‹ Mémoires du baron Georges CuvierChapitre 59 sur 62 · Quatrième partie · texte numérisé non relu

Quatrième partie

on ajoute son hospitalité, et les secours généreux qu'il donnait de tous côtés, on s'expliquera facilement le faible patrimoine qu'il laisse après lui. Il avait demandé à être inhumé sans pom peau cimetière du Père Lachaise , dans le même tombeau où repose sa fille; mais un pareil homme ne pouvait mourir sans qu'une manifestation éclatante des sentimens publics n'eût lieu. Le cortège funèbre fut suivi par une deputation du Conseild'Etat . avec le garde des sceaux en tête , et par d'autres deputations des Académies des Sciences,

blic s'en serviraitdans son état actuel, elle doit, en conséquence, être partagéeentre les écoles de Droit et de Médecine, l'Ecole Normale et le Jardin des Plantes. Les pièces qui renfermaient ces trésors de science, faisaient suite au logement de M. Cuvier, et servaient, dans l'origine, de magasins à fourrage pour les animaux de la ménage rie. Lorsque le bâtiment appelé la Rotonde fut consacré à cet usage , M. Cuvier demanda à l'administration du Jardin la permission de prendre possession de ces greniers, et de les convertir, à ses frais , en une suite de chambres. Il y dépensa 40,000 fr., ce. qui lui donnait le droit de demander un logement pour sa famille après sa mort, faveur qui a été accordée avec bienveillance par le roi. C'est dans ces chambres que le grand homme a exécuté ses immenses travaux , travaillant tour à tour dans chacune d'elles suivant le sujet dont il s'occupait pour le moment; elles faisaient paraître sa maison trèsvaste; mais en réalité, la seule partie qui en fût habitable était à peine suffisante pour ses besoins, si l'on songe au grand nombre de visites que ses places l'obligeaient à recevoir.

des Inscriptions et de Médecine ; par des membres des deux chambres, l'Ecole polytechnique , etc. Ses restes mortels furent portés alternativement par des élèves des laboratoires du Jardin des Plantes , des écoles d'Alfort , de Droit et de Médecine, et conduits d'abord au temple protestant de la rue des Billettes. Les coins du drap morluaire étaient tenus par M. Pasquier, président de la Chambre des pairs , M. Devaux, conseiller d'Etat, M. Arago, secrétaire de l'Académie des Sciences, et M. Villemain , vice-président du Conseil royal d'instruction publique. Plusieurs membres des corps savans et des corps législatifs, prononcèrent, suivant l'usage , des discours funèbres sur la tombe.

Deux statues doivent-être érigées à M. Cuvier, l'une au Jardin des Plantes , l'autre à Montbéliard; leur grandeur et le choix de la matière dépendront du montant des souscriptions. Le roi a ordonné que son buste en marbre , exécuté par M. Pradier, serait placé à l'Institut, et un autre, sorti des mains de M. David, dans les galeries d'anatomie comparée. M. Cuvier a été remplacé à l'Académie française par M. Dupin aîné , à l'Académie des Sciences par M. Du-

Page 1