‹ Mémoires du capitaine Péron sur ses voyages [microforme] :Chapitre 52 sur 56 · PE A PM ET A RARES · texte numérisé non relu

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bane; on se disputait la préférence. Avant de céder à tant d’instances, j'annoneçai que je voulais monter sur une élévation voisine. Plusieurs Indiens s'offrirent pour nous accompagner; ils nous conduisirent par un sentier étroit, mais pratiqué avec une certaine habileté. Le sommet formait une plate-forme d'environ trente pieds de diamètre , où l’on n’arrivait que par le sentier que nous avions suivi; la vue était belle et très étendue.

Je pris un crayon et dessinai les principaux objets qui m'avaient frappé, et spécialement la position de l'ile qui nous restait à l’est , en entrant dans le havre, et les bancs de rochers qui se trouvaient entre cette île et celle où nous étions. Les Indiens furent bien surpris en voyant le tableau qu'ils avaient sous les yeux retracé d’une manière aussi exacte.

Nous revinmes au village , et force nous fut d'entrer dans plusieurs cabanes : dans l’une d'elles je rencontrai l'individu que j'avais repoussé assez rudement du vaisseau ; sa vue me donna quelque inquiétude, il accourut vers moi, les bras ouverts, et me serra contre son cœur , puis il se retira à l'écart , conservant un visage plutôtsérieux que gai, et ne prit aucune

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DU CAPITAINE PÉRON. 919 part aux démonstrations tumultueuses de ses compatriotes. Lorsque ceux-ci eurent tourné autour de nous, lorsqu'ils nous eurent examinés depuis les pieds jusqu’à la tête, il revint à moi, me prit par la main, et, par ses gestes. tâcha de me décider à le suivre. Je l’accompagnai à sa cabane ; là il devint triste , tous ses mouvemeñts dénotèrent une vive agitation. Au moment même , une femme entra, portant à la main une torche allumée pour éclairer l’inté. rieur : l’Indien me conduisit vers quelques cais . ses dont il retira ses effets avec humeur et précipitation 3 il me les montra successivement , et sembla me demander si je reconnaissais les objets qui avaient été volés à notre bord , et à l’occasion desquels il avait été contraint à quitter le vaisseau. Je m'attachai à lui frire comprendre que je ne l'avais pas cru coupable de ce vol ; que seulement il avait eu le malheur de se trouver en mauvaise compagnie; que je le regardais comme un honnête homme, comme mon ami; je l'invitai à revenir à bord le lendemain , lui promettant bon accueil et un présent. Cette explication lui plut tellement qu'il se précipita sur moi , et me serra avec une force qui pour un moment me coupa la respiration.

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