‹ Mémoires du capitaine LandolpheChapitre 3 sur 11 · J?E ÉDITEUR · texte numérisé non relu

J?E ÉDITEUR

favorable, je ne lui cachai point qu’eu le refaisant tout entier, j’avais Tespoir qu’il serait assez bien reçu des lecteurs qui recherchent l’intérêt fondé sur les évènements historiques. Le capitaine accueillit avec empressement cette idée , en me prévenant que si mes occupations ou d’autres motifs suspendaient l’effet de ses vœux, le manuscrit ne verrait point le jour de son vivant (i).

J’ai donc mis promptement la main à l’œuvre , car M. Landolphe , qui est maintenant âgé de soixante-seize ans, désirait que son ouvrage fût répandu sous

(i) Alors cet ouvrage aurait été perdu, car, outre un grand nombre de faits intéressants que l’auteur avait passés sous silence et que je fai prié d’écrire, il existe au manuscrit une foule d’omissions qu’il était impossible de réparer sans le secours de ses explications.

lo avertissement

le plus bref délai; ce qui est cause que mes feuillets ont été livrés à l'impression lun après l'autre, sans qu'il mait été ppssible d’en relire l'ensemble , avant celui des épreuves. Je suis donc en droit de sollicite! un peu d indulgence pour mon travail, puisque la précipitation sur laquelle il repose est une base que le temps

ne m a point permis de rendre plus solide.

On doit aussi considérer deux choses importantes : la première, c’est qu’il y a vingt-deux ans que le capitaine est en retraite volontaire, et qu’il n’a composé ses mémoires que depuis trois mois sans pouvoir s’appuyer d’aucune note, ainsi qu’il a a le déclarer dans un instant; la seconde, c est qu observant religieusement la foi due au texte, j’ai rnoi-mème été réduit à 1 impuissance d ordonner la filiation des

DE l’éditeur. I I

idées qui découlent de toute proposition clairement énoncée. Il m'eut fallu, pour apporter remède à cet inconvénient, avoir été , comme le capitaine Landolphe, le principal acteur de cette vaste scène, afin d'offrir une peinture plus vraie des divers sentiments que les situations plus ou moins fortes m'eussent inspirés ; car, en rendant compte des faits qu'il décrit , je ne pouvais me substituer à sa place, puisque c'eût été vouloir le plus souvent exprimer ce qu’il n'aurait point senti, et qu’entrant trop avant dans ses pensées, je m'exposais inévitablement à prêter à son langage le coloris des miennes. Mais il faut avouer aussi que ce désavantage est en partie racheté aux yeux de ceux qui préfèrent dans toutes les productions de ce genre une marche rapide aux réflexions, et qui aiment mieux découvrir soudaine-

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13 AVERTISSEMENT

ment un but que de l'entrevoir avec trop de lenteur.

On trouvera dans ces Mémoires des évènements qui sembleraient fabuleux, si Fauteur n’était reconnu pour un homme d’honneur, et si des personnages existants, non moins recommandables par leur caractère que par leurs dignités, ne pouvaient au besoin faire entrer dans la balance du doute le poids de leur autorité 5 tels sont MM. les contre-amiraux Halgan , Jurien, Victor Hugues ( i) , Fauehet (2), etc. ; l’un (3) a servi sous ses ordres, et les autres ont eu avec lui-méme des relations d’une haute importance.

{ 1 ) Ancien gouverneur de la Guiane française.

(3) Ancien ministre plénipotentiaire aux Etats-Unis d’Amérique.

(3) M. Jurien.

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