‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 114 sur 183 · Tome I, p · texte numérisé non relu

Tome I, p

[Nov. 1706] DU CHEVALIER DE QUINCY. 237

put jamais vaincre l'opiniâtreté de cet homme, quoique nous étions très proches parents de sa femme, et que certainement nous lui faisions honneur. Du Plessis, piqué au vif de son procédé, lui dit : « Monsieur, il y « a quatre ans que vous me remettez toujours pour « un régiment ; je vois bien qu'il n'y a nulle grâce à a obtenir de vous. Ainsi, je prends mon parti : vous « pouvez nommer à ma compagnie ; je n'y mettrai « jamais les pieds ; » et il le quitta ensuite brusquement. M. de Ghamillart lui fit dire qu'il pouvoit compter sur le premier régiment vacant et qu'il lui conseilloit de ne point quitter. Ses promesses furent inutiles. Ce ministre, pour lui donner le temps de la réflexion, ne nomma à sa compagnie que six mois après. Du Plessis fit très mal d'avoir abandonné le service ; je suis persuadé qu'il n'auroit pas été longtemps sans avoir un régiment. M"^ de Margeret*, sœur du capitaine aux gardes, mort depuis maréchal des camps et armées du ï\oi% étoit avec eux à Quincy. Je m'aperçus bientôt de l'amitié qu'il y avoit entre elle et du Plessis. Aussi, trois mois après que nous fûmes de retour à Paris, ils s'épousèrent^. Sans être belle, la demoiselle étoit fort aimable ; elle étoit grande, bien faite et ragoûtante^. Ils ont toujours parfaitement bien vécu ensemble.

1. Marie-Françoise de Margeret, fille de Pierre de Margeret, grand audiencier de France.

2. Pierre de Margeret de Pontaut, capitaine aux gardes en 1696, brigadier en 1710, fut fait maréchal de camp en février 1719; il ne se démit de sa compagnie qu'en 1727 et mourut le 16 février 1738, à soixante-dix ans.

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