MADAME, MÈRE DE L'EMPEREUR NAPOLÉON I'% AU CARDINAL CONSALVL
Je veux et je dois remercier Votre Éminence pour tout ce qu'elle a fait en notre faveur depuis que l'exil pèse sur mes enfants et sur moi. Mon frère, le cardinal Fesch, ne m'a point laissé ignorer de quelle
généreuse façon vous aviez accueilli la demande de mon grand et malheureux proscrit de Sainte-Hélène. Le Cardinal m'a dit qu'à la prière si juste et si chrétienne de l'Empereur, vous vous étiez empressé d'intervenir auprès du gouvernement anglais et de chercher des prêtres dignes et capables. Je suis vraiment la mère de toutes les douleurs, et la seule consolation qui me soit donnée, c'est de savoir que le Très-saint Père oublie le passé pour ne se souvenir que de l'aflfection qu'il témoigne à tous les miens.
Mes fils, Lucien et Louis, qui s'honorent de votre inaltérable amitié, ont été bien sensibles à tout ce que le Pape et Votre Éminence ont fait à notre insu pour préserver notre tranquillité menacée par les puissances. Nous ne trouvons d'appui et d^asile que dans le gouvernement pontifical, et notre reconnaissance est aussi grande que le bienfait. Je prie Votre Éminence d'en déposer Thommage aux pieds du saint pontife Pie VIL Je parle au nom de toute ma famille de proscrits, et surtout au nom de celui qui meurt à .petit feu sur un rocher désert. Sa Sainteté et Votre Éminence sont les seuls en Europe qui s'efibrcent d'adoucir ses maux et qui voudraient en abréger le . terme, ie vous remercie tous deux avec mon cœur de mère, et je reste toujours, de Votre Éminence, la très-dévouée et très-reconnaissante ,
Madame ' .
27 mai i 81 8.
^ La lettre ne porte que cette signature. Nous ignorons si )a mère