Levé en 1695 et licencié en
4. Ce régiment, créé comme Albigeois en 1692, fut incorporé dans Navarre en 1714.
5. Commandé depuis février 1707 par Louis de Frétât, comte de Boissieux, ce corps ne datait que de 1702 et fut licencié en
6. Henri de Carrion, marquis de Nisas, colonel du régiment de Thiérache, n'était pas encore brigadier, puisqu'il n'obtint ce grade que pendant le siège, le 16 août; il parvint en 1734 à celui de lieutenant général.
7. Les documents du temps sur l'invasion de la Provence et le siège de Toulon sont très nombreux . Outre le tome V de V Histoire militaire de Quincy, la Gazette, les Mémoires de Sourches, le Journal de Dangeau et les Mémoