‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 30 sur 53 · QUATRIEME PARTIE. 2'jg · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE. 2'jg

voir cet album ; et ^ un matin , il entra dans la salle où nous déjeunions , avec un énorme ?o~ lume in-4* <iu*îl plaça devant moi , en me di« sant : t Permettez-moi de me mettre au nombre de vos amis, et choisissez deux de ces dessins. Je me snis amusé à dessiner ces figures lorsque l'étais étudiant à Stuttgard; et s'H fallait les recommencer maintenant , je de saurais les reodre avec pins de fidélité. » Il conserva ce talent pendant toute sa vie $ et desparoies ne pourraient ei« primer la perfection de ses dessins d'anatomie , dans lesquels il avait une manière qui lui était propre de rendre le tissu cellulaire. Son talent n'était pas moins extraordinaire pour les quadm* pèdes; souvent, dans le cours de ses leçons, il lui arrivait de se retourner vers la planche qui était derrière lui , et la craie en main , sans cesser de parler , il esquissait Tobiet de son discours, en commençant quelquefois par la queue, gardant les proportions de chaque partie avec une pré*^ ciaioQ admirable , et observant les caractères de ranimai à un tel point qu'on pouvait sur«lecbamp reconnaître l'espèce. Son goût pour le dessin s'étendait à toutes les parties de cet art $ il prenait un plaisir extrême à visiter toutes les collections ou les expositions de tableaux. Dans

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sa dernière visite en Angleterre , s*étant rendu un jour à Haropton-Gourt , il lui fallut faire un violent effort sur lui-même pour abandonner les cartons de Raphaël, afin de se rendre à un dîner auquel ilëtait attendu. L'admiration qu'il éprouvait pour ce grand peintre s'élevait jusqu'à une espèce de culte; et personne ^ qu'il fût artiste ou non , n'a jamais mieux compris ni senti plus vivement que lui les beautés de Raphaël. Un long séjour en Italie avait mûri et perfectionné son jugement sur la peinture; et quand on l'accusait d'avoir manqué de curiosité en ne poussant pas jusqu'à Naples pendant l'un ou l'autre de ses voyages à Rome, il croyait se justifier suffisamment en répondant : « A IVaples je n'aurais pas trouvé le Vatican ! » Il était très* sensible au mérite de notre célèbre Lawrence , auquel il était personnellement attaché , et qui lui envoyait régulièreoient les gravures de ses ouvrages; il appréciait également les créations et le génie de notre Martin, dont les gravures avaient excité son attention à Paris , et dont il visita la collection pendant son dernier séjour à Londres. Mais malheur à l'artiste qui commettait une faute d'anatomie ou de perspective ; Toeil perçant de M. Cuvier s'v arrêtait

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