Philippe de Gentils, marquis de Langalerie, venait d'être
[Juin 1704] DU CHEVALIER DE QUINCY. 15
sortie commandée par un capitaine du régiment des gardes du duc de Savoie; mais, cet officier ayant eu la tête emportée d'un boulet de canon, elle n'eut aucun effet. J'appris depuis que c'étoit le comte de Moret', frère de MM. de Solari, mes bons amis, avec qui j'avois été mousquetaire du Roi^; ils étoient tous deux dans la place, ce que je ne savois pas.
Deux jours auparavant, on avoit fait une batterie de vingt pièces de canon et de douze mortiers, qui démontèrent plusieurs pièces de canon des assiégés. On en avoit fait une autre, de douze pièces de huit à ricochet^, au delà de la Sesia, qui voyoit à revers le chemin couvert, et elle le prenoit si fort à revers, qu'elle fit perdre beaucoup de monde aux ennemis. Il m'a été rapporté qu'un seul de ses boulets avoit tué neuf hommes dans le chemin couvert.
La nuit du 19 au 20, on fit une parallèle à vingt toises du glacis, et, depuis ce dernier jour jusqu'au 25, on travailla à la sape. Il ne se passa rien de considérable à la tranchée; le régiment la monta le 24. Je ferai ici une petite remarque. Mon frère, auteur de
fait lieutenant général en février 1704. Il passera aux Impériaux au commencement de 1706 et contribuera à la défaite des Français devant Turin. Après les aventures les plus extraordinaires, que M. de Boislisle a racontées dans la Revue historique de novembre 1897 et janvier 1898, il finit par mourir dans la prison impériale de Vienne, en 1717.
1. Nous retrouverons plus loin (p. 27-29) ce comte de Moret et ses deux frères, et notre auteur donnera alors sur leur compte des détails assez circonstanciés. — Moretta, dans le marquisat de Saluées, était possédé par les Solari depuis le xiv^ siècle.