QUATRIÈME PARTIE. 2'j
cet ouvrage ; elles prouvent que, loin de rechercher et de solliciter des faveurs, M. Guvier en a noblement repoussé plusieurs qui lui étaient ofiertes. Deux fois , il refusa la direction à vie du Muséum d'histoire naturelle, et à une autre époque, d'entrer au ministère , honneur auquel personne alors n'eût songé à se soustraire. La plupart des distinctions qu'il a reçues, lui ont été conférées lorsqu'il était absent , et d'une manière toul-à-fait inattendue. Ge fut pendant son voyage à Marseille , que l'Institut le choisit pour son secrétaire perpétuel , et pendant son séjour en Hollande qu'il reçut de Napoléon le titre de chevalier ; il était à Rome lorsque le Moniteur lui apprit qu'il venait d'être nommé maître des requêtes; en Angleterre, lorsqu'il fut élu par l'Académie française; il vivait dans une retraite studieuse , en quelque sorte séquestré du monde , lorsque le titre de pair de France vint couronner sa carrière administrative ; enfin il gisait sur son lit de mort, lorsque sa nomination à la présidence du conseil d'Etat fut présentée à la signature royale ( i ). On peut donc dire ,
(x) Je ne compte pas parmi ces hooneun celui d'avoir fait partie de presque tous les corps savans des deux hémisphères , car tous sg
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sans s'écarter de la stricte Téritë , que les hou-* neurs venaient au-devant de lui; et, maintenant que sa mort a opéré un si grand vide dans toutes les institutions , dans tous les corps savans et administratifs qui étaient fiers de le compter parmi leurs membres, et qu'il a si puissamment servis par ses travaux, n'est-il pas temps que ses actes , son noble désintéressement , obtiennent enfin justice , et que l'envie cesse de mêler sa voix aux témoignages d'admi* ratfon qui se font entendre de toutes parts ?
U est encore un autre reproche que les to« venteurs des systèmes renversés par M. Guvier, n'ont pas craint de soulever contre lui. Ces hommes, blessés dans leur amour-propre ou dans leurs idées favorites , ont attribué à l'orgueil ou k un sentiment de jalousie » bien éloigné de sa grande ame , la réserve avec laquelle il admettait certaines explications des phénomènes de. la nature y et son opposition aux théories incomplètes et défectueuses, dont sa pénétration et son vaste savoir lui découvraient au premier coup-d'œil les erreurs et l'insuffisance. Cette opposition était y au contraire , un des plus beaux
montraient empresséd à rendre hommaf^e k U supériorité de M. Guvier, en l'appelmt dans leur sein.