‹ Mémoires du capitaine Landolphe (volume 2)Chapitre 1 sur 19 · Mémoires du capitaine Landolphe · texte numérisé non relu

Mémoires du capitaine Landolphe

la fin de septembre , le roi d’Owhère m’envoya quarante pirogues comme auparavant pour ramener la Charmante Louise à la remorque. Elle arriva sans accident à l’embouchure du fleuve Formose. Nous vîmes avec une agréable surprise venir à bord plusieurs autres pirogues contenant ensemble plus de vingt mille ignames , plus de cent régimes de bananes , deux mille cocos , une douzaine de moutons et deux bœufs. Okro qui suivait ces provisions monte sur le vaisseau , et me parle en ces termes:

•; • vv-

« Les vivres que je transporte ici t’appar- » tiennent y le roi te les donne. Il te prie de » prendre sur ton navire en qualité de pas* » sager le prince Boudakah*, le seul noir

» qui ait désiré passer en France pour y ap- » prendre la langue et les coutumes fran- » çaises. C*esfc un ‘jeune hotnhïé plein de » douceur et d’humanité , appelé peut-être

» a regner un jour sur les Owhériens. Garde-

» toi bien de lui inspirer le goût du luxe: » deux seuls domestiques l’accompagnei* ront. » • , , r r ‘

<c Si tu reviens dans ce pays sois assuré » que mon maître t’accordera tous les moyens » dépendants de sa volonté pour te laisser » accomplir ton dessein. Le souverain de » cet Etat possède non-seulement les deux

» rives du fleuve du Bénin , mais toutes les » rivières de ces parages jusqu’à celles qui

Je le croyais eijfant du roi; j’ai su long-temps

Jd : : .-y'-- , ■ v

apres qu il était fils d une sœur de ce monarque. Quand

le souverain d’Ôwîiërè h’a pas d’enfants , c*cst le fils

aîné de sa sœur qui doit régner, a la inrort du roi.

tv

DU C A.PW AIHE LABIDOLPHE.

coulent dans le Galbard, ou qui en sont près. Il ne craint point d’avoir la guerre avec aucun de ses voisin! J Sa marine est une des plus formidables des. côtes d’Afrique. Jamais il ne eombat surfer re. Content de nuire au commerce de ses enne« mis , il interrompt quand il le veut leurs communications^ et les réduit sans peine à la -famine* »• ; ju j ^

Ayant exprimé fous mes remercimens de tant de bienfaits et de la confiance étonnante dont m’honorait le roi, jè dis au capitaine Qkro que je ferais prendre un sôin particulier de l’éducation du jeune prince , qu’ensuite je le ramènerais moi-meme , ou qu il reviendrait sur l’un des vaisseaux de mes armateurs ; mais que son retour ne pouvait guère s’opérer avant vingt-quatre ou trente lunes. A cela Okro me répondit : « Nous n’a- » vons aucune inquiétude sur son sort ; nous » desirons vivement que tu reviennes avec » une multitude de bons Français. Mais , je » t’en prie, n’amène aucun Anglais ; ils sont

Page 1