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MES PREMIÈRES OPÉRATIONS DE VOIRIE

Il faut remonter jusqu'en 1849. J'étais Préfet du Var, au cours des difficultés de ma mission dans ce département, lorsque à la date du 4 octobre fut promulguée la Loi qui ratifia le traité conclu, le 2 Août, entre rÉtat et la Ville, au sujet des opérations complexes, que, plus tard, sous le titre de : Prolongement de la Rue de Rivoli, je groupai, dans le Premier Réseau des voies nouvelles de Paris transformé.

Ces opérations embrassaient :

1* Le dégagement complet et le nivellement de l'espace isolant le Palais des Tuileries de celui du Louvre, accompli sous mon administration seulement.

2° L'ouverture, sur une largeur de 22 mètres, de la section de la Rue de Rivoli, comprise entre le Passage Delorme et la Rue de la Hibliothèque, en vue de la construction de l'aile droite du Louvre, terminée à peine en 18S5.

C'est par un Décret du 23 Décembre 1852, que fut déclarée d'utilité publique l'exécution, commencée en 1853 et terminée par moi dans le cours de 1854, de la section de cette voie allant de la Rue de la Bibliothèque à la Rue des Poulies, ou la Place du Louvre, et que fut prescrite la construction, en bordure des deux sections, de maisons uniformes avec arcades.

Ce même Décret déclara l'utilité publique de l'agran-

dissement des Places du Louatc et Saint- Germaînl'Auxerroîs, et prescrivit l'élévation, suivant une architecture décorative homogène, de maisons faisant face des deux côtés de ces places réunies à la colonnade du Louvre.

Un autre Décret, rendu le 18 novembre 1853, — au cours de mon administration, — autorisa Télargissement des rues de l'Echelle, de Rohan, et des portions des rues Saint-Honoré et de Richelieu, bordant le Théâtre-Français, dont l'Avenue Napoléon (aujourd'hui, de l'Opéra) vint ensuite achever le parfait dégagement, et plus loin, des rues du Coq-Saint-Honoré (Rue de Marengo), de l'Oratoire et des Poulies (Rue du Louvre).

Je dirai bientôt dans quelles proportions l'État et la Ville concoururent à ces diverses opérations.

Le prolongement do la Rue de Rivoli, de la Place du Louvre à celle de l'Hôtel de Ville, entrepris par la Ville seule, motiva la Loi du 4 Août 1881, qui, pour favoriser la construction de maisons à toute hauteur, des deux côtés de cette troisième section, les exempta d'impôt pendant vingt années.

Quand on reconnut la nécessité d'étendre considérablement les expropriations prévues au projet primitif, pour déniveler les abords de la Tour Saint-Jacques, un Décret du 26 Juillet 1883 les autorisa, puis, promit à la Ville deux subventions : la première, d'un million, applicable aux dépenses de ces expropriations complémentaires; l'autre, de 800,000. francs, affectée à la reconstruction du Pont Notre-Dame, conformément aux conclusions d'une Commission spéciale chargée par

l'Empereur de lui rendre compte des difficultés, inattendues, rencontrées sur ce point.

Un Décret du 19 Février i 853 déclara d'utilité publique l'élargissement de la Place de THôtel-de-Ville, nommée jusqu'alors Place de Grève.

J'eus toute la charge de ces opérations complémentaires, dont les premières étaient, je l'ai dit, fort ardues.

Pour compléter ladernière, je soumis au Conseil Municipal le projet d'une série de nouvelles dispositions, étudiées avec grand soin par moi-même, en vue de donner un caractère monumental aux accès de l'Hôtel de Ville, notamment, de l'ouverture dans l'axe de son pavillon central d'une Avenue, plantée de deux rangs d'arbres, montant à la Place du Châtelet transformée.

A droite et à gauche de cette grande voie, des espaces étaient réservés, en face du Palais Municipal, pour deux bâtiments symétriques, accotés de maisons d'architecture uniforme, et destinés, l'un, à l'Administration de l'Octroi, aux Archives de la Ville, et l'autre, à l'Administration de l'Assistance Publique. Plus haut, l'Avenue devait être bordée, à droite, par le Square Saint-Jacques, à gauche, par le Théâtre-Lyrique (affecté maintenant à l'Opéra-Comique), faisant face au Théâtre du Châtelet sur la Place de ce nom, que termine la Chambre des Notaires, construite entre les points d'arrivée du Boulevard de Sébastopol et de la Rue Saint-Denis.

