TOME I
» au sujet de radministration de la justice ; il est » chargé de faire exécuter les ordonnances y et » elles lui donnent l'autorité nécessaire pour con- » tenir les officiers inférieurs de la justice dans les )} bornes de leurs devoirs : je m'en rapporte avec » confiance à son zèle et à sa vigilance.
» Je n'ignore pas qu'il existe un grand nombre » de droits établis sur tous les actes de la procédure ; » je vois avec peine combien ils sont onéreux à » ceux de mes sujets qui sont obligés de recourir à » mes tribunaux : je désirerais pouvoir les sup- » primer 5 ou du moins les modérer; mais je dois^ » avant tout^ pourvoir au paiement des dettes de » mon Etat 9 et à celles de la dernière guerre.
» Le même esprit de justice ne me permet pas » de répondre au désir de mon parlement sur les » suppressions des épices et vacations ; il serait » nécessaire d'y substituer des appointemens pro- » portionnés a la finance des offices et aux travaux }} des magistrats ; je ne pourrais accorder cette » distinction à mon parlement^ sans la rendre » commune à toutes les cours et à toutes les }uri- » dictions de mon royaume. Mon amour pour » mes sujets ne me permet pas d'adopter un ëta- » blissement nouveau qui^ sous prétexte d'en sou* )).lager une partie ^ chargerait tous les autres dun » impôt très-considérable pour une cause qui leur M serait étrangère.
» Louis XIV a connu ces vérités, et après avoir » pourvu de la manière la plus sage et la plus so-«
» lennelle à la réformation de la >> les parties , il s'est contenté de » dont les épices et les vacations
» Mon intention est que ce rè » d'être observé par la grand'n » parlement^ et par chacune des » quêtes et requêtes , et je veux » innové à cet égard.
» Je connais la pureté des vues » la grand'-ch ambre ; les membi w ment qui font le service des enq }} sont animés du même esprit. Ils )} ils l'ont toujours fait , l'exemple » les magistrats de la grand'-chai » pour le travail et pour l'exacte » justice. Je suis assuré que les M continueront, parleur assiduit » tions, et par leur amour poui » service, de mériter ma proteci
» Je ferai examiner s'il est né :
» mer la procédure qui s'obser\ i » réelles et dans les ordres , et î i » bues aux receveurs des consi{ » ceptibles de réduction. Je fera }} parlement ma volonté sur ces :
Tout fut dit après cette répo i subsisteront sur le même pied, empirer, jusqu'à ce qu'il arrive i catastrophe qui force à rétablir 1 i ou un ministre juste et courageu ;
toafTer le germe des excellentes qualités da roi^ leur donne de Tessor , et en profite pour produire le bien.
En tout autre pays que celui-ci ^ M. de Lamoignon se serait couvert de gloire. Non-seulement on n'a pas prononcé son nom y mais y a l'exception de trèspeu de gens , tout le reste ignore sa conduite , et ne se doute pas qu il ait été le moteur de Tévénement que je viens de rapporter. Je ne sais s'il en sera jamais récompensé; mais je souhaite^ pour opérer librement le bien , qu'il devienne chancelier.
Anecdote du chancelier de Maui dent de Lamoîgnon; caractère
ierit en 177».
M. DE Lamoionoi^ ^ président l ment de Paris ^ issu d'une famil la robe^ venait d'épouser la fille i rier y mort dans lé ministère y et temps lieutenant de police ; eh; qui en est revêtu à portée d'êt formé des détails les plus cacl des particuliers qui habitent Pa gnon y héritant de M. de Berriei d'une infinité de notes et de f également intéresser et les in milles.
MM. de Maupeou étaient pi qui que ce fût de craindre que a ne vinssent à la connaissance du long-temps premier président^ celier; ni le fils, alors président premier président, enfin chanc nées après l'époque dont je pari conduite exempte de taches , et guée. Le fils surtout ne s'était ] moyen pour parv^^if ^ *^^ ^
souvent ébranlé en lui l'intégrité du magistrat ; en un mot, il avait à se reprocher tous les excès auxquels s'abandonne un homme sans principes. Plus il avait de vues ambitieuses y plus il lui importait de dérober la connaissance des vices de son caractère y et plus par conséquent il fit de frais pour cajoler M. de Lamoîgnon et tâcher d'en avoir les papiers qui le regardaient, et qu'il savait être entre ses mains depuis la mort de M. Berner.
