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traits de son caractère ; car elle prou?ait son atnoùr de la vérité ^ l'ardeur avec laquelle il savait la défendre, même aux dépens de son repos, et le courage avec lequel il s'exposait aux inimitiés personnelles^ lorsqu'il s'agissait de désabuser les jeunes gens de ces vaines théories dont le résultat inévitable est d'arrêter les progrès des sciences en donnant une fausse direction k l'esprit de ceux qui les cultivent» En parlant des théories générales, il disait quelque temps avant sa mort : a J'en ai cherché, j'en ai imaginé quelques-unes moi-même , mais je ne les ai pas fait connaître, parce que j'ai reconnu qu'elles étaient fausses, comme je crois que le sont toutes celles qui ont été publiées jusqu'à ce jour. Je dis plus; je dis que « dans l'état actuel de la science , il est impossible d'en découvrir aucune; et c'est pour cela que j"observe , et que 'je préconise l'observation I parce qu'elle seule peut amener à la découverte du fait qui conduira son auteur
à une théorie générale véritable Ce fait,
ajoutait-il ^ est peut - être de peu d'importance par lui-même, mais, par rapport à la théorie , il deviendra le fait principal , la pierre angulaire de l'édifice. Il faut donc le chercher ; il faut faire marcher la science; mais il faut
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se garder de la faire marcher à pas rétrogrades^ comme on a fait quelquefois , et comme quelques naturalistes le font peut-être de nos jours. Il faut travailler , non dans le but de soutenir une théorie , car dans ce cas l'esprit étant préoccupé , n'aperçoit que les faits qui favorisent ses vues , mais dans le but de découvrir la vérité , parce que de la vérité se déduiront les vraies théories et les vrais principes philosophiques , la vérité étant à elle seule la philosophie (i). »
Les Français et les Allemands réclament également M. Cuvier pour leur compatriote; il serait difficile de décider lequel a le plus de droits dans cette question , du pays qui lui a donné naissance, ou de celui qui a été le théâtre de ses travaux (a). Sa famille , ainsi que nous l'avons vu au commencement de ces Mémoires, était originaire du Jura; la religion protestante qu'elle professait l'ayant obligée
(i) M. Laurillard.
(a) L'année dans laquelle M. Cuvier vint au monde a été très-remarquable, car elle a vu naître Napoléon Bonaparte» qui a opéré dans la politique de l'Europe une révolution aussi importante mais moins durable que celle faite par M. Cuvier dans la science; le duc de Wellington , M. Canning, M. de Chateaubriand, sir Walter Scott , sir James Makîntosh, naquirent également dans cette même année.
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de quitter son pays , elle s'établit k Montbéliardy où quelques-uns de ses membres remplirent des emplois importans. L'oncle de M. Gu» ▼ier était ministre de la religion luthérienne , et son père officier dans un régiment suisse au service de France. J'insiste sur ces deux circonstances, parce que plusieurs écrivains sont tombés dans l'erreur , en avançant que M. Cuvier s'était d'abord consacré à l'Eglise, et qu'elles me donnent l'occasion d'en corriger une au* tre échappée au célèbre botaniste de Genève, M. Decandolie, ancien ami de M. Cuvier.
Dans son éloge funèbre de M. Cuvier, M. Decandolle dit qu'il embrassa l'état militaire ; assertion qui ne repose sur aucun fondement:
il est très-probable que ces deux erreurs ont été la suite de quelque confusion entre le père, l'oncle et le fils.
C'est encore par erreur qu'on a prétendu que le génie de l'histoire naturelle ne s'était développé que tardivement chez M. Cuvier.
Cela est si peu vrai , que , dès l'époque où il était à l'école préparatoire de Montbéliard, son plus grand plaisir était de lire Buffon , de copier les planches de ses ouvrages, et de les colorier d'aprèsles descriptions. Lorsqu'il fut arrivé