Décrété le 29 Juin 1854, mon projet se trouvait en pleine exécution lors de l'Exposition Universelle de 1858 et du voyage que la Reine d'Angleterre, Victoria, fit en France. Au cours de sa visite à l'Hôtel de Ville,

Sa gracieuse Majesté daigna permettre que, pour perpétuer ce souvenir, on donnât son nom à la nouvelle Avenue, à peine achevée.

Quant au dernier prolongement de la Rue de Rivoli, ce fut un Décret du 29 septembre 1834 qui le déclara d'utilité publique, ^e la Place de l'Hôtel de Ville à la Place Birague. Un premier Décret, du 31 Janvier, avait autorisé déjà la suppression de la Rue du Coq-Saint- Jean; le second décida celle de la Rue des Mauvais- Garçons et d'une partie des rues du Roi-de- Sicile et de l'Hôtel-de-ViUe.

Ainsi fut assurée l'ouverture complète de la grande artère qui relia, non seulement le Louvre à THôtel de Ville, mais la Place de la Concorde à celle de la Bastille, la barrière de TEtoile à celle du Trône, par une communication directe, spacieuse, monumentale et, de plus, stratégique.

L'isolement, la reprise en sous-œuvre et la restauration de la Tour Saint-Jacques-la-Boucherie coûtèrent S80,000 francs, en somme ronde; la reconstruction du Pont Notre-Dame, 1,340,000 francs.

L'expropriation de 187 maisons à démolir, couvrant une superficie de 16,950 mètres, revint, déduction faite des reventes de terrain et du prix des matériaux de démolition, à 9,633,000 francs.

Enfin, les travaux supplémentaires des Ingénieurs montèrent à 58,000 francs.

La dépense imprévue de la section de la Rue de Rivoli, comprise entre les Places du Louvre et celle de rflôtel-de-Ville, section ouverte par l'Administration

Municipale, sans promesse d'aucune subvention de l'État, s'éleva donc à 11,611,000 francs.

Or, le règlement de la dépense nette de l'opération primitive, dont le devis ne prévoyait que 236 maisons à démolir, occupant 31,084 mètres, n'excédait guère, y compris les travaux des Ingénieurs, notamment ceux du grand égoût, 18,728,000 francs.

Elle fut donc accrue de plus de moitié et portée au delà de 30 millions, --exactement 30,637,978 fr. 02.

Les deux allocations de l'État, s'élevant ensemble à 1,600,000 fr., la ramenèrent à 29,137,978 fr. 02.

On voit dans quelle importante proportion le défaut de nivellement préalable des vieux quartiers, qu'il s'agissait de traverser, aggrava finalement le total des pré- \isionsde l'Administration Municipale.

Le dégagement des abords de l'Hôtel de Ville et l'ouverture de la dernière section de la Rue de Rivoli, réunis au percement du Roulevard du Centre dans une môme opération financière, à cause de la subvention du tiers de la dépense totale des trois entreprises accordée par l'État (limitée à 3,500,000 francs), ne coûtèrent pas moins de 18,126,190 fr. 94.

Le dégagement du périmètre des Halles Centrales, qui se liait intimement à l'exécution de cette partie du prolongement de la Rue de Rivoli, n'avait motivé, dans le principe, que la démolition de 147 maisons occupant 17,493 mètres. Jj'expropriatîon en était revenue, toutes déductions faites, à 14,688,081 francs. Mais, l'abandon absolu du projet primitif de construction et l'adoption d'un tout autre projet, moins coûteux de plusieurs

millions, quoique bien plus vaste, comprenant deux groupes de pavillons en fer, divisés par des rues ouvertes, groupes séparés entre eux, du Nord au Sud, par une large voie centrale, et circonscrits de rues d'isolement de 20 mètres, exigea le développement, dans des proportions considérables, du périmètre jugé suffisant tout d'abord.

