DE L’ÉDITEUR
Aucun européen (i) n ayant aussi longtemps séjourné dans les états dOwhère et du Bénin , n a su recueillir un si grand nombre d'avantages que M. Landolpbe , tant par la connaissance des productions de ces climats ? que par celle des mœurs qu il a pu étudier dans les deux langues dont il possédait assez le fond pour les parler avec aisance* C est à lui que nous devons les découvertes de M* Palisot de Beauvois, le premier des voyageurs qui eût alors pénétré si avant dans l'intérieur de l’Afrique, et cela sur la recommandation du capitaine , dont le crédit avait
(i) De tous ceux qui ont demeuré quelque temps dans ce climat , M. Landolpbe est le seul qui n’ait jamais été malade. Aussi les nègres lui disaient-ils qu il n’avait point de sang dans les veines , quoiqu’il soit naturellement très-vif.
i4 avertissement
obtenu du roi du Bénin des lettres pour les souverains des pays limitrophes. Malheureusement le fruit de tant de travaux a presque été tout enseveli sous les cendres de l’habitation de M. Landolphe, quand une scélératesse inouie dans les annales des nations y porta l'incendie.
Le capitaine, entièrement occupé du soin de rapporter avec beaucoup d’exactitude les circonstances de ses campagnes (i) , avait un peu négligé la partie essentielle des mœurs et même oublié des évènements personnels tirés des animaux
( i) On doit être assuré , par les précautions que nous avons prises ensemble pour ne rien livrer à l’erreur ,
qu’il n’y a point d’histoire plus fidèle au monde. Ce qui provoque véritablement le cri de la surprise, c’est de voir l’auteur se rappeler , depuis plus d’un demisiècle, les noms propres et même les prénoms de tant d’individus.