‹ Mémoires du cardinal ConsalviChapitre 2 sur 59 · LJ · texte numérisé non relu

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Les Mémoires et la correspondance du cardinal GoDsalvi n'avaient jamais été publiés. Leur existence même était à Rome un mystère , et dans l'espace de trente-cinq années personne ne le soupçonna. Ces documents, si précieux pour les annales de l'Église et pour l'histoire, furent placés par le cardinal mourant sous la garde d'amis éprouvés. On se les transmettait d'exécuteur fiduciaire en exécuteur fiduciaire comme un dépôt. Nulle indiscrétion ne mit sur la trace de papiers aussi importants ; et la meilleure preuve à en donner, la voici :

M. Artaud, l'historien du pape Pie VII, était, à la mort du cardinal Consalvi, premier secrétaire de l'ambassade française près le Saint-Siège. Il résida à Rome une partie de sa vie ; il connaissait les hommes et les choses de^ la capitale du monde chrétien au

dedans et au dehors, et il ne pressent môme pas l'exis- I. 1

tence des Mémoires de Consalvi, car il écrit * : « Je n'ai puisé, du reste, mes informations sur ce point (du (Concordat de Fontainebleau) que dans les Mémoires du saint cardinal Pacca , doyen du Sacré-CoUége , qui, mieux inspiré que le cardinal Consalvi, nous a confié tout ce qu'il a su des événements de ce règne. »

Celui que les Romains appellent dhcore le grand Cardinal était enseveli dans sa gloire d'homme d'Église, d'homme d'État et d'homme du monde. Son nom jouissait sans conteste de cette triple renommée dont, vivant ou mort, aucun ministre du dix-neuvième siècle n'a joui avec une pareille plénitude. C'était l'auréole d'un illustre serviteur de la Chaire de Pierre rayonnant autour de la tête d'un de ces êtres privilégiés qui, par la séduction de leurs manières, la grâce de leur physionomie, le charme de leur esprit et la modération de leur caractère, attirent tous les regards, dominent toutes les intelligences et entraînent tous les cœurs. ' Rome lui avait ouvert le Panthéon d'Agrippa. Dans ce temple , plus durable que les dieux auxquels le paganisme l'avait consacré,*le Cardinal a son marbre à côté de Raphaël. Le buste de Consalvi , admirable de ressemblance , domine le monument, œuvre de Thoi'waldsen ; et le bas-relief le représente offrant au pape Pie VU, assis sur son trône, les Légations.

^ Histoire du pape Pie VII, par M. Te chevalier Artaud, t. I, p. XI. (Édition de 1837.)

avec leurs divers attributs, Légations qu'au congrès de Vienne il sut reconquérir par un trait de génie diplomatique •- On lit sur ce marbre l'inscription suivante :

HSRCULI.' CONSALUI. 8. R. E. DIAC. GARD.

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