‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 31 sur 53 · QUATRIÈME PARTIE. sSl · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. sSl

aussitôt , même au milieu des éloges qu'il dounaît au coloris et à Texpression. Un des motifs de son dernier yoyage à Londres était de voir l'exposition des ouvrages de Lawrence, qui eut lieu après sa mort, et il passa souyent de longues heures dans la galerie Britannique où ils étaient alors rassemblés. Il avait connu personnellement la plupart des grands personnages auxquels le pinceau de Tartiste avait donné une seconde vie sur la toile ; en contemplant leurs traits, il se croyait encore en leur présence, et sa mémoire lui rappelait à leur sujet une foule d'anecdotes qu'il racontait avec plaisir et dont le récit nous charmait. M. Cuvier possédait encore un autre talent, qui se manifesta chez lui dès sa plus tendre jeunesse, et qui, sans être d'une grande importance , était une nouvelle preuve de la facilité avec laquelle il gardait le souvenir des formes. C'était celui de découper en carton ou en papier tous les[objets qui avaient frappé son attention. A l'âge de six ans environ , il donna une preuve remarquable, non-seulement de sa dextérité , mais encore de la vivacité de son intelligence: un charlatan qui faisait divers tours d'adresse, traversant un jour le village qu'ba*

a8a MÉMOIRES sur m. cdvier.

bitait son oncle, celui-ci le fit Tenir chez loi pour amuser les enfans qui s'y trouvaient réunis. Une fontaine de Héron (i) qui coulait et s'arrêtait à son commandement , un poignard qu'il semblait s'enfoncer dans le bras et qu'il retirait tout dégouttant de sang , divertirent et émerveillèrent les spectateurs de tout âge qui se trouvaient présens; mais lé jeune Cuvier examina tout avec une grande attention, en parut peu surpris, et expliqua même le jeu de la fontaine et le mécanisme du poignard, dont il découpa des modèles en papier pour rendre ses explications plus sensibles.

Mais revenons k Stuttgart, où M . Cuvier obtint des distinctions qui n'étaient accordées qu'à un petit nombre choisi d'élèves, tons, cette fois, beaucoup plus âgés que loi. Le premier examen qu'il subit dans cette Université fut très-remarquable, si l'on songe qu'il n'avait alors que qua* torse ans. La commission chargée de lui assigner son rang, transmit sur son compte les notes suivantes : tt Le jeune Cuvier a montré i* des notions justes, et proportionnées à son âge, des principes

(i) Ainsi appelée du nom de sou inventeur, Héron d'Alexandrie, qui vivait cent vingt ans avant Jésus-CliriKt. Lei Anglais la nomment fifiHaine dt circu/ation.

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