CHAPITRE XI
Boston. — Rues.— Places publiques. — Jardins. — Port. — Colonels négociants. — Empressement de chacun vers la fortune. — Assurances diverses. — Serpents à sonnettes. — Charleston. — Cambridge. — Ingham; ses belles forêts.—Chinche ou Puant.—Contraste entre le caractère des habitants d’Ingham et celui des habitants des villes maritimes. — Procès. — Heureux effet de linstititution du jury.
Boston est situé dans une presqu'île qui ne tient au continent que par une langue de terre de quelques toises de longueur. Les premiers
fondements furent jetés en 1631. Les maisons, d’abord en petit nombre, se sont successivement accrues ; on en compte aujourd’hui près de trois mille , toutes jolies et bien distribuées. Les accidents du terrain et l'élégance des jardins, qui sont presque aussi nombreux que les maisons, donnent à cette ville un aspect gracieux et varié. Les rues et les places publiques sont très larges. Le pourtour de la presqu’ile , de forme à peu près circulaire. et d'environ
trois milles de diamètre, est presque entièrcmesse | ment revêtu de quais ou môles qui s’avancent à une certaine distance dans la mer. Le plus considérable est celui de Long- Worf, qui à mille toises de longueur. Sa largeur est assez considérable pour qu’on ait pu construire dans
a. le milieu, et sur toute la longueur, un rang de pents à magasins vis-à-vis desquels les bâtiments peuagham ; l vent amarrer sur les deux côtés. Il s’y trouve e:enure habituellement une double et quelquefois une : mr triple ligne de vaisseaux marchands de toute id grandeur. Le chargement de ceux-ci, le déchargement de ceux-là, l’arrivée et le dégréequi ne ment des uns, le gréement et le départ des aue terre | tres, offrent un tableau animé dont peu de emiers | villes de commerce donnent l’idée. La ville isons , de Boston, ce lieu naguère désert et inconnu ssive- à l’ancien monde , prétend à de brillantes 1 près destinées; elle sera un jour la rivale de nos buées. plus belles capitales.
es jar- Le port de Boston est spacieux ; il pourrait ue les contenir à l’ancre toutes les marines militaires t gra- de l’Europe. Sa forme circulaire comprend un liques espace de sept à huit milles, tant en longueur u’ile , qu’en largeur, parsemé de rochers et d'ilots. Les
viron ilots sont habités. très bien cultivés. et d’une
étonnante fertilité. Les plus remarquables sont ceux de Castle et de Governor, éloignés l’un de l’autre d'environ cinq cents toises. Le premier est défendu par le fort William, qui est armé de cent pièces de canon du plus gros calibre. Ce fort commande le canal entre les deux îlots; un bâtiment qui tenterait d'entrer de vive force dans le port serait foudroyé.
L'entrée du port est très sûre, mais si étroite, que trois vaisseaux seraient gênés dans la passe que forment deux pointes extrêmement rapprochées, et sur l’une desquelles on a élevé un très beau phare.
L'une des extrémités du môle Long-Worf, qui touche à la ville, termine. dans toute sa largeur, une rue formée par deux rangs de très jolies maisons de trois ou quatre étages. À l'extrémité de cette rue se trouve l'hôtel de ville, très grand et bel édifice, et, au même lieu, la bourse, la chambre du conseil, celle des assemblées générales, et toutes les cours de justice. Les banques dites de Massachusset et de l’Union, toutes deux reconnues et adoptées par le gouvernement, sont aussi dans la même rue.
Les habitants de Boston sont doués du génic du commerce. Ils exercent tous un genre d'in-
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dustrie : un général, un colonel et les officiers des différents grades sont en même temps propriétaires de magasins, négociants ou fabricants. Ils savent que la patrie ne donne des armes aux citoyens qu’à de certaines conditions; que leur devoir est de protéger la liberté, de défendre les intérêts de la grande famille dont ils sont membres. Il est d’autres pays où des individus, n'ayant ni patrie ni intérêts propres, sont armés par des maîtres, et combattent comme des esclaves: c’est à ces mercenaires que des bouches impies prêchent l'obéissance passive. On ne connaît aux États-Unis que l’obéissance à la lois et cette loi est claire, positive ; il n’y a point [à d'agents salariés tout exprès pour la commenter et la faire mentir.
