‹ Mémoires du capitaine Péron sur ses voyages [microforme] : (volume 2)Chapitre 13 sur 50 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

DU GAPITAINE PÉRON. 89 la terre depuis le nord nord-est jusqu'au nordest, éloignée d'environ douze milles; nous étions par le travers d'une ouverture ou canal assez considérable, situé au nord du cap Scott, qui se prolongeait dans l’est. À huit heures, nous prîmes la bordée du sud-est, laquelle nous ramena, sur les dix heures, assez près des deux rochers dont j'ai parlé plus haut, et nous revirâmes à l’ouest nord-ouest. À midi, j'observai &1° 13’ de latitude et 231° 40° de longitude ; route corrigée, sud-est un quart est 3° est, chemin quarante-cinq milles.

Le 15, à neuf heures, le temps s'étant éclairci, on força de voiles, afin de doubler avant la nuit la plus ouest des iles Scott, qui se montrait dans le sud-est un quart est, à environ quinze ou dix-huit milles de distance. À midi, la route corrigée des vingt-quatre heures nous valut l’ouest sud-ouest 1° sud; distance parcourue, trente-trois milles ; latitude observée. 51°, et longitude 230° 54’. Dans le même instant, l’île relevée à neuf heures me restait au sud-est 5° sud, environ douze milles de distance, ce qui, conformément à mes premières observations, en montant au nord, la place par 50° 48" 30” de latitude.

À six heures, l’île la plus ouest de celles de Scott nous restait au nord-est un quart no'd, cinq à six milles de distance, et la plus est, à l'est nord-est, vingt-quatre à trente milles de distance. Nous continuâmes la route au sudest un quart est, jusqu’au coucher du soleil. La plus ouest des îles Scott nous restait alors au nord nord-ouest, dix milles de distance.

Le 16, nous revimes cette île dans le nordouest un quart ouest. quinze à dix-huit milles, et les terres les plus sud, à l’est un quart sud-est, à trente ou trente-cinq milles de distance. À midi , l’île nous apparut encore dans le même rhumb, mais à trente milles. La latitude observée se trouvait alors être de 50° 31’ et la longitude de 251° 45’; notre éloignement des plus proches terres n'était plus que de deux milles. Le 17, à midi, le temps étant devenu mauvais depuis la veille, nous ne pûmes avoir de hauteur; l'estime, d’après la route corrigée de vingtquatre heures, me donnait 50° 11’ de latitude et 229° 27’ de longitude. Le 18, ayant l’espérance d’un meilleur temps, nous fîmes route à l'est un quart sud-est, pour nous rapprocher de la côte. La route sud sud-est 2° est, et dixneuf milles de chemin parcourus dans Îles

DU CAPITAINE PÉRON. 91 vingt-quatre heures, me donnèrent 49° 55’ de latitude et 230° 39’ de longitude, à vingt lieues des terres situées sous ce parallèle.

Le 19, à huit heures, la terre se montra dans l’est nord-est , trente-six à quarante milles de distance. À midi, j’observai 49° 25’ de latitude, et, d’après la route est sud-est 5° sud, soixante-douze milles de distance, la longitude était de 232° 16’ de Greenwich. L'ouverture d’une baie, que je crois être celle d'Hyaticelle, nous restait au nord nord-est, trentesix milles de distance : on serra le vent pour en approcher. A six heures, elle nous restait au nord un quart nord-est, dix-huit milles de distance. Le 20, à deux heures, nous reprimes la route de la terre, qui se représenta devant nous au jour. À midi, j'observai 49° 41” de latitude nord, ce qui, avec la route corrigée, le nord-est et les vingt-trois milles de chemin que nous avions parcourus dans les vingt-quatre heures, me donna 252° 40’ de longitude. La pointe nord de la baie d’Hyaticelle nous restait au nord nord-est, neuf milles de distance. À deux heures, nous aperçûmes à l'ouverture de cette baie une pirogue dont la direction paraissait être sur Nootka.

Un calme plat nous surprit à six heures, et dura toute la nuit; le silence qui régnait autour de nous ne fut parfois interrompu que par les baleines qui, en troupes nombreuses, jouaient autour du navire, et battaient la mer de leurs énormes queues. Notre présence ne leur causa pas d’effroi ; elles s’approchèrent si près des flancs du vaisseau , que l’eau qui s’échappait de leurs évents retombait en pluie sur le pont. Il est possible que la pêche des baleines soit plus fructueuse et offre moins de dangers dans ces parages que dans ceux du Groënland et du Spitzberg, où l'espèce devient rare et d’un accès difficile.

Le22,aujour,le courantnous avait portés environ à quatre milles au nord-ouest; la latitude estimée me donna 49° 45’, et la longitude 232° 52’; la partie ouest de la Pointe-Boisée me restait alors au nord-ouest un quart ouest 6° ouest, à vingt-quatre milles ; les terres les plus sud, à l’est sud-est, à quarante-cinq milles, et la pointe ouest de Nootka, à l'est un quart nord-est, à vingt-quatre milles de distance ;les plus proches terres, à quinze milles. Le 25, nous revirâmes vers la terre ; à midi, je trouvai 49° 44° de latitude et 252° 50° de longitude ; l'entrée d'Hva-

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nord-est, et nous étions à six milles des terres les plus proche. Le 2/4, à midi, j'observai 49° 42’ de latitude et 232° 50’ de longitude ; la baie d'Hyaticelle nous restait au nord, dix à douze \ { milles de distance. Le 25, à six heures du matin, la Pointe-Boisée nous restait au nordouest, dix-huit milles de distance ; les terres les plus sud se montraient à l’est sud-est. À midi, après avoir couru diverses bordées, j'observai | 49° 47’ de latitude et 232° 40’ de longitude ; \f dans lc même temps, la Pointe-Boisée, seul | 4 objet qui fût en vue, se montrait au nord- | 4 ouest, à quinze ou dix-huit milles de distance.

