‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunisChapitre 31 sur 118 · RÉSULTATS DES NÉGOCIATIONS AVEC ROME · texte numérisé non relu

RÉSULTATS DES NÉGOCIATIONS AVEC ROME

la Lombardie, dans la Vénétie, dans le Tyrol et dans le Vorarlbergf.

Votre Majesté connaît les raisons pour lesquelles je n'ai pas cru devoir user de l'autorisation qu'Elle m'avait accordée de faire un voyage à Rome; par suite, et sous l'empire des circonstances les plus défavorables , telles que la maladie du Pape et la condescendance extraordinaire et tout à fait inattendue que la France a témoignée à la même époque au Saint-Siège en concluant avec lui un concordat, je me suis vu réduit à entretenir une correspondance confidentielle avec le cardinal Consalvi*. Quoi qu'il en soit, j'ai la satisfaction de pouvoir annoncer à Votre Majesté qu'à l'exception du seul point h, qui est relatif au voyage des nouveaux évéques italiens à Rome , tous les autres ont été réglés d'une manière qui répond à Ses vues, et que, pour ce qui concerne ce dernier point, les choses sont en voie d'arrangement, et qu'à part la quœstio jiiris, dont la solution a été remise à des temps meilleurs , il y a tout lieu d'espérer que le but final sera atteint en grande partie de facto.

Les explications suivantes fourniront plus de détails sur ce sujet ; je dirai notamment :

Ad a. Que Sa Sainteté non-seulement a consenti à la renonciation dont il s'agissait, mais encore qu'EUe a fait expédier une bulle en vertu de laquelle Votre Majesté et Ses successeurs auront à perpétuité le droit souverain de nommer le patriarche de Venise ainsi que tous les archevêques et évéques dans toute l'étendue des ci-devant républiques de Venise et de Raguse, en tant qu'elles sont incorporées à la Monarchie autrichienne.

Ad h. Que si les tentatives réitérées qui ont été faites pour amener la Cour pontificale à déclarer que les évéques du

* A la date du 19 juillet 1817, Metternich mandait à l'Empereur François ce qui suit : « La santé du Saint-Père continue d'être très-chancelante. Du reste, la situation à Rome est telle que nous obtiendrons sans secousse tout ce que nous pouvons raisonnablement espérer, et cela sans recourir à une néfiociation proprement dite. On est consterné de ne pas me voir venir à Rome, et je tire de cette attitude le parti qui me semble le plus utile, »

[Note de l'Édileiir.)

loyaume Lombard-Vénitien nouvellement nommés seront dispensés de Tobligation imposée à tous les autres évéques italiens de se rendre de leur personne à Rome pour y demander leur confirmation, sont demeurées sans résultat, il n'en est pas moins vrai qu'on a donné à entendre par des voies confidentielles que Sa Sainteté se montrera probablement disposée à accorder une dispense dans des cas exceptionnels, notamment si l'age , la maladie ou l'insuffisance des moyens pécuniaires empêchaient l'évéque nouvellement nommé d'entreprendre le A'oyage de Home.

Ad c. Que les évéques de Brunii et de Munkatsch nommés par Votre Majesté ont, à la suite des négociations engagées sur ce point , déjà obtenu la confirmation pontificale ainsi que les bulles y relatives, et que, par conséquent, ils ont pris possession de leurs sièges épiscopaux.

Ad d. Que la Cour pontificale n'a pas élevé d'autre objection contre les demandes que nous avions formulées relativement au serment des évéques et au cérémonial à observer lors de leur installation, et qu'elle a reconnu sans opposition l'usage suivi jusqu'à ce jour, par ce fait qu'elle a donné ultérieurement la confirmation apostolique aux évéques de Briinn et de Munkaisch susnommés, sans persister à vouloir obtenir une modification dans le serment habituel qu'ils ont dû prêter lors de leur installation, non plus que dans le cérémonial usité.