L'esprit de commerce est, à Boston, comme l'air que l’on y respire; chacun en a sa part. Les hommes de loi eux-mêmes ont unc industrie qui ne laisse pas que d’être productive. Quelle que soit la profession que l’on exerce, chacun marche à grands pas vers la fortune; les brillantes opérations ne sont pas plus rares au barreau qu’à la bourse.
Boston renferme un grand nombre de sociétés, dont le but n’est pas moins utile que res-
re | et
pectable, et dans ce nombre je place la compagnie d'assurances maritimes, celle contre les incendies, la société maritime, celle des arts mécaniques , une chambre maritime à l'instar de celle de Port-Land, une de commerce, etc. ; indépendamment des tribunaux ordinaires, il y à plusieurs justices de paix.
C’est dans cette ville que j'ai vu pour la premiere fois un serpent à sonnettes. Il était renfermé dans une boîte carrée, d’à peu près quatre pieds de largeur sur un de hauteur, et recouverte d’untreillage en fer. Son maître introduisit dans la cage un petit oiseau vivant ;àson aspect, le serpent redressa subitement sa queue, et lui communiqua un mouvement si vif que toutes les boules qui la terminent, frappant l’une sur l’autre, firent un bruit assez semblable à celui des castagnettes. L'oiseau, les yeux fixés sur son terrible ennemi, ouvrit et agita ses ailes, puis s’avança vers lui jusqu’à la distance de six pouces. Le serpent déploya sa large gueule:
l'oiseau sembla s’y précipiter de lui - même, et fut englouti en un instant (1).
(1) Boston, capitale de Massachusset , a l'apparence d’une ville anglaise. La plupart des rues sont irrégulières,
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DU CAPITAINE PÉRON. 279 La petite ville de Charleston n'est séparée de Boston que par un pont de bois jeté sur
sauf quatre ou cinq qui sont alignées. Le long quai, qui se prolonge d'environ dix-sept cents pieds du côté du port , est ce qu'il y a de plus beau dans ce genre en Amérique ; il est bâti sur une langue de terre et est double, de sorte que les navires peuvent y aborder des deux côtés; il y a au milieu une double rangée de beaux magasins en brique, à quatre et cinq étages : la plupart des maisons en ont deux ou trois ; plusieurs ont des toits en terrasse.
Boston communique , par le moyen de deux ponts, avec Cambridge et Charleston; celui qui la réunit à Charleston a quinze cents pieds de long.
La ville s’embellit et s'enrichit annuellement , mais la population , évaluée à quarante mille âmes, ne s’accroît pas sensiblement ; l’excédant émigre vers l’ouest. Il y a trente églises de différentes communions, dont plusieurs ont des tours et des clochers. Les édifices publics sont beaux.
La plus grande égalité règne dans les états du nord, où il n’existe ni classes inférieures ni paysans. C’est cependant là que le parti fédéraliste, celui qui voudraitcentraliser davantage le pouvoir, a les partisans les plus nombreux. On peut regarder Boston comme le chef-lieu du fédér:'issne en politique et du socinianisme en religion.
On compte à Boston trente distilleries , deux brasseries, huit raffineries de sucre , et onze corderies,
Les établissements pour l'instruction y sont nom-
il. 18
la rivière Charles ; elle peut être considérée comme un de ses faubourgs {1). Ilen est de même de celle de Cambridge, bien qu'elle soit située à environ trois milles de distance, et également séparée de Boston par la rivière Charles, que l’on passe sur un pont de mille toises de longueur.
