‹ Mémoires du capitaine Péron sur ses voyages [microforme] : (volume 2)Chapitre 29 sur 50 · MES · texte numérisé non relu

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ploits; celui-là seul recevra l'hommage de mes pleurs, qui a consacré son existence à Ja mis-

Lorsqu'il va à bord d’un bâtiment, il est escorté par plusieurs chefs et hikanis , dont l’un porte un crachoir en grande cérémonie : les fonctions de celui-ci sont considérées comme très honorables. Le cortége se compose en outre d’un porte-épée, d'un peloton armé de fusils, et d’un certain nombre d'hommes portant des touffes de plumes pour chasser les mouches, ou des éventails pour rafraîchir l'air.

» Les vieux habits du roi et ses évacuations de toute espèce sont soigneusement jetés à la mer. Tamaahmaah est persundé que quiconque en posséderait la plus petite partie, aurait le pouvoir de le faire mourir par des prières.

» Lorsqu'un chef vient à mourir, on défend aux indigènes de quitter le rivage. Ils paraissent tous en proie au plus violent chagrin ; ils errentçäct là, dans un état de nudité presque complet, poussant des cris lamentables, se coupant les cheveux , se brisant les dents, et se faisant des brûlures sur ie corps avec de l'écorce d’arbre enflammée.

» Les prêtres s’assemblent dans la maison du défunt et tracent à l’entour une vaste enceinte, en fichant en terre des baguettes à l’extrémité desquelles sont fixés de petits pavillons blancs. Ils allument ensuite un grand feu et y jettent le cœur du défunt, priant avec ferveur pendant qu'il brûle. Ils en réunissent ensuite les cendres dans une calebasse qu’ils suspendent à une perche,

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et le recouvrent d’un magnifique tissu de plumes. Alors deux hikanis prennent la perche sur leurs épaules , et courent vers la mer , en criant de toutes leurs forces : Noho ! noho ! prosternez-vous. Les indigènes devant qui ils passent s’étendent par terre et se dépouillent de leurs vêtements. Les hikanis s’avancent dans la mer jusqu’à la ceinture, et jettent les cendres contenues dans la calebasse. On répète les mêmes cérémonies pour les entrailles et pour le foie du défunt.

» Au coucher du soleil, tous les travaux sont suspendus : un homme parcourt le village, en criant que quiconque, après huit heures, sortirait de sa maison , y conserverait du feu ou de la lumière, ou y fumerait la pipe , serait puni de mort. On défend même de laisser sortir ni chien, ni cochon , ni volaille, afin d'éviter toute espèce de bruit.

» Au lever du soleil, les prêtres livrent aux flammes le corps, après en avoir ôté les os, et ils en font jeter les cendres dans la mer. Ils nettoient ensuite soigneusement les os etles rassemblent. Quelques heures après, le taboo ou l'interdiction est levée. Quant aux Indiens des autres classes , on les enterre tout simplement. Lorsque les chairs sont détruites par la putréfaction , les parents exhument les os, les nettoient avec soin , les enveloppent d’un: étoffe, et les mettent dans des

calebasses ou gourdes qu’ils suspendent dans leurs maisons. »

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