Ad e. Que, pour nous garantir contre les désavantages qu'aurait entraînés pour nous l'abandon de la juridiction ecclésiastique exercée jusqu'à ce jour p^ar les évêchés de Milan et de Pavie sur le territoire de Novare, nous avons ol)tenu une déclaration officielle de la Cour de Turin, suivant laquelle cet abandon ne saurait avoir aucune influence sur le domaine temporel, et nos corporations, nos séminaires et nos établissements de charité qui jusqu'à présent ont possédé sur le territoire piémontais des biens meubles ou immeubles, ou bien en ont tiré d'autres revenus, seront scruj)uleusement respectés dans la possession et dans la jouissance de ces avantages.

Ad J . Que Sa Sainteté s'est déclarée prête à sanctionner la

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nouvelle division diocésaine ordonnée par Votre Majesté et à faire expédier les bulles nécessaires, dés que les documents indispensables à cet elfet seront tous parvenus à Rome, documents pour le prompt envoi desquels j'insiste aujourd'hui auprès de la commission d'organisation aulique *.

* Indépeiulammcnt des mesures relatives au règlement de.s affaires intérieures de l'Eninire, dont le livre IV contient l'exposé, Metternich a largement contribué à la création d'antres institutions organiques importantes pour i'Elat, sans qu'il soit possible toutefois de déterminer sa part d'action d'après des documents authentiques. C'est ainsi que le Tyrol s'est vu rendre son ancienne constitution; que la Dalmatie a été divisée en cinq cercles; que le royaume d'illyrie a été formé de la Carinlhie, de la Garniole et de certaines parties du Littoral ; que toutes les provinces allemandes de l'Autriche sont entrées dans la Confédération germanique, etc. Tous ces changements, réalisés avec la coopération do Metternich, remontent aux premières années de l'ère de paix, à 1816 et à 1817.

Il s'entend de soi-même qu'un homme d'Etat du caractère du prince de Metternich, jouissant de la pleine confiance de son Souverain et possédant les riches trésors d'une expérience acquise en des temps difficiles, se soit appliqué au développement intérieur de l'Euipire, ne fût-ce qu'à cause de l'étroite connexion de la situation intérieure avec les relations extérieures, dont le département lui avait été confié. Toutefois il sufHt, d'autre part, de songer à la nature d'un organisme politique bien réglé pour com|)rendre qu'on ne peut trouver que dans des cas exceptionnels et d'une importance particulière des documents authentiques sortis de la |ilume du chef d'un ressort, quand il s'agit de questions étrangères à sa s|)lière d'activité. Car les rapports personnels du Souverain avec 1 homme qu'il honoi'e de toute sa confiance; ce que ce dernier fait, ce qu'il dit autour du tapis vert de la salle des conférences où les idées sont échangées directement, de vive voix, tout cela ne laisse, en thèse générale, point de traces, au moins pas de ces traces rpie des recherches ultérieures puissent découvrir. A cela vient s'ajouter encore une autre considération : c'est que, pendant la période du règne de l'Empereur François, personne ne tenait plus strictement que l'Empereur François lui-même à l'observation rigoureuse des limites légales de la compétence des différentes autorités, tandis que, pendant la période du règne de l'Empereur Ferdinand, la puissance du chancelier d'Etat, que ses contemporains se sont sinf;nlièrement exagérée, a souvent on revanche échoué, dans les questions d'administration intérieure, contre bien des influences contraires. Qu'on nous pardonne en faveur de l'absence de renseignements autoi)iographiques sur cette périoile et sur les suivantes, si le titre du livre qui se termine ici nous a entraîné à présentei- au lecteur (pielquos courtes réflexions explicatives, et à empiéter en partie i>ur les droits de l'histoire en parlant de ce que Metternich a fait dans le domaine de la politi(pie intérieure. ÇISute de iKditeur.)

LIYRE Y.

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