‹ Mémoires du baron HaussmannChapitre 35 sur 91 · DÉPENSE NETTE · texte numérisé non relu

DÉPENSE NETTE

Si je tenais compte du capital représenté par le produit (des redevances de concessions et de loyers, je devrais accroître de plus de 1,500,000 francs, le chiffre de mes déductions. Voilà pourquoi je dis ailleurs qu'en dernière analyse, j'avais eu quelque peine à prouver que la somme absorbée sans compensations par la transformation du Bois de Boulogne atteignait les deux millions voulus par la Loi de cession de 1882.

3,462,136 fr. 46 c. ! Tel est le chiffre officiel de ce que [e Bois a coûté finalement à la Ville de Paris.

Sans doute, les dépenses qu'elle s'était obligée d'y faire pouvaient ne pas excéder leur total net véritable, mais la Loi de 1852 ne les avait pas limitées à 2 millions. Elle portait 3 millions au moins. On s'attendait si bien, de part et d'autre, à voir ce minimum dépassé, qu'on avait cru devoir l'exprimer sous cette forme adoucie. Nous serions arrivés, selon toute apparence, au solde final d'environ 3 millions et demi que je viens de prouver, et même à plus, sans l'opération de la Plaine de Longchanips. Le résultat fut le même après et malgré l'accomplissement de ce laborieux hors-d'œuvre, pour lequel je pus réaliser près de il millions 1/2 de ressources, inespérées au début.

Je puis donc affirmer que l'extension du Bois de Boulogne jusqu'à la Seine eut lieu sans imposer, au bout du compte, aucun sacrifice à la Ville. Je puis ajouter que l'État n'est pas seulement rentré dans le montant de sa subvention, mais qu'il a même reçu une large compensation de sa donation primitive, par suite de la plus-value des propriétés avoisinant le Bois agrandi; elles se sont, en effet, couvertes successivement de constructions, d'où l'accroissement graduel des impôts et des droits de mutation.

Avant de clore ce chapitre, je dois loyalement déclarer que j'ai vérifié nombre des indications qu'il renferme et celles que je vais donner dans le suivant, dans le magnifique ouvrage de mon ancien et fidèle collaborateur, M. Alphand : les Promenades de Paris, publié vers la fin de mon édilité (1868), sous le patronage de la Ville ; ouvrage favorisé de la souscription des personnages les plus éminents de cette époque.

Ceux de mes lecteurs qui désireraient des détails

techniques et des éléments da prix de revient au sujet des travaux exécutés, sous la direction de ce remarquable Ingénieur, aux multiples aptitudes, consulteront avec fruit le texte de sa publication : ils y trouveront des plans, des vues, des dessins, qui, sous beaucoup de rapports, en faciliteront singulièrement rintelligence.

A défaut de semblables auxiliaires, il m'a fallu recourir aux descriptions qu'on pourra peut-être trouver longues et minutieuses, mais qui sont encore et, malgré tout, insuffisantes.

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