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ou douzc lieues de distance : à cinq heures, nous en relevâmes le centre directement à l’ouest , à environ six lieues ; notre latitude était de 15° 54’, et la longitude 5° 58’, 12’ à l’cuest de James-Town.
Je supprime ici quelques détails sur l’île Sainte-Hélène; tant d'ouvrages plus récents que le mien en ont parlé, depuis quelque temps, qu'il y aurait de la témérité de ma part à consigner ici des notes qui doivent avoir perdu de leur intérêt.
Le 26, j'avais remarqué que la mer était d’une couleur bien différente que celle des jours précédents ; la teinte en était blanchâtre, et cependant le ciel offrait le plus bel azur; aucun nuage n'altérit la pureté de l’atmosphère.
Le lendemain, au ,: 4, j'observai le même phénomène ; je fis tirer plusieurs scaux d’eau, j'en emplis un verre; avec la loupe je n’y découvris aucune substance étrangère; l’eau resta limpide ; au bout de vingt-quatre heures, elle ne produisit aucun dépôt.
A midi, la latitude observée était de 18°17/, et la longitude de 5° 59; route des vingt-quatre heures, le nord 45° oucst; distance parcourue
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171: l’île Sainte-Hélène nous restait alors au nord 54° ouest, à 190’ de distance.
Le 28, je n’aperçus aucun changement dans la couleur de l’eau. Il m'a été impossible d'assigner une cause satisfaisante à ce phénomène, à moins de l’attribuer à la présence d’un banc considérable de sable blanc et corail.
Le G mars, nous approchâmes de l'ile de l’Ascension ; au lever du soleil, nous n’en étions plus qu’à 5’ de distance. Des montagnes sèches et arides, formées d’une terre rougeitre, un sol triste et desséché, quelques plages äe sable, furent les objets qui frappèrent nos regards. En approchant de la pointe du Pélican, qui est la plus orientale de l’île, on distinguait, sur une petite plage de sable fin, des trous de tortues, ce qui me donna l’idée d’une chasse que j'exécutai la nuit suivante.
Les tortues ne montent à terre que la nuit, pour y déposer, dans des trous pratiqués dans le sable, leurs œufs, dont le nombre est considérable. Elles recouvrent légèrement ces trous avant de rentrer dans la mer, ct elles s’y tiennent jusqu’à ce que la ponte soit achevée. C'est
la chaleur du soleil qui fait éclore les œufs; 21:
trois ou quatre jours après leur naissance , les petits sortent du sable, et, troupe déjà aguerrie, ils prennent leur direction vers la mer. Leur faiblesse neleur permet cependant pas de plonger ; aussi sont-ils la proie des oiseaux carnassiers, qui les enlèvent sur la surface des eaux ; s'ils sont repoussés sur le rivage, ils trouvent d’autres ennemis non moins terribles dont ils deviennent la pâture.
Après avoir doublé la pointe du Pélican, un quart de mille de distance, nous côtoyâmes la partie septentrionale pour venir prendre le mouillage. Dans cette position, je relevai la pointe du Pélican à l’est 5° nord; le coin du Rat, au sud un quart sud-ouest; les rochers nommés l’Escalier-de-Pierre, au sud un quart sud-est ; le centre de l’île, au sud-est; et la plage de sable devant laquelle nous étions mouillés, depuis le sud-est ua quart est jusqu’au sud un quart sud-ouest. À neuf heures, je me rendis à terre, me dirigeant entre les rochers qui terminent la plage du côté de l’est. Au-dessus de l’Escalier-de-Pierre était un haillon que l'on avait suspendu à une perche enfoncée dans la terre ; c’est un signal que laissent les navigateurs qui visitent cette île. Le
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sol où je mis le pied était de sable mouvant; un soleil presque perpendiculaire tombait sur nos têtes ; notre marche fut très pénible. J’arrivai au pied du pavillon : des fragments de tortues, des bouteilles cassées, attestaient que, peu de jours auparavant, d’autres navigateurs avaient pris terre en cet endroit ; une inscription que je rencontrai plus loin m'apprit que le vaisseau danois le Backerson, de la compagnie des Indes, avait touché le premier février 1802.
La visite que mes compagnons et moi nous fimes dans les diverses parties de l’île ne démentit pas la mauvaise opinion que nous en avions conçue. On ne découvrit qu'une seule plante, de la hauteur de six à sept pouces, et très clair-semée ; on en aurait recueilli à peine cent pieds par arpent; elle était éteinte et desséchée. Ses feuilles sont petites, rondes, et charnues, à peu près de la forme et de la couleur de la rhue de nos jardins d'Europe, mais beaucoup plus petites, et placées par cinq ou sept jets à l'extrémité des tiges latérales , ainsi qu’à celle de la tige principale. Cette plante n'est pas filandreuse ; elle se casse net, et de ses parties séparées découle une matière blanche et visqueuse, de nature très pénétrante,
526 MÉMOIRES à en juger par les taches jaunes qu'elle imprimait sur la peau, et qui ne s'effaçaient qu’au ù | | bout de quelques jours.
La chasse nous donna sept grosses tortues ; quelques unes, en se voyant poursuivies, nous jetèrent aux yeux, à l’aide de leurs ailerons de devant et de derrière, une quantité prodigieuse de sable, ce qui nous avait arrêtés tout | net; pendant ce temps, elles accéléraient leur marche vers la mer. Dans l’intérieur des terres, on rencontre des troupeaux de vingtcinq à trente cabris, espèces de chèvres: il nous fut impossible d'en approcher. Les rats sont les plus nombreux habitants de cette île. Un de mes hommes, qui s'était couché au pied du rocher du Grand-Escalier, fut réveillé par une douleur cuisante qu’il ressentit aux doigts du pied : des rats avaient rongé le cuir de ses souliers, et attaquaient déjà la chair (1).
(1) L'île de l’Ascension a quatre lieues de long du nord-ouest au sud-est ; ik y avait autrefois un volcan. | Elle a un havre commode et bien abrité. Les navigateurs
qui en partent laissent dans une caverne des boutcilles qu’on a soin de boucher après y avoir renfermé des lettres ou des renseignements. A deux cents lieues nordoucst de Sainte-Hélène.
| 1 DU GAPITAINE PÉRON. 927
npri- à Le 16 mars, je traversai la latitude du roqu'au 4 cher de Saint-Paul, par 20/ de latitude nord, ct 26° 51/ de longitude, sans en avoir connaistues ; sance. Le 20, à midi, latitude nord 52’, lonnous | gitude 27° 22/, point qui nous plaçait À 31° à ns de l'ouest de celui assigné à ce rocher. À une prodi= | heure, nous devions être sous son parallèle ; és tout je n’aperçcus absolument rien, et je restai conat leur | vaincu qu'il n'existe pas à six milles de dises ter- tance du point, soit à l’est, soit à l’ouest, où vingt- nous nous trouvions à midi.
