‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 118 sur 183 · Tome I, p · texte numérisé non relu

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248 MÉMOIRES [Juillet 1707]

dois dévoient envoyer une flotte formidable dans la Méditerranée pour favoriser les desseins de ce prince, à qui tous les alliés avoient de si grandes obligations. Enfin le maréchal de Tessé, nommé par le Roi général de l'armée de Dauphiné, nous envoya des ordres de quitter la vallée de Queiras et de marcher en diligence en Provence. Le Savoyard et le prince Eugène y marchoient pour tâcher de faire la conquête de cette grande province.

Barcelonnette. — Le 17 juillet, nous fûmes camper à un village à deux lieues en deçà de Barcelonnette, petite ville qui a donné le nom à la vallée dans laquelle elle est située. Cette ville, anciennement, étoit de Provence ; elle a été bâtie en 1 231 , sous le règne de Raymond-Bérenger, comte de cette province ^ Elle appartenoit, auparavant de la paix d'Utrecht, aux ducs de Savoie ; elle a été cédée au Roi par la même paix en compensation des vallées d'Oulx et de Pragelas, que S. M. a cédées au duc de Savoie^. Ces deux dernières vallées n'avaient jamais été démembrées du Dauphiné^ ; elles étoient très importantes à la France pour entrer en Italie.

1. Raymond-Bérenger V donna à cette ville le nom qu'elle porte en souvenir de Barcelone, dont ses ancêtres étaient originaires.

2. C'est par l'article IV du traité particulier entre Louis XIV et Victor-Araédée, signé à Utrecht le 11 avril 1713 (Du Mont, Corps diplomatique, t. VIII, 1'"'= partie, p, 362-363), que le territoire de Barcelonnette revint à la France, et les vallées d'Oulx et de Pragelas, avec la place de Fenestrelle, à la Savoie. Cet article posait comme principe que la limite des deux pays devait être la ligne de partage des eaux des Alpes.

3. Elles formaient ce qu'on appelait les Prévôtés dauphinoises.

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Le 1 8 juillet, nous fûmes camper, après avoir traversé Barcelonnette et après avoir laissé un petit fort, nommé le Fort-Dauphin, à notre gauche, à un village à huit lieues de Barcelonnette. Notre marche étoit si précipitée, qu'en peu de jours nous nous rendîmes à Toulon, malgré la chaleur qu'il faisoit, après avoir passé par Digne et par Riez.

Digne. — La ville de Digne n'est pas grande ; il y a un évêché suffragant d'Embrun, un siège de lieutenant du sénéchal de la province et un bailliage. La ville est assez jolie, située dans un beau pays, quoique bâtie entre des montagnes. La rivière de Bléone^ qui la traverse, va se jeter dans la Durance. Elle est renommée par ses bains chauds^, et elle est fort ancienne.

Jllez. — A l'égard de la ville de Riez, elle est assez jolie, située dans un beau pays rempli de vignobles, d'oliviers et de quantité d'arbres à fruits. 11 y a un évêché suffragant d'Aix. Nous fûmes voir l'évêque^, qui étoit frère de M. Desmaretz qui dans la suite fut fait contrôleur général des finances'^. On compte les vins de Riez les meilleurs de la Provence.

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