Comme la bassesse ne lui coûte pas plus que la perfidie, M. de Lamoignon n'eut pas de courtisans plus asservis que M. de Maupeou. Il était sans cesse dans sa maison , cherchant à lui plaire en adoptant ses goûts , et à captiver sa confiance en lui prodiguant les témoignages de l'attachement le plus sincère.
Lorsqu'il se crut au terme où il visait , dans une conversation d'intimité telle qu'il en avait quelquefois avec M. de Lamoignon , il lui dit : a Qu'é- » tant instruit qu'il était possesseur de tous les » papiers de feu M. Berriev , il n'ignorait pas » non plus que , dans le nombre , il y en avait qui » rintéressaient lui et sa famille ; et qu il lui » ferait grand plaisir de les lui remettre ; il ajouta » qu'il hasardait cette demande avec dautant » plus de confiance , que ces papiers ne pouvaient » jamais lui être d'aucune utilité , et que par con- » séquent il ne devait y attacher nul prix. »
Soit que M. de Lamoignon eût démêlé le caractère de M. de Maupeou, et qu'il n'en fit pas
grand cas ^ soit que prétendanl premiers rangs de la màgistratu de garder entre ses mains de < daqs sa dépendance , il lui rép< meut : « Que regardant les paf » comme un dépôt sacré dont » distraire y il était fort fâché » qu'il lui demandait. »
M. de Maupeo.u n'insista pas simulant combien il était pic éprouvait , il continua de voir avec autant d'assiduité. Il n'y dans la conduite de ces deux n à-vis de l'autre , jusqu'à ce qu'u Lamoignon vint l'avertir que après avoir employé tous les i pour le séduire y avait fini par 1 considérable > afin de l'engagei sette dont il lui désigna la forn la lui remettre. C'était précise M. de Lamoignon avait enfe M. Berrier.
On peut aisénaent se repréi M. de Lam'oîgnon. La preno M. de Maupeou , il joignit au amers les choses les plus dures de ne jamais remettre les pied^ Depuis cet instant ^ la haine
tO Je tiens ce fait de M. de LamoigA
4^4 D]ËTAILS
M. de Maupeou et M. de Lamoignon ; et comme les petites choses servent souvent à produire les grandes, l'inimitié de ces deux magistrats n'a pas peu contribué à l'événement airivé au parlement
en 1771.
anecdote de Louis XV $ réflexio
Ecrit en 1780.
Je tiens de M. le duc de Choî Louis XV à la chasse^ ce prii combien il croyait que lui coûtai lequel ils étaient. Après avoir M, de Choiseul lui dît qu'il se fei avoir un pareil pour cinq ou \ mais que, comme S. M. payait e comptant, cela pouvait bien aile » êtes loin de compte, répliqua » voiture , telle que vous la voy » trente mille francs. »
Comme le maréchal de Noi
courtisans étaient dans le can
Choiseul ne poussa pas plus loin
quelques jours après, travaillan
il lui rappela cette conversatic
qu'instruit d'une telle déprédalioi
dinaire qu'il n'y mît pas ordre;
révoltans étaient intolérables; qi
ment y mettre un freirt, et qu*
soutenir, il se faisait fort d'y t
A> cher ami, lui répondit le roi
(0 Je tiens cela du ài^^ . Choi^«^^*
4^6 BÉTAILS
» dans ma maison y sont énormes; mais il est » impossible de les faire cesser : trop de gens y et }) surtout trop de gens paissons , jr sont intéressés » pour se flatter den venir à bout. Tous les mi-^ }) nistres que j'ai eus ont toujours formé le projet » dy mettre de V ordre; mais effrayés de Vexé- » ciition^ ils Font abandonné. Le cardinal de I) Fleurjr était bien puissant y puisqu'il était le » maître de la France (i); il est mort sans oser » effectuer aucune des idées quHl a\>ait eues sur » cet objet. Ainsi y croyez-moi y calmezHVOuSy et » laissez subsister un vice incurable. »
