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cllesunedifférence de neuf milles en longitude, le méridien de l'ile d’Agrigan étant, de cette distance, plus à l’est que celui de l’Assomption.
L'île d'Agrigan , de quelque point qu'on la découvre, se présente sous une forme ronde. À quatre licues de distance, elle paraît avoir autant d'élévation que d’étendue ; mais à mesure qu'on en approche, sa base semble s'étendre et sa hauteur diminuer. La partie qui fait face aux vents d'est présente l'apparence de la sécheresse et de la stérilité; de profonds ravins, qu'ont creusé des torrents, tracent sur sa surface de hideux sillons d’où s’échappent et s’élèvent dans les airs des squelettes de rochers, durs comme le granit, et aussi anciens que le monde. Cette île a très peu d’étendue; elle a tout au plus six milles de circonférence; l’accès en est facile, même pendant la nuit. Agrigan n’a point d'habitants; c’est une retraite sûre et commode que la nature a dévolue aux oiseaux et aux monstres amphibies.
J'ai cru pouvoir établir, pour le centre de cette île, 19° 42/ 30” de latitude, et 146° 44’ 30” de longitude ; et pour celle de l’Assomption, 20° 2! de latitude, et 146° 36’ de longitude.
À midi, l'ile de l’Assomption nous parut
formée de trois mondrains peu élevés, que des terres plus basses lient entre eux. La végétation n’y est pas plus heureuse que dans l’île d'Agrigan.
Lorsque le navire eut quitté le vent de ces iles, la violence des flots fut accrue par une lame creuse, que nous n'avions pas ressentie jusqu'alors, et qui provient peut-être d’un fort courant portant à l'est, dans une direction contraire au vent qui souffle régulièrement de ce point.
Le 30, à midi, latitude 19° 18’, longitude 143° 16". Le 31, à midi, latitude 18° 59’, et longitude 140° 36’. Le 1° février, à la même heure, latitude 19° 18’, longitude 159° 25’.
Le 2, parestime , 19° 26’, longitude 138° 14. Le 3, latitude, à midi, 19° 10’, longitude 134 57. Le 4, à midi, latitude 18° 56, { longitude 131° 36’. Le 5 , latitude 19° 17, LR longitude, 127° 53’. Le 6, latitude, 19° 47’,
14 longitude 124° 42’. Le 7, à six heures, nous J: étions en vue de deux des îles Bascher , dont | l’une restait à l’ouest; à midi, latitude 20° 32/, longitude 122° 12’; alors l’une de ces iles nous restait à l’ouest sud-ouest, trois lieues de distance, et l’autre au nord-ouest.
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L'aspect de ces îles est le même que celui des îles Mariannes : elles nous parurent très arides, aucun indice ne nous fit croire qu'elles fussent habitées.
Peu detemps après, nous eûmes connaissance de plusieurs autres îles plates, au sud de la première, et au nord-ouest de la dernière, qui est environnée de rochers , et dont la côte paraît inabordable. A deux heures, nous trouvant à peu près à moitié canal des îles Montmouth et Graffeting, nous relevionsla première au sud, et la deuxièrne au nord, à trois milles de distance de l'une et de l’autre. Au coucher du soleil, l’île de Montmouth nous restait au sud-est, et celle de Graffeting, à l'est sud-est, quatre lieues de distance ; au même moment, nous avions en vue, au nordde Graffeting, deux petites iles, l'une au nord nord-est, et l’autre au nord-est. De toutes celles qu'il nous fut possible de signaler, l'ile de Graffeting nous parut la plus basse.
On continua la route au nord-ouest un quart ouest. Le 8, au jour, nous eùmes enfin connaissance de l'ile Formose (1),qui nous restait
(1) Formose ou Taïouan , ile de la mer de la Chine, séparée de la province de Fo-Kien par un détroit qui
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depuis le nord nord-est jusqu’au nord-est un quart est, à dix ou douze lieues de distance; à midi, la latitude observée était de 21° 44'; etla longitude, 119° 52’. Le 9, le ciel couvert me força de noter par estime 22° 10’ de latitude et 117° 18’ de longitude.