Je dus, pour le compléter avant tout, faire disparaître 180 maisons de plus, couvrant 12,052 mètres, dont l'expropriation doubla la dépense nette déjà consommée, en l'augmentant de 14,680,840 fr. 76; non compris les travaux des Ingénieurs, prévus pour un million et qui montèrent à 1,339,511 fr. 26.

La réunion des trois sommes donne un total de 30,708,403 fr. 02.

Ce n'est pas tout : un Décret^u 21 Juin 1884 déclara d'utilité publique l'ouverture :

V D'une rue de 20 mètres de largeur, la Rue du Pont- Neuf, allant de l'extrémité de la Voie Centrale, — Rue Baltard, déjà reliée, par la Rue Saint-Honoré, avec le quartier du Palais-Royal, — à la Place des Trois- Maries, en avant du Pont, d'où part la Rue de la Monnaie, dans la direction du corps de pavillon rattaché maintenant à l'ancienne Halle au Blé, transformée en Bourse de Commerce.

i^ D'une autre rue, aussi de 20 mètres, la Rue des Halles, gagnant en diagonale le Pont au Change, en empruntant la deuxième section, élargie à cette fin, de la Rue Saint-Denis, entre la Rue de Rivoli et la Place du Châtelet.

Cette seconde rue a complété la mise en communi-

cation facile, par la Rue Montmartre^ qui suit également une diagonale, de la ligne des Boulevards Intérieurs de la Rive Droite à la Pointe Saint-Eustache. La Rue Baltard la continue à travers les Halles, quartiers où Tactivité parisienne est le plus intense. On rayonne de là vers l'Hôtel de Ville, la Préfecture de Police, les Cours et Tribunaux agglomérés dans la Cité ; puis, sur la Rive Gauche, vers le centre de la vie studieuse, vers le pays des Ecoles, le Luxembourg, etc., etc.

Au nord des Halles, grâce à Télargissement de Tancienne rue qui forme, de la Pointe Saint-Eustache à la Rue du Louvre, entre l'Église et le second corps de pavillons, le prolongement de la Rue de Rambuteau, je comptais faire établir une large voie partant du point de rencontre de la Rue de Rambuteau prolongée, de la Rue du Louvre et de la Rue Coquillère, et aboutissant à l'angle des rues de Valois et Saint-Honoré. J'aurais ainsi créé une autre grande communication biaise, presque directe, de la Place du Château-d'Eau, passant par la Rue Turbigo et celle du Palais-Royal.

Je recommande cette utile percée à nos édiles présents et à venir.

J'obtins que l'État contribuât pour un tiers, ne pouvant excéder 3 millions, à la dépense nette des voies nouvelles décrétées le 21 Juin 1884, qui s'éleva finalement à 13,651,367 fr. 82, et porta le total du coût de l'emplacement des Halles Centrales et du dégagement de leurs abords, à 44,359,770 fr.84.

La Ville fut moins maltraitée dans le règlement des dépenses de la partie du prolongement de la Rue de Rivoli, comprise entre le Passage Delorme et la Place

du Louvre, et dite « des Arcades », à cause de l'obligation imposée aux constructeurs de nouvelles maisons bordant ces deux sections, de continuer Tarchitecture symétrique et les galeries de la rue primitive, datant du règne de Napoléon I".

L'État prit à sa charge, sans fixation de maximum : l'* les deux tiers de la dépense nette, de la section allant du Passage Delorme à la rue de la Bibliothèque, à laquelle se rattachait le dégagement du Carrousel et de tout l'espace compris entre le Palais des Tuileries et celui du Louvre, ainsi que des abords du Théâtre- Français et du Palais-Royal ; 2** la moitié de celle de la section suivante, dont les opérations complémentaires étaient de beaucoup moins lourdes.

L'ouverture de la première section n'avait exigé que la démolition de 47 maisons, d'une surface totale de 7,636 mètres, et celle de la seconde était faite au prix de 20 autres, occupant 3,718 mètres seulement, en sus des terrains provenant de l'ancienne Caisse d'Amortissement et de l'hôtel d'Angevilliers, propriétés de l'Etat, déjà démolies.