res: il Le 5 avril, latitude 18° 58’, 15’ au sud de es rats l'estime, et 50° de longitude occidentale. Nous tte île. traversions obliquement depuis deux jours des ché au lits de goêmons: ces couches, invariablement réveillé arrêtées sur la ligne de l’ouest nord-ouest à l’est tit aux sud-est, indiquent la direction des courants. le cuir | Si l’on considère l'étendue et la situation du air(1). bassin que forme la côte du continent d'Amérique, depuis l’extrémité méridionale de la long du presqu'ile des Florides à l’ouest , jusqu'aux volcan. | bouches de l'Orénoque, à l’est, ainsi que l’inpue nombrable quantité d'îles, battures et hautoutcilles
fonds qui se trouvent parsemés entre ces deux points, on concevra que les goêmons doivent avoir pris naissance sur leurs rivages , et qu'ils
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ne peuvent avoir été portés sur l'Océan que par les courants qui sortent de cet immense bassin par tous les canaux, par toutes les ouvertures que ces îles laissent entre elles. L'espèce de goêmons que j'ai rencontrés dans ces parages, et que les marins ont surnommés raisins du tropique, à cause des grappes dont ils sont chargés, se distingue nettement de toutes les autres du même genre, et n’apparaît que sous la zone torride. Les courants sortent indistinctement du golfe entre toutes les îles, et dans une direction opposée au vent, et arrètent les goêmons au large ; sans cet obstacle, les courants, qui, plus au nord, portent au sudouest, et les vents de nord-est, les rejetteraient sur les côtes. Je pense donc quele courant sort du golfe , passe entre les îles , et emporte avec lui, dansune direction contraire au vent, tous les goêmons qui se trouvent dans les lieux voisins de son point de départ, et sur son passage: sa force diminue à mesure qu'il s'éloigne du golfe, et lorsqu'il est parvenu au point où il se trouve balancé par d’autres courants qui viennent du nord-est, les goêmons s’accumulent, en pelisses plus ou moinslarges, sur la ligne qui sert de limite, devant l’action réciproque des deux
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forces opposées et agissant en sens contraire. Cette ligne a généralement la direction de l'ouest nord-ouest à l’est sud-est, qui est celle de la côte d'Amérique, depuis le cap Saint- Roch, au Brésil, jusqu’à la presqu'ile des l'lorides.
Le 21, à midi, latitude 59° 52’ nord, longitude 70° 47"; à dix heures du soir, la sonde rapporta soixante-dix brasses, ce qui avec le point nous plaçait sur la partie sud-est du banc de Nantucket. Le 23, latitude 40° 58’, longitude 68° 54' : nous virâmes au nord-ouest et ouest nord-ouest ; notre point nous plaçait au sud-est de la batture de Saint-Georges. La mer tenait à sa surface une grande quantité de sable : à dix heures, nous étions entre le canal qui se trouve entre ce banc et celui de Nantucket. Le 24, la terre se montra fort basse, depuis le nord-ouest un quart ouest jusqu’à l’ouest sud-ouest du compas, environ trente milles de distance ; latitude , à midi, 41° 45’, longitude G9° 14’. À trois heures, le cap Cod nous restait au nord-ouest un quart nord, et les terres les plus sud, au sud-ouest un quart ouest, douze à quinze milles de distance des plus proches.
Je remarquai une grande ressemblance entre
leur aspect et celui de la côte d’Ajan, près le cap Gardafui, avec cette différence qu'elles ne sont pas aussi élevées que la côte d’Ajan ; elles n'ont que cent cinquante pieds de hauteur uniforme au-dessus du niveau de la mer; elles n'offrent également qu'un sable blanc pur, accumulé sur une ligne nord et sud, dans toute l'étendue que la vue peut atteindre ; il s’y présente quelques petits buissons très bas et très clair-semés.
Le 25, au jour, nous avions relevé le phare érigé à l'extrémité du cap Cod, au sud-ouest un quart ouest, 12’ de distance ; à midi, latitude 42° 125", longitude 70° 14. Le 26, au jour, nous eùmes la vue du phare de Boston; nous fûmes pilotés dans la passe jusqu'au mouillage , au bout de Forster Wharf; à une heure de l'après-midi, je laissai tomber l'ancre.
Le 8 août suivant, je montai sur le brick l’Annak, du port de trois cent cinquante tonneaux, capitaine Barnard, avec l'intention de me rendre en France. Le 16, à midi, nousétions par 42° 42’ de latitude , et 63° 18’ de longitude. Le 23 , à midi, 43° /42’ de latitude ; nous nous trouvions par l’accore occidentale du banc de Terre-Neuve. Le 10 septembre, 45° 10° de la-
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titude, et 3° 39 de longitude, à trente-sept lieues à l'ouest de la tour de Cordouan. Le 12, à huit heures, nous donnâmes entre le banc de Chevrier et celui des Olives, dans la passe des Graves; à dix heures, nous doublions la
pointe de Souillac; le 13, nous étions en rade de Bordeaux.