SUR LA SITUATION DU JOUR (1S4R
bases républicaines, ainsi que les républiques reposant sur des in>titulions monarcbiques, sont des monstruosités. 8i cette vérité peut s'appliquer à tous les Etats, elle s'applique encore bien plus à notre Empire, qui ne peut trouver sa raison d être que dans la couronne impériale, c'est-à-dire dans une idée qui n'est qu'une cbimère sans l'indépendance du cbef de l'Etat. L'Autricbe ne comporte pas l'idée de la souveraineté du peuple, car il ne saurait être question d'une souveraineté du peuple dans l'Empire qui porte ce nom, ne fût-ce que parce qu'avec les éléments différents qui forment l'Empire, si certames parties voulaient se soumettre à cette souveraineté, elles ne pourraient reconnaître une autre souveraineté analofjue superposée à la leur. La force la plus indestructible, qui réduira toujours toutes les théories au silence, est celle de la logique.
Ces vérités étant admises, — et, d'après leur nature, on ne peut pas les rejeter, — il est clair que les difficultés avec lesquelles notre Empire est aux prises aujourd'hui consistent surtout dans les concessions arrachées à l'Empereur d< puis les journées de mars, et qui sont toutes dans le sens de la souv. raineté du peuple.
Les derniers événements qui se sont passés en France prouvent clairement que, dans le pays qui sert de modèle au continent, l'idée de la souveraineté du peuple a été dépassée par une autre encore plus fertile en conséquences. On ne peut rien imaf^iner au-dessus des dangers qu'entraînent les doctrines du socialisme et du communisme, car le dernier danger qui puisse menacer la société humaine, c'est bien celui de son entière dissolution. Que Votre Altesse Lnpériale ne croie pas que les victoires chèrement achetées qu'on a remportées à Paris aient écrasé la tête de l'hydre. Le mal subsiste, et il a jeté de profondes racines dans l'Allemagne elle-même.
Je ne parle pas des affaires allemandes, Monseigneur; dans ma situation actuelle, elles dépassent les limites de ma compréhension. Le rôle que prendra Votre Altesse m'offrira un point de repère.