Les opérations complémentaires, que je fis exécuter, nécessitèrent l'expropriation de 104 maisons, d'une part, et de 68, de l'autre.

La dépense totale s'est élevée à 36,498,706 fr. 30, savoir :

Pour la première section, à 24,319,805 fr. 11, du chef des expropriations, et à 297,192 fr. 68, en travaux de nivellement (dont 210,000 francs, à la Place du Carrousel), de viabilité, de trottoirs, d'égouts, d'appareils d'éclairage, etc., etc. ; ensemble: 24,616,697 fr. 76.

Pour la seconde, à 11,710,787 fr. 44, du chef des

expropriations, et à 171,221 fr. 10, en travaux de toute nature; ensemble : 11,882,008 fr. 54.

L'État prit à son compte, pour une somme totale de 18,800,000 francs, les terrains provenant des expropriations faites dans la première opération, que nécessitait la jonction du Louvre aux Tuileries. Cela réduisit à 9,616,197 fr. 76 la dépense à supporter, deux tiers, soit 6,077,798 fr. 50, par le Trésor Public, et un tiers, soit 3,038,899 fr. 25 seulement, par la Caisse Municipale.

Le partage par moitié de la dépense nette de la seconde opération mit à la charge de chacun des intéressés 8,941,004 fr. 27.

En somme, les subventions de TÉtat montèrent à 12,018,802 fr. 77, et la dépense restant à la charge de la Ville fut ramenée, pour les deux sections, à 8,979,903 fr. 82. C'était justice : l'intérêt de TÉtat dans les opérations accomplies dans la première dépassait évidemment celui de la Ville.

La génération présente ne se doute même pas de ce qu'était cette portion de Paris, avant sa transformation complète, de 1882 à 1884.

Elle ignore que la première section de la Rue de Rivoli, qui borde le Jardin des Tuileries, s'arrêtait court après le Pavillon de Marsan et le Passage Delorme; au delà se trouvait un immonde quartier, composé de maisons sordides, sillonné de ruelles étroites, qui, de la Rue Saint-Honoré, s'étendait jusque sur la Place du Carrousel, qu'il encombrait en majeure partie. Il couvrait presque toute la surface actuelle de la Place

du Palais-Royal, puis, se continuait sans interruption le long du Louvre, qu'il enserrait à TOuest et au Nord, jusqu'à la soi-disant Place de la Colonnade, obstruée aussi de constructions ignobles, et se reliait aux quartiers, non moins impraticables à la circulation, qui s'étendaient jusqu'à la mesquine Place de Grève; là s'élevait l'Hôtel de Ville, reconstruit par MM. Le-^ sueur et Godde, sous l'édilité de M. le Comte de Rambuteau.

Qui, de nos jours, parmi les contemporains, a gardé mémoire des rues Saînt-Nicaise , du Doyenné, de Chartres, où se trouvait l'ancien Vaudeville (un bouiboui), Saint-Thomas-du-Louvre, du Musée (précédemment Froid-Manteau), d'une part; des rues Lévôque, des Remparts , Pierre-Lescot (l'ancienne : le nom du célèbre Architecte est porté maintenant par une des larges voies encadrant les Halles Centrales), du Chantre, de la Bibliothèque et des Poulies, d'autre part; et, plus loin : des Fossés-SAÎnt-Cermain-l'Auxerrois, Chilpéric, Tirechappe, des Orties, Jean-Pain-Mollet, de l'Arche- Marion, du Chevalier-du-Guet , Perrin-Gasselin , des Mauvaises-Paroles, de la Limace, de la Friperie, des Fourreurs, de la Tixcranderie, etc.., etc.?

Devant l'Hôtel de Ville, dans l'intervalle qui séparait l'ancienne Place du Châtelet de l'espace irrégulier qualifié Place de Grève, l'œil était affligé par d'horribles cloaques, nommés Rue de la Tannerie, de la Vieille-Tannerie, de la Vannerie, de la vieille Place aux Veaux, Saint-Jérôme, de la Vieille-Lanterne, de la Tuerie, des Teinturiers, etc., etc. Cette dernière était si peu large, que la façade vermoulue d'une des maisons, en pans de bois hourdés de plâtre, qui la bordaient, essaya vaine-

ment de s'abattre : elle ne put que s appuyer sur celle de la maison opposée.

