‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunisChapitre 53 sur 118 · LES RÉSLLTATS DU CONGRÈS D'AIX-LA-CHAPELLE (1S · texte numérisé non relu

LES RÉSLLTATS DU CONGRÈS D'AIX-LA-CHAPELLE (1S

qu'une question à décider ", il s'en est honorablement acquitté. La modération, la bienveillance, la délicatesse avec lesquelles on a traité dans ces conférences tout ce qui se rapportait à Tévacuation du territoire français et à une quantité de dispositions accessoires , pourront servir de modèle à des néj^ociations futures , et si la France elle-même n'a pas assez rendu justice à ces procédés, ils n'en resteront pas moins consignés dans l'histoire.

Des considérations du plus grand poids défendaient aux Souverains et aux ministres réunis d'aborder, sans nécessité urgente , d'autres sujets de discussion , de les aborder surtout dans des formes régulières et officielles. ^lais tous ceux qui ont dû faire l'objet de leurs délibérations confidentielles ont été traités dans un esprit de paix, de justice et de sagesse, et pas une résolution n'a été prise, pas un protocole n'a été signé, qui n'ait tendu à consolider l'ordre public, ou à chercher des remèdes à des complications qui pouvaient le compromettre.

Cependant , pour juger le Congrès d'Aix-la-Chapelle , ce n'est pas à ses résultats positifs et matériels qu'il faut s'arrêter ; il faut l'envisager dans l'ensemble de ses effets, dans l'ensemble des relations politiques et fédératives qu'il a établies ou essentiellement affermies, et dans l'influence que l'esprit qui l'a dirigé peut exercer sur les destinées prochaines et futures de l'Europe. Sous ce point de vue élevé , le Congrès d'Aix-la-

lontairement. En tout cas, je crois que Votre Altesse ne trouvera pas ces réflexions tout à fait indignes de son ap}Drobation, et, si je ne suis pas déçu dans cette espérance, je me trouverai suffisamment récompensé. » Le contenu du Mémoire qui précède ces réflexions finales a été puLlié dans les « Dépêches inédites » de Prokesch (1876, I, p. .396). (Note de l'Editeur.')

* Un article du traité de Paris du 20 novembre 1815 contenait cette clause, qu'au Ijout de trois ans les puissances alliées, d'accord avec le Roi de France, auraient à examiner si la situation de ce pays l>ermettait de retirer les troupes étrangères, ou si l'occupation devait durer jusqu'à l'expiration de la cinquième année. C'est pour décider cette question que se réunit le Congrès d'Ai.K-la- Chapelle.

A ce Congrès assistaient, outre les trois Souverains alliés, les diplomates autrichiens : Metternich, Vincent et Gent/. ; les diplomates russes : Capo d'Istria, Nesseirode et Lieven ; les diplomates j)russiens : Ilardenherg, Humboldt, Bernstorff; les diplomates anglais : Wellington, Castlereagh, Canning; les diplomates français : Richelieu, Rayneval et Mounier. (Note de l'Éditeur.)

172 RECUEIL DE DOCUMENTS (l8l8-1822).

Chapelle a été un événement de haute importance, dont l'ohservateur superficiel ne saisira peut-être que quelques traits détachés, et que Thomme d'Etat, pénétrant jusqu'au fond des choses, est seul en état d'appi^écier.

Ne pouvant embrasser ici tout ce qui tient à un aussi vaste sujet, je me bornerai à quelques observations sur la tendance politique et morale des conférences d'Aix-la-Chapelle , sous les trois rapports qui me semblent mériter une attention particulière.

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