C’est à Cambridge que se trouve la célèbre université d'Harvard , ainsi appelée du nom de son fondateur. Des professeurs distingués en-
breux. On trouve à l’Athénée une bibliothèque publique de dix-huit mille volumes, Il y existe des sociétés pour les arts, l’agriculture , la littérature et les sciences , pour la propagation de la Bible , des missions, etc. Il y a sept écoles publiques pour les enfants des citoyens. Cette ville a donné le jour à Benjamin Franklin ; ce n'est pas là son moindre titre de gloire.
Le séjour de Boston est très sain; c’est la seule ville où le beau sexe conserve ces couleurs animées qui forment un de ses plus grands attraits.
Les amusements, le luxe des équipages , la milice, les voitures, sont à peu près sur le même pied qu’à New- York. Les provisions, quoique abondantes, y sont d'environ quinze pour cent plus chères que dans cette dernitre ville. ( Foyage de Palner en 1806. )
(1) Charleston renferme dans son enceinte le co-
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seignent les langues hébraïque, grecque, latine et anglaise; la logique, la physique, les mathématiques, l'astronomie, la chimie , la médecine, l’histoire naturelle, l'anatomie, la chirurgie, le droit, etc. Cette université possède une bibliothèque de plus de quinze mille volumes ; elle est régie par un conseil d'administration, dont font partie le gouverneur, le lieutenant gouverneur, le consul, le sénat, et les ministres de toutes les congrégations des
teau de Bunkers-Hill, le premier champ de bataille de la guerre de l'indépendance ; on n’y a point bâti de maisons. Au milieu des retranchements, dont quelques parties subsistent encore, est un monument sur lequel on lit les inscriptions suivantes :
« À la mémoire du major- général Joseph Waves et de » ses braves frères d'armes, tués dans ce lieu mémorable le 17 juin 1975.»
« Nul n’est digne de jouir de la liberté, s’il ne sait » l’apprécier. »
« En vain nous travaillons, en vain nous combattons, ven vain nous voyons notre sang couler, si vous , à nos enfants, manquez du courage nécessaire pour repous- »ser l'invasion de nos ennemis. »
« Charleston, fondé en 1628, brûlé en 197975, re- »bâti en 1976. »
villes de Boston , Charleston , Cambridge , Water-Town, Roxbury, et Dorchester ; un secrétaire est attaché à ce conseil (1).
La population de la ville de Cambridge est de deux mille cinq cents habitants; elle compte, ainsi que Charleston, à peu près trois cents maisons.
Quelques affaires m'ayant appelé à Ingham, petite ville située à vingt milles dans les terres, j'y is un assez long séjour.
Ingham est dans une position agréable et saine : des jardins, des prairies et des champs, arrosés par plusieurs ruisseaux , l'environnent de tous côtés ; des forêts magnifiques bornent son horizon. Cette ville compte trois cent trente maisons, et deux mille cent habitants ; elle se trouve sur la grande route de Plymouth et du cap Cod.
La campagne offre les sites les plus pittoresques et les plus variés. Je ne pouvais contempler, sans une sorte de respect religieux .
(1) Les étudiants ne sont admis à cette université qu'après un sévère examen. Le bâtiment qui leur est destiné contient deux cent cinquante appartements, où sont aussi logés les professeurs : les élèves assistent à deux classes par jour.
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DU CAPITAINE PÉRON. 277 ces arbres aussi vieux que le temps, qui s’élèvent avec majesté dans les airs, des hètres, des romeaux, des chènes verts, blancs et noirs, dignes rivaux de ceux dont est couverte la côte nord-ouest de l'Amérique. Les bois sont peuplés d’une foule d'oiseaux de diverses couleurs ; mais il ne s'y trouve aucun grand quadrupède; le seulqu'on rencontre assez fréquemment, c'est le chinche ou puant, Je le pris d’abord pour un chat sauvage ; ilen a la taille, la longueur et le poil: une odeur infecte annonce toujours son approche ; une circonstance assez bizarre me prouva que ce n’est pas un ennemi à dédaigner.
