CONCORDAT AVEC LA COUR PONTIFICALE
matière ecclésiastique, il ne me reste plus, après les démarches qui ont été déjà faites, qu'à fixer la marche à suivre dans une des affaires les plus importantes dont le règlement soit réservé à la Diète future.
Ainsi que dans toute grande négociation, le point de vue auquel on se place est, dans celle qui nous occupe, d'une importance majeure. A mon avis, il faut amener l'Allemagjie à accepter une constitution ecclésiastique et ii admettre des principes qui soient les nôtres , sans que nous ayons l'air de vouloir imposer nos principes à l'Allemagne.
En faisant ce qu'il faut pour arriver au premier résultat que j'indique, nous donnerons certainement aux Souverains allemands un exemple de nature à leur ôter toute inquiétude, nos principes deviendront d'autant plus populaires qu'ils paraîtront avoir surgi spontanément en Allemagne ; quant à notre attitude vis-à-vis du Salnt-Siége, elle restera correcte et énergique ; que dis-je ! nous rendrons même service à la Cour de Rome dès que, par notre seul exemple, nous élèverons une digue contre des prétentions exagérées qui pourraient se produire, comme il arrive toujours dans les affaires humaines. Guidé par ces considérations réunies, je regarderais comme bien préférable de pouvoir s'assurer des vues de quelque ecclésiastique de marque en Allemagne, auquel on pourrait laisser en toute sécurité l'initiative de l'organisation à faire, au lieu de la prendre nous-mêmes. Il me semble incontestable que la personne la plus apte à jouer ce rôle serait le baron de Wessenberg, qui, dans l'intervalle, a été nommé coadjuteur de Constance et qui a été confirmé dans ces fonctions par le Pape ; il jouit d'ailleurs de la confiance générale en Allemagne , et possède aussi , comme je le suppose , celle du conseiller d'Etat et de conférence Lorenz.
Dans le cas où Votre Majesté daignerait partager cette manière de voir, je demanderais que cet ecclésiastique fût mis immédiatement au courant de nos vues , et l'on ne saurait , je pense, mieux l'en instruire qu'en envoyant le vice-directeur des études théologiques , Augustin Braig , se mettre en rap-
port avec lui. Une pareille démarche aurait, de plus, l'avantage de nous procurer la certitude que le baron de Wessenberg, qui est, à tous les égards, entièrement dévoué au système politique de la Cour impériale, partage aussi nos principes dans l'application étendue que nous voulons en faire. Par suite de cette démarche, notre légation directoriale à Francfort se trouvei'ait dans une situation tout à fait conforme à mes vues ; elle appuierait les vœux de l'Eglise d'Allemagne, au lieu de VTcndre l'initiative de ces vœux.
Pour plus de sécurité, non-seulement j'approuverais entièrement, mais encore je regarderais comme une mesure trèsdésirable le fait d'envoyer plus tard le susdit Augustin Braig à Francfort , pour assister de ses conseils la légation autrichienne.
Nous avons encore assez de temps devant nous pour prendre des dispositions ; cela résulte de la nature des négociations qui doivent s'engager à Francfort. Lorsque laDiète sera constituée, ce qui pourrait bien exiger encore trois ou quatre semaines à partir du jour de l'ouverture , alors seulement il y aura lieu , pour notre légation, de parler de la discussion des questions religieuses, et de chercher à faire admettre ce principe, qu'il importe d'arriver à conclure un concordat avec le Saint-Siège pour tous les Étals de la Confédération germanique.
Il est probable que quelques-unes des principales Cours d'Allemagne s'élèveront contre ce principe; le Wurtemberg le fera certainement. Mais il y a des raisons tellement puissantes qui militent en faveur de l'adoption de ce principe, qu on j)ourrait s attendre à les voir triompher, si l'esprit mesquin des grands Gouvernements allemands n'amenait souvent ces puissances à se mettre en contradiction avec leur intérêt j)olitique lui-même. Toutefois, si les Cours d'Allemagne commettaient la faute de ne pas admettre le principe d ini concordat conunun, il resterait une autre solution, cell(; de concordats séparés, mais cependant basés sur des principes uniformes. La réussite de ce moyen serait d'autant plus certaine que les principes dont nous désirons assurer le hiomphe sont tout à liiit en rapport avec l'autorité des Souve-