Dés le matin, nous aperçcûmes une différence marquée dans la couleur des eaux de la mer, ce qui indiquait peu de profondeur. La sonde rapporta par trente-quatre brasses un fond de sable gris; et pendant le reste de la journée, à peu près la même profondeur. Plusieurspièces de bois et quelques couleuvres passèrent le long du navire. Le 10, au jour, nous vimes autour de nous une foule de bateaux pêcheurs chinois sous voiles, et manœuvrant dans
a vingt-cinq lieues dans sa partie la plus resserrée. La longueur de cette île est de près de cent lieues sur vingtcinq de large. C’est un des plus beaux pays du monde; de là le nom de Formosa, qui lui a été donné par les Européens. La pointe méridionale de Formose est située sous le 22° 5’ de latitude nord , et sous le 118° 45’ de longitude est ; la pointe septentrionale sous le 25° deg. 18’ de latitude nord , ct sous le 119° deg. 40’ de longitude est.
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toutes les directions ; ils traînaient sur le fond des filets d’une énorme dimension.
Aseptheures, nous découvrimes l’île de Pedro- Blancas, dite de la Pierre-Blanche, quinous restait au nord, à cinq lieues de distance. À huit heures, nous reconnûmes deux montagnes du continent dans le nord-ouest; à neuf heures, la grande Lamma se montra devant nous, depuis l’ouest un quart nord-ouest jusqu’à l’ouest, 5°sud.
A midi, j'observai 21° 56’ de latitude ; la pointe la plus nord de cette île nous restait à l’ouest un quart nord-ouest , six à sept lieues de distance; notre longitude était alors de 114° 5o/. Les eaux de la mer étaient extrêmement bourbeuses.
Le 11 , au jour , nous laissâmes arriver pour passer au vent de l'ile , qui pour lors nous restait à l’ouest. À huit heures , nous la relevions au sud, à trois milles de distance, et celle du Rat à l’ouest. À dix heures, nous étions au nord de celle-ci, et à onze heures , au nord de celle de Catto. Enfin, à midi, l’île de Macao se montra vers l’ouest, et en même temps le Typa, depuis l’ouest un quart sud-ouest jusqu’à l'ouest sud-ouest : la sonde à la main, nous ne
trouvâmes jamais moins de cinq brasses d’eau dans cette passe. À midi et demi, nous avions la vue du fort de Monte-Carmelo, et, à deux heures, d’une grande partie de la ville de Macao, qui nous restait à l’ouest un quart nordouest, à quatre lieues de distance. À quatre heures, nous mouillâmes dans le Typa par trois brasses, sur un fond de vase molle , de couleur jaunâtre, après quatre-vingt douze jours de navigation à travers le Grand-Océan, dont vingthuit avaient été employés à visiter le groupe des îles Sandwich. Le 15, nous nous rapprochâmes de Macao, gouvernant à l’ouest. A dix heures, le vaisseau échoua sur un banc de vase molle ; cet accident n’eut aucune suite fâcheuse. À onze heures et demie, nous mouillâmes par trois brasses.
L'ile de Macao , dans la baie de Quang-Tong, n’est séparée du continent que par un petit détroit; elle est située à l'embouchure du Tigre, par 22° 12’ de latitude, et 113° 34/ de longitude orientale de Greenwich. Deux forts placés sur des hauteurs dominent à la fois la terre et la mer. D’autres forts intermédiaires, bien armés, sont disposés autour de la ville ; ils ne s’élèvent que de quelques pieds au-dessus du ni-
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veau de la mer. Le plus considérable de ceux-ci est le fort del porto de San Pedro , qui défend l'entrée du port ; il est armé d’une double batterie. Le port n’est ni large ni profond : un bâtiment ne peut y pénétrer sans essuyer le feu du fort ; il est bien abrité et d’une bonne tenue. Macao est moins fréquenté qu’autrefois ; au moment de notre mouillage , il ne s’y trouvait que trente navires, la plupart anglais ou américains, et quelques uns portugais, depuis cent cinquante jusqu’à trois cents tonneaux, employés, les uns au commerce des pelleteries dans le nord-ouest de l’Amérique, aux diverses branches du commerce de l’Europe avec la Chine, les autres, au cabotage avec Goa, Manille et d'autres ports de l'Inde, qui ont avec Macao des relations suivies. Le peu de profondeur de l’eau ne permet pas aux grands bâtiments d'entrer dans le port : ils s'arrêtent dans la rade nommée Typa, où ils sont exposés à tous les vents ; mais comme il y a peu d’eau et que le fond est entièrement vaseux, quoique d’une bonne tenue, les vaisseaux y sont en sûreté. | Cette ville , célèbre dans les annales portu-
gaises, estdéchue de son antique splendeur (1); elle est redevable du peu d'éclat et de prospérité qui lui reste, aux autres nations de l’Europe , qui, après s'être emparées du commerce
(1) Macao, île de la Chine, est située dans la baie de Quan-Tong, et séparée du continent par un petit détroit. Elle renferme une ville du même nom bâtie par les Portugais , qui obtinrent cette faveur extraordinaire pour avoir battu et dispersé des pirates qui assiégeaient la ville de Quan-Tong. La ville de Macao est très forte, mais le territoire qui en dépend n’a guère plus d’une lieue de long sur un quart de large. Un mur forme la ligne de démarcation, et il n’est permis ni aux Portugais, ni aux autres Européens qui résident à Macao, de passer au-delà.