Et quelle population habitait là !

Non ! ceux qui n*ont pas, ainsi que moi, parcouru le vieux Paris de cette époque en tout sens, ne peuvent s'en faire une idée juste, malgré ce qu'il en est resté forcément ; car, je n'ai rien négligé pour l'améliorer, alors, et, si lents que soient leurs effets, les obligations de la Loi d'Alignement et de celles des Bâtiments, d'un côté; les exigences d'un Public devenant de plus en plus difficile de l'autre, n'ont pu manquer, depuis trente ans passés, d'y produire d'heureux changements.

Néanmoins, il est de mode, chez quelques archéologues, se posant comme des mieux informés, d'admirer de confiance ce vieux Paris, qu'ils n'ont certainement connu que dans les livres spéciaux , dans les anciens recueils de dessins et gravures, et de gémir sur la façon cavalière dont l'a « fourragé » le Baron Haussmann, qu'ils tiennent, comme ses œuvres, dans un dédain profond I

Que les étroites et tortueuses rues du centre surtout fussent presque impénétrables à la circulation, sales, puantes, malsaines; ils n'en ont aucun souci.

Que nos percements, nos « prétendus embellissements » aient doté vieux et nouveaux quartiers d'espace, d'air, de lumière, de verdure et de fleurs, en un mot, de ce qui dispense la salubrité, tout en réjouissant les yeux, la belle affaire ! Dans tous les cas, ce n'est pas la leur.

Mais, bonnes gens, qui, du fond de vos bibliothèques, semblez n'avoir rien vu, citez, du moins, un ancien

monument, digne d'intérêt, un édifice précieux pour l'art, curieux par ses souvenirs, que mon administration ait détruit, ou dont elle se soit occupée, sinon pour le dégager et le mettre en aussi grande valeur, en ' aussi belle perspective que possible !

Et l'achat de l'Hôtel Carnavalet, que je fis faire, afin d'en assurer la conservation et d'y créer, de toutes pièces, un Musée historique parisien, l'avez-vous donc oublié?

Les opérations de voirie complémenlaires du premier prolongement de la Rue de Rivoli et du dégagement des abords des Halles centrales qui m'incombèrent dès le début de mon administration, nécessitèrent, ainsi qu'on l'a vu plus haut, des travaux très difficiles et très délicats, et des dépenses non moins considérables qu'imprévues. Elles vinrent compliquer singulièrement l'étude laborieuse à laquelle je me devais avant tout : celle des percements de voies nouvelles tracées par l'Empereur même, sur un de ces plans de Paris d'une exactitude approximative, que j'avais pour mission de réaliser, comme Je principal article de la transformation de sa capitale.

Il fallait bien me pénétrer, en efi'et, de la pensée inspiratrice du Souverain dans la conception du premier réseau des voies nouvelles à ouvrir, d'après son plan d'ensemble ; reconnaître les modifications de direction exigées pour quelques-unes par le relief mieux connu du sol de la ville, ou par quelque autre raison particulière; signaler certaines lacunes importantes à combler, et prévoir tout ce que le raccordement de ces diverses voies avec les anciennes pouvait entraîner de travaux, souvent ingrats et toujours dispendieux.

Et, sans parler d'aulres grands services à créer ou réorganiser, comme celui de la Voirie, comme celui des recherches d'eaux de sources à dériver sur Paris, dont je chargeai M. Belgrand, n'avais-je pas à rallier aux plans impériaux un Conseil Municipal jusque-là rebelle à leurs séductions, et finalement à m'assurer des ressources nécessaires pour faire face à toutes les dépenses de l'œuvre immense dont je venais de recevoir et d'assumer la responsabilité?

C'était donc un surcroit de sollicitude bien malencontreux pour mon début que l'obligation de remédier aux suites de la déconvenue subie par la Ville, à la rencontre de la butte Saint-Jacques-de-la-Boucherie, sur le tracé de sa première grande entreprise de voirie.

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