M. Page , mon compagnon ordinaire de promenade , m'avait laissé à mon logement et s'était écarté dans la forêt. Il rentra tout à coup, ouvrit la porte avec précipitation , et la referma sur lui, en s'écriant : « de crois que »cette maudite bête me poursuit. » En même temps une odeur fétide se répandit dans l’appartement. Le pauvre M. Page , un peu revenu de son effroi , nous raconta qu'il avait aperçu un de ces petits quadrupèdes , et qu'avec sa canne il était parvenu à l'arrêter. À l'instant où il l'avait touché , l'animal s’était retourné , et s’ap-
278 MÉMOIRES puyant sur les pattes de derrière , avait fait jaillir une espèce d’urine dont l'odeur était si désagréable qu'il en avait été comme suffoqué. Ce piteux récit mit tout le monde en gaieté, et l’on conseilla à M. Page d'aller bien vite changer de vêtements.
Aux États-Unis , les habitants des villes maritimes ont le caractère sérieux et tout-à-fait anglais. L’habitude des affaires, la tendance générale vers les spéculations , et l'anxiété qui résulte pour chacun d’une suite d'opérations plus ou moins chanceuses, expliquent le spleen ou l'humeur noire, qui attriste et éteint même l'existence. Les plaisirs sont contraints et silencieux : une fête, un diner, sont comme le prélude d’une cérémonie funèbre. Le rire est banni de la société , et si parfois il y rentre inopinément , on s'étonne, on se récrie. Malheur à celui qui est atteint et convaincu d’avoir tenté de dérider le front soucieux des graves Américains ; il est regardé comme un homme de mauvaise compagnie. C’est une affaire convenue qu'il faut se divertir à Boston à peu près comme on s'ennuie en France. de ne sais si le jeune âge est affranchi de la loi commune , sil lui est permis de se livrer avec
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abandon aux joies bruyantes qu’autorise la nature; toujours est-il que l’âge mûr, dans les diverses situations de la vie. et même à table comme auprès du beau sexe, conserve un aplomb et une austérité qui ne se démentent jamais.
On sait que le climat de l'Amérique est , dans certaines parties, malsain , et que trop souvent il devient funeste aux Européens ; la tristesse et l'ennui sont pour eux des ennemis non moins à craindre. Le spleen ne va pas mieux que la fièvre jaune à l’organisation des Français ; ceux de mes compatriotes qui voudront se prémunir contre l’un et l’autre de ces fléaux , et s’acclimater, feront bien de débuter par un voyage et par un séjour de quelque temps dans l’intérieur des terres.
Dans les petites villes de l’intérieur, on trouve des rentiers , des propriétaires, qui, tout en s’occupant des affaires publiques et de leurs intérêts particuliers , distribuent leur temps de manière à mettre en réserve quelques instants de loisir. Les arts d'agrément ont accès chez eux ; ils ne repoussent pas la gaieté et les jouissances qui font le charme et le délassement de la vie. La raison , selon eux , n’a pas
L'EPÉ
280 MÉMOIRES besoin de formes dures et sévères; ils s'imaginent que,fpour ètre gracieuse, elle ne perd aucun de ses attraits.
À mon arrivée à Ingham , j'étais muni de plusieurs lettres de recommandation ; je me hâtai de les présenter. La famille Lincoln et M. Ebenezer , fils du célèbre général de ce nom, m'accueillirent avec toute la politesse imaginable ; leurs parents et leurs amis me comblérent de prévenances et d’attentions :
dans toutes les maisons je fus traité comme un compatriote.
Pour un homme qui avait aussi long-temps subi la misére et la mauvaise fortune , les nombreux diners qui me furent offerts pouvaient bien avoir quelque mérite ; je n’en parlerai pas : il y à certains plaisirs qui ne sont pas les moins réels , mais qu’il faut taire ; ainsi le veut l'étiquette. Tous les soirs à Ingham , il y avait réunion ; chacun à son tour donnait le thé. Les personnes âgées jouaient le wisk , le boston ou le trictrac. La table n’était pas couverte d’or, on n'ouvrait pas de paris, on perdait peu : on s’amusait beaucoup.