La route fut continuée à l'est sud-est, pro-

(4 ticelle, parsemée de petites îles, me restait au | jf) \ {

longeant la côte à neuf ou douze milles, sans en avoir connaissance. Notre intention était de visiter de nouveau l’anse des Amis. Le 26, LL: à une heure du matin, nous revirâmes au nord nord-est pour nous rapprocher de la terre; à

sept heures, nous n'en étions qu’à six milles : nous laissâmes arriver à l'est, et est un quart sud-est, direction de la côte. Au sud de la pointe ouest du Sound de Nootka, la mer était couverte de pelisses d'algues. Nous serrâmes cette pointe le plus près possible, afin d’attra-

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per l'entrée du détroit, sur ce même bord. Nous continuâmes d'avancer à travers ces plantes marines : elles se trouvent ordinairement audessus des rochers, mais leurs racines y sont implantées à de grandes profondeurs. Nous eûmes la précaution de laisser entre nous et la côte un intervalle de deux milles; mais, parvenus au milieu de ces pelisses, nous éprouvâmes une houle plus précipitée, et peu après nous observâmes qu’à terre et au large, à quelque distance de nous, la mer déferlait légèrement, ce qui nous donna lieu de penser qu’il y avait des rochers cachés sous l’eau, et à une très petite profondeur. Il nous fallut cependant avancer jusqu'à ce que nous eussions doublé le rocher qui nous restait au large : parvenus à son travers, nous gouvernâmes sur stribord, ce qui réussit à nous retirer du milieu de cette foule d’écueils dont le fond est parsemé. Nous rapprochämes ensuite la côte ouest du Sound; à midi, nous étions à un mille au sud de la pointe de l’anse des Amis. Une bonne observation me donna 49° 54! de latitude, et 253° 20/ de longitude. Nous laissâmes tomber l'ancre dans l’intérieur du havre par dix brasses, foud de vase molle.

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Nous avions besoin de séjourner dans cette

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es 1 baie ; l'équipage demandait un peu de repos, u- | et le bâtiment était en position de réparer ses nt A avaries. Depuis plus d’un an qu'il tenait la us mer, les voiles et les gréements avaient beau- \ et | coup souffert ; une doublure de six pouces d’é- 11 is , paisseur s'était attachée au fond, ce qui retar- \ À Ju- À dait la marche et génait les évolutions. À cette || 4 r'ès occasion, je fais observer qu'il y a de l’impru- l' | à dence à entreprendre un voyage de long cours, | lé- tel que celui de la mer du Sud, autrement | 1 ser qu'avec des bâtiments doublés en cuivre : | 4 et les avantages qu'on retire de ce mode com- | | Aut | pensent la faible dépense qu'on est obligé de \ us- | faire, et n’y eùt-il que celui de la célérité, ni. au | il est plus que suffisant pour indemniser les er- armateurs.

re- Les naturels nous accueillirent très bien ;

t le mais ils n'avaient plus de pelleteries. Ils s’ocaite cupaient exclusivement de leurs provisions de

ons la mauvaise saison ; tous les jours ils faisaient

des devant nous une pêche très abondante: aucune

49° ; offre ne put les déterminer à nous céder une par-

ous tie des poissons qu'ils rapportaient; il nous fut

du : doncimpossible detraiter aucune affaire, ni pour

nos approvisionnements, ni pour nos échanges.

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Il n’y avait dans le village qu'un petit nombre de huttes qui fussent habitées ; la plupart des Indiens s'étaient retirés au village de Tohsheys, situé à sept ou huit lieues en dedans du bras du Sound, qui s'étend à l’ouest, et qui doit se joindre à la mer par le petit golfe d’Hyaticelle.

Makouina, ce chef indien dont j'ai eu l'occasion de parler, le même qui nous vendit un enfant au lieu de le manger à son souper, vint à notre bord ; nous le reçûmes comme un ancien ami: on lui fit présent de deux brasses de drap bleu, ce dont il fut très flatté. Makouina était accompagné d’un matelot anglais que le capitaine Barba, commandant du brick l’Arthur, dont j'avais fait la connaissance au port Jackson, avait laissé sur cette côte : cet homme nous dit qu'effrayé de la longueur et des difficultés du voyage, il avait, de son plein gré, quitté son bâtiment. Malgré ces explications assez vagues , il fut recu à bord : il nous apprit qu'un bâtiment que nous avions vu dans le golfe de Mirze, et que M. Dorr s'était obstiné à éviter, était le Sic-Otter; que, dans une partie de chasse, le capitaine et le subrécargue avaient été assassinés , vers le milieu de juillet, par les Indiens de Cami-Cha-Ouar.

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