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DU CAPITAINE PÉRON. 59 157 fé { FA ; r ‘1 CHAPITRE IIL 1 1 | Continuation. — Banc de Saumons. — Baie des Bonsbr . Ù , Enfants. — Bons procédés des Indiens ; leurs femmes ; ù. leur adresse. — Épitaphe du capitaine Neubury. — il : Tremblement de terre. — Ile du milieu. --- Canal bordé de rochers de cent toises de hauteur. — Navigation | aventureuse. — Fin de l’ascension au nord. — Retour. — Baie de Tate-Hy. — Nouvelles visites d’Indiens. — il — Village d’'Takas. — Village de Stiet-Kis dont on a |. ‘A parlé et où l’on trouve d’autres habitants. — Observa- | ) W
tions à ce sujet. — Bonhomie et générosité d’une famille. — Cami-Cha-Ouar et Skat-Cou-Lana. — Respect des meurtriers pour la tombe de leur victime.
Avant que nous eussions jeté l'ancre, plusieurs pirogues nous avaient accostés, portant chacune deux ou trois Indiens ; leurs gestes et leurs procédés annonçaient plus de franchise et d’aménité que parmi les peuplades que nous avions rencontrées jusqu'à ce moment. Ils ac- | cueillirent avec beaucou:: de bienveillance les deux hommes que nous avions à notre bord.
Ils nous demandèrent, ainsi que les autres, de la poudre et des fusils; mais. après quelques
pourparlers, ils se contentérent, en échange de leurs pelleteries , des articles que nous avions à leur offrir.
Cette côte abonde tellement en saumons que mon canot s'engagea sur un banc de ces poissons , et que je le crus échoué. Un saumon de deux pieds de longueur nous coùtait deux aiguilles ; il en fallait quatre pour ceux de quatre pieds, et six pour les saumons plus forts. La négociation relative aux aiguilles regardait spécialement les femmes; elles s’en servaient avec assez d'adresse.
Les femmes ont le teint légèrement basané ; à cela près , elles ressemblent assez aux Européennes; leur grâce et leur gentillesse ne sont pas sans charmes; et même nos matelots ne les eussent pas regardées avec indifférence, sans le dégoût que doit inspirer leur malpropreté. L'espèce d'écuelle qu'elles portent, ainsi que les autres Indiennes , suspendue à la lèvre inférieure , effrayait les plus audacieux.
Dans l’une des pirogues était une planche servant de banquette aux Indiens; sur cette planche on avait écrit, en grosses lettres moulées . l'épitaphe suivante : « Zn memory of % » cap. N. Elias Neubury, who departed his life in
ere
»stheyear 1795, july the 10.55 yeardsadge (1). Aucun de nous n'avait entendu parler du capitaine Neubury; je m'y pris de toute manière pour obtenir des Indiens quelques éclaircissements: mes tentatives furent inutiles ; ils ne me comprenaient pas, et. à leur égard, j'étais dans le même embaïras. Il est probable que la mort de cet officier a été naturelle, puisque les gens de son équipage ont pu lui élever une tombe. La conduite des naturels avec nous, si différente de celle des autres Indiens, démontre d’ailleurs qu'ils n'ont pas de mauvaises dispositions contre les Européens. En reconnaissance de leurs bons procédés, j’appelai l'endroit de notre mouillage la baie des Bons-Enfants.
Pendant notre séjour, le flot porta régulièrement au nord et le jusant au sud, avec une rapidité de trois milles à l’heure, dans l’une et l’autre direction. Je tire de ce fait une nouvelle conjecture que ces côtes appartiennent à des îles et non au continent. et qu'il y à au nord et au sud des canaux de communication. Dans
(1) « En mémoire du capitaine Elias Neubury, qui quitta la vie le 10 juillet 1795, à l’âge de 35 ane. »
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les syzygies, la mer montait de douze pieds; elle était pleine à midi trois quarts.
Dans la journée du 6, sur les dix heures du soir, nous ressentimes très distinctement À bord le choc d’un tremblement de terre qui dura environ deux minutes ; le bâtiment éprouva des frémissements assez semblables à ceux qu'occasione la foudre lorsqu'elle éclate à peu de distance des mâts et sans causer d’avarie.
Le 12, à neuf heures du matin, nous appareillâmes avec l'intention de nous rendre à un village que les Indiens nomment Co-âke, et qui. d’après leur indication, devait nous rester au nord ; nous passâmes au vent de la grande le, qui, de notre mouillage, formait les limites de l'horizon. Je donnai à cette île le nom d'’iîle du Milieu, parcequ'elle est placée à peu près au milieu d’un bassin qui, d’après mon estime. peut avoir de trente-six à quarante milles de circonférence; l'ayant doublée sur les deux heures, nous nous portâmes au nord nord-ouest pour entrer dans la branche du nord qui est ouverte dans cette aire de vent; mais, peu après, nous découvrimes un nouvel embranchement de canal à l’ouest nord-est; nous serrâmes le vent pour en approcher dans cette direction.
se
DU CAPITAINE PÉRON. 63 et nous eümes à passer entre plusieurs ilots et rochers.
A six heures du soir, le bâtiment mouilla par treize brasses sur un fond de vase. Cette position nous plaçait à six milles de la pointe ouest de l'ile du Milieu, qui nous restait à l’est un quart sud-est ; à deux milles de la pointe sud d'ine ile assez grande qui nous restait depuis l'est jusqu'à l'ouest nord-ouest, et à un demimille des terres les plus proches, dont les extrémités étaient relevées depuis le sud sud-est jusqu'à l’ouest un quart nord-ouest Entre ces deux dernières aires de vent, c’est-à-dire à l’ouest un quart nord-ouest 5° nord, était ouvert un canal long et étroit dont l'embouchure occidentale semblait arriver à la mer; nous étions à douze milles de la baie des Bons-Enfants, qui nous restait au sud-est.
Le 15, au jour, j'allai reconnaître le canal, qui nous restait à l'ouest un quart nord-ouest 5° nord. et j'y pénétrai fort avant : il est obstrue partout d’une infinité d’îlots et de rochers découverts entre lesquels la mer a constamment de treize à vingt-quatre brasses de profondeur. Les côtes trés resserrées qui bordent ce petit bras de mer sont formées de rochers
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