Autant le commerce extérieur est restreint en Chine, autant le commerce intérieur y est bien entendu. Ses exportations en 1811 ne se sont élevées qu’à vingtquatre millions de francs, et les importations à quatre vingt-dix millions.
Ce grand empire ne se soutient que par la force d’une extrême uniformité en toute chose, produite par une suite de minutieuses pratiques, contraires à la nature; les avantages ou les préjudices qui pourraient résulter de rapports illimités avec les nations étrangères seraient contraires à la stabilité d’un pareil système , et doivent être par conséquent un motifcontinuelde crainte pour le gouvernement. ( Dictionnaire géographique. )
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Plusieurs négociants ont élevé à grands frais, non loin de la ville, des maisons de plaisance où la nature a été forcée par la main de l'homme de déployer sa plus riche parure.
C’est dans l’une d'elles que Camoens , exilé de Goa ;’a composé sa Lusiade. Cette maison appartient à M. Drummond , qui n’a rienépargné
pour embellir un lieu jusque là stérile. Elle est située sur une hauteur, d'où l’on plane sur un immense horizon. La grotte où travailla le poëte a été conservée en entier: c’est le sanctuaire de la divinité; les accessoires, les emblèmes et les constructions diverses, tout concourt à rappeler un homme justement célèbre, et à environner sa mémoire d’un hommage tout à la fois solennel et mystérieux.
À Macao, j'ai connu un respectable ecclésiastique, M. Letondal : la reconnaissance me fait un devoir de placer ici son nom ; les services qu'il m’a rendus lui méritent bien ce souvenir de ma part. Dans les divers entretiens que j'eus avec lui, il m’apprit que la religion catholique avait fait de grands progrès dans l'empire de la Chine , et surtout à Pékin et à Quang-tong. À Macao, il n’y a plus qu'un petit nombre d'’idolâtres, qui même diminue tous les jours. M. Letondal me fit promettre d'assister à la messe que devait célébrer un prêtre chinois ; il voulut, en attendant, me conduire à la demeure de cet ecclésiastique.
Après avoir traversé plusieurs corridors et vestibules, dont la distribution rappelle nos grands monastères d'Europe, un bel escalier
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se présenta devant nous ; au haut de l'escalier, d’autres corridors non moins vastes s’offrirent à nos yeux, et enfin une chambre spacieuse et richement meublée. Un homme revêtu du costume chinois le plus élégant, était agenouillé devant un prie-dieu; notre arrivée ne le dérangea pas; il resta pendant un quart d'heure comme enseveli dans ses méditations.
Lorsqu'il eut terminé sa prière, il s’avança vers nous ; il mit une main dans l’autre, les secoua ensemble , et s’inclinant respectueusement, il nous dit : Ching ching ! ce qui est une parole de politesse à la Chine. Une longue touffe de cheveux retombant du milieu de sa tête, les ongles d’une longueur démesurée, ia grande pipe , les deux sacs suspendus à droite et à gauche de la ceinture, le chapeau rouge en forme d’entonnoir renversé, et garni par derrière d’une queue de cheval, me persuadèrent que j'avais affaire à un véritable chinois. Ce Chinois n’était autre qu’un Français, et à son teint, à ses traits, je n’eusse pas dû m'y tromper; il se nommait Soupiron, et était né à Paris; il avait quitté la France en 1995. Une vocation spéciale l'avait appelé aux missions étrangères. Arrivé depuis trois ans à
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