Il est extraordinaire que ce que n'ont osé entreprendre les ministres les plus accrédités^ le roi lui-même 9 vienne d^être effectué dans l'édit du mois de janvier 1780 par un simple citoyen de Genève, M. Necker, homme isolé et sans soutien, occupant précairement une place dont sa religion , sa naissance étrangère et les préventions de la nation semblaient l'exclure, et qui n'a pour lui jusqu'ici qu'un grand désintéressement personnel. Un caractère ferme, des vues économiques lui ont si bien concilié l'opinion publique, que les cornmencemens de sa gestion sont marqués par un crédit prépondérant. Ce crédit cependant n'est fondé que sur la confiance qu'il a su établir, et qui l'a conduit, avec les retranchemens opérés dans la dépense, à faire remonter tous les papiers, à
(i) Quel mot dans la boucbe du roi i
soutenir sans nouveaux impôts 1 de la guerre présente ^ aussi ( conduite. Ces résultats devaient faire honneur et en donner bor non pas en fair^f Vidole des Fran< vif et pénétrant saisit toute im{ dite; mais qui, dépourvus de ré cune tenue, parce qu'ils manqu Toujours entraînés par la prei ils changent de façon de penser tion. Présomptueux au plus petit dre revers , ils rappellent tout-à que le reste de la Grèce appelait qu^îls sussent être hommes dan casions.
Je ne connais point personnell je n'en juge que par ce que j'en surtout par sa conduite; je suis finances, pour apprécier ses < parait jusqu'ici que c'est un excc maison , qui porte ses regards si qui tâche d'en réformer les abus, chemens avantageux et des ei meilleur marché que ses prédc n'ai point encore vu de lui de c génieuses, telles qu'on en a vu f qui , en relevant l'éclat du mail geuses au fisc. J'ai v^eur ^^ ^^^ ^ plus le banquier <w i»j|Otnï»^ ^ Je ne sais euç^ . rappci^V
royal 9 et par conséquent à lui, il a'a pas pluft cherché à se rendre insensiblement le maître qu'à réformer la cupidité des différentes mains par lesrquelles passait Vargent y à voir d un seul coup-d'œil la recette et la dépense* Des choses particulières dont je suis instruit, me font connaître qu'il ignore que le roi ne doit pas, toujours penser en économe ^ mais agir quelquefois en monarque , et qu'en uu mot il y a bien des choses à calculer dans ce pays-ci.
Je n'approuve point l'édît qu'il vient de donner pour la maison du roi. Je pense que le coup est trop fort et qu'il fallait le réserver pour le dernier de tous ceux qu'on dit qu'il médite « Je conviens que les déprédations des grands seigneurs qui sont à la tète des dépenses de la maison du roi, sont énormes, révoltantes; mais l'édit du mois de janvier ne fait qu'irriter ces grands seigneurs, et ne remédie à rien. On a dit à cela qu'il faut qu'il connaisse les abus avant de les réformer; mais lui en donnera-t-on le temps? On est adroit et intrigant dans ce pays-ci. Si Ton n'assonxme pas du premier coup , ce qui ne produit jamais que quelques joui?s de cris et de plaintes , grâce à la légèreté de la nation qui détourne bientôt ses regards d'un objet qu'elle regarde comme décidé ; si Ton n'assomme pas du premier coup , dis-je , l'espoir de pouvoir se soustraire à la réforme fixe l'attention; la sagarcité nationale en offre bientôt les moyens, l'opérsetion échoue, et l'agent se discrédite..
Je ne dis pas que ce sera là la fia de M. Necker; car, comment prévoir Tissue de toute opération humaine , surtout en France? mais je pense qu'il en court le hasard, et qu'au point où il en est, paraissant ne vouloir se soutenir que par lui-même , il sait mal calculer. Il est vrai qu il a pour lui lavi* lissement où sont tombés les grands ;seigneurs. Il est tel, qu'assurément ils ne sont pas à redouter, et que leur opinion ne mérite pas d'entrer en considération dans aucune spéculation politique.