LA MISSION DE TATISTSCHEFF A VIENNE (182-2). STS
« 4' A munir les plénipotentiaires turcs des pouvoirs nécessaires pour régler avec les plénipotentiaires russes non-seulement tout ce qui concerne l'exécution des traités dans les Principautés et leur administration provisoire, mais encore pour concerter avec eux les mesures auxquelles la Porte associerait la Russie, en vue d'assurer une existence heureuse et paisible aux provinces chrétiennes de l'Empire ottoman, que les traités ont placées sous la protection de Sa Majesté Impériale, et que des événements déplorables entraînent dans l'abîme des révolutions. »
ïatistsclic'ff à MoUernicli (]Note verbale), Vienne, le 14 mars 1822.
617. Le soulèvement qui vient d'avoir lieu dans l'Empire ottoman a mis deux peuples en présence. Ces peuples sont destinés à vivre sous un même sceptre; il est de leur intérêt, comme de celui du Souverain, que des scènes telles que celles qui viennent de se passer ne se renouvellent pas. Il n'est pas moins de l'intérêt de l'Europe entière que la paix intérieure dans le Levant ne risque pas d'être troublée à tout propos, et cet intérêt de l'Europe est fortement aujjmenté par la disposition générale des esprits dans cette partie du monde.
Les mesures communes dans une négociation qui s'établirait entre les puissances alliées et la Porte Ottomane auront pour objet :
1" De faire cesser la guerre dans les provinces qui se trouvent en état d'insurrection ;
2" D'en assurer la possession traïKj aille à la Porte Ottomane;
3" D'amener un arrangement au moyen duquel tous les hahitanls paisibles des pays insurgés, et tous ceux qui poseraient les armes, jouiraient du libre exercice de leur religion, posséderaient sans inquiétude leurs propriétés, et verraient leurs biens, leurs personnes et leur existence commune placés sous une garantie constante et réelle.
Que la Porte conserve la suzeraineté sur la nation grecque établie en Morée et autres pays qui se sont soulevés et deman-
dent leur affranchissement absolu ; que ces pays soient compris dans la circonscription de l'Empire ottoman; que le domaine utile reste au profit du Grand Seigneur, et que le repos de l'Europe ne soit plus troublé à l'avenir par une guerre intestine d'un des co-États, complication qui renaîtrait sans cesse si Ton ne parvenait à établir entre les parties contendanles des rapports nouveaux.