Les jeunes gens ne s'asseyaient pas aux tables de jeu ; ils daignaient se rappeler qu'il y
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DU GAPITAINE PÉRON. 281 avait des dames ; ils s'occupaient d'elles , et, pour leurplaire, ils cherchaient, ils inventaient quelque divertissement. Si leur imagination restait en défaut, si elle ne leur fournissait rien de neuf ou de piquant, ceux qui avaient quelque talent en musique prenaient leur flûte ou leur violon; les demoiselles se mettaient au piano, et cela sans se faire prier : nous avions ce qu'on appelle un concert d’amateurs. On était sans prétention, on n’exigeait pas les applaudissements ; l'envie et la médisance se trouvaient désarmées. Aussitôt que l'attention commençait à se fatiguer , musiciens et auditeurs, chacun se levait spontanément , et quelques contredanses terminaient la soirée.
Ainsi, dans un coin du monde, sur une terre naguère sauvage et presque ignorée, je retrouvai la France , ses plaisirs et son urbanité.
Hitons-nous de quitter le séjour d'Ingham, des intérêts plus graves m'attendent à Boston.
J'ai dit autome:,p. 258,que, pendantmon séjour au Port-Jackson , M. Dorr était arrivé en rade , qu’à son bord il avait les pelleteries qui m'avaient coûté quarante mois de rési-
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dence à l'ile d'Amsterdam , et qu'après avoir hésité long-temps, M. Dorr m'avait offert un engagement pour la durée de son voyage à la côte nord - ouest d'Amérique et à la Chine, d’où il devait me ramener à Boston, où nous pourrions terminer à l'amiable les difficultés qui existaient entre nous. Je n'ai pas voulu fatiguer le lecteur du long récit des mauvais procédés de M. Dorr à mon égard , et de plusieurs tentatives qu'il employa pour me livrer sans défense aux mains des sauvages.
M. Dorr était Américain et moi j'étais Français ; dans ce moment le nom de Francais, dont j'ai toujours été fier, eût été à Boston un titre de proscription , si la terre de la liberté n’était pas en même temps celle de la justice.
Un procès que je fus obligé de soutenir dura près d’une année; sur une assignation de mon adversaire de fournir caution, un négociant voulut bien déposer, pour ma garantie, 20,000 piastres. Les juges cherchèrent, avec un admirable scrupule , à s’entourer de toutes les preuves, de tous les renseignements qui pouvaient leur faire connaître la vérité. Les matelots qui avaient accompagné M. Dorr , et que celui-ci avait fait disparaitre. furent retrouvés
ss avoir offert voyage et à la oston , ble les Je n'ai cit des ard , et pur me ges.
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ir dura e mon ociant 0,000 in adtes les i poumatet que
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et entendus; les officiers de son bâtiment déposèrent eux-mêmes en ma faveur. Une discussion longue et animée eut lieu entre les avocats des deux parties , et long-temps la balance resta indécise entre nous ; enfin le président ayant fait un résumé clair et lumineux, le jury prononça contre M. Dorr, qui fut condamné par le tribunal à restituer la valeur de toutes les pelleteries qu’il avait enlevées à l’île d'Amsterdam, sauf les frais du fret, qui furent fixés audience tenante.
Dans cette affaire il y allait de ma fortune ; c'était le prix de mes souffrances, de mes travaux que l’on me contestait. L'issue de ce jugement me fit bénir la noble et belle institution dujury, qui, dans un pays lointain, protège l'étranger aussi bien que l'habitant.
Avant de quitter Boston et les villes de son voisinage, qu'il me soit permis de consigner ici les souvenirs de ma reconnaissance : le temps que j'ai passé sur cette terre hospitalière est le plus heureux de ma vie; j'y ai trouvé amitié et protection.
LISLLLISE LES LILLLILELUIILILLILLLLLLLLLLLILLALIVLIS LINE LAS D