QUATRIEME PARTIE
on ajoute SDn hospitalité , et les secours généreux qu'il donnait de tous côtés, on s'expliquera facilement le faible patrimoine qu'il laisse après lui. Il avait demandé à être inhumé sans pompe au cimetière du Père Lachaise , dans le même tombeau où repose sa fille; mais un pareil homme ne pouvait mourir sans qu'une manifestation éclatante des sentimens publics n'eût lieu. Le cortège funèbre fut suivi par une députation du Conseild'État , avec le garde des sceaux en tête , et par d'autres députations des Académies des Sciences,
Mie B*eii servinîtdaos boo état actuel, elle doit, en oonaéqueDce, être partagéeentre les écoles de Droit et de Médecine, TEcole Normale et le Jardin des Plantes. Les pièces qui renfermaient ces trésors de science, fsisaienl suite au logement de M. Cuvier, et servaient, dans Torigine, de magasins à fourrage pour les animaux de la ménagerie. Lorsque Je bâtiment appelé la Rotonde fut consacré à cet usage , M. Cuvier demanda à l'administration du Jardin la permission de prendre possession de ces greniers , et de les couTertir, à les frais , en une suite de chambres. Il y dépensa 40,000 fr., ce qui lui donnait le droit de demander un logement pour sa famille après sa mort, faveur qui a été accordée avec bienveillance par le roi. Cest dans ces chambres que le grand homme a exécuté ses immenses travaux , travaillant tour à tour dans chaciine d'elles suivant le sujet dont il s'occupait pour le moment; elles faisaient paraître sa maison trèsvaste; mais en réalité, la seule partie qui en fût habitable était i peine suffisante pour ses besoins, si l*on songe au grand nombre de visites que ses places robligeaient à recevoir.
338 MÉHOIRBS SUR M. GDVIER.
des Insmptioas et de Médecine; par des membres des deux chambres , TÉcole polytecbnique , ete. Ses restent mortels forent poités altern«liyement par des élèves des laboratoires du Jardin des Plantes, des' écoles d'Alfort, de Droit et de Médecine /et conduits d'abord au temple protestant de la me des Billettes. Les coins du drap mortuaire étaient tenus par M. Pasquier, président de la Chambre des pairs , M. Devauz , conseiller d*Étaty M. Arago, secrétaire de TAcadémie des Sciences , et M. Villemain , nce-président du Conseil royal d'instruction publique. Plusieurs membres des corps savans et des corps législatifs, prononcèrent, suivant l'usage, des discours funèbres sur la tombe.
Deux statues doivent-ètre érigées à M. Cuvîer, l'une au Jardin des Plantes , Tautre à Montbéliard ; leur grandeur et le choix de la matière dépendront du montant des souscriptions. Le roi a ordonné que son buste en marbre , exécuté par M. Pradier, serait placé à l'Institut^ et un autre , sorti des mains de M . David , dans les galeries d*anatomie comparée. M. Cuvier a été remplacé à l'Académie française par M. Dupin aîné , à l'Académie des Sciences par M. Du*
QUATRIÈVE PAKTIE. SSq
long (i) ) au Jardin des Plantes, poar ia chaire d'analoaiie comparée , par M. de Blainville. La plupart de ses places sont encore inoccupées, comme si ceux qui pourraient y aspirer redoutaient la comparaison. A lui seul il les remplissait toutes; il s'acquittait consciencieusement de tous les devoirs qu'elles lui imposaient; dans toutes , il apportait ses vues éclairées et bienfaisantes; il ne dédaignait aucun des détails qui pouvaient concourir à perfectionner l'administration, et découvrait, d'un seul regard, l'influence que ses progrès devaient avoir sur la société en général; et cependant, tandis que son ame était remplie de ces grands desseins et de ces vues sublimes , jamais il n'oublia , un seul instant, ses devoirs de père , d*époux, de frère, d'ami, et ne perdit jamais de vue l'occasion d'être utile à ses semblables. Ses emplois publics sont maintenant partagés , et . ceux qui les occupent devront s'estimer heureux, s'ils peuvent, chacun dans celui qui lui est tombé en partage, s'approcher de la perfection qui
' (x) Depuis que ceci a été écrit , M. Dulong a douaé sa démissiou de
la place de secrétaire de l'Iostilot.
54o MilfOIRSS SUR K. CUYIBR.
caractérisa sa double carrière. La mort d'oo pareil homme , aa point où il était parrenu dans êes travaux, semble à peine rentrer dans le cercle ordinaire des destinées humaines, et parait bien plutôt un châtiment spécial envoyé par le ciel k la terre.
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