faux billets chez nous.
Le conseiller Raab étant chargé de se procurer au département des monnaies plusieurs modèles, quittera Paris dès qu'il Taura fait.
Metternich à Champajjny. Paris, le 19 juin 1810. (Annexe du n" i65.)
166. Peu après mon arrivée à Paris, l'Empereur m'a fait l'honneur de me parler d'une grande fabrication de billets de la Banque de Vienne. Sa Majesté déclara que cette mesure n'avait pu avoir de but qu'à une époque très-différente de la présente; et Elle daigna me faire espérer que la masse des billets fabriqués me serait remise.
Depuis, j'ai été dans le cas d'entretenir Votre Excellence de l'émission d'une somme équivalant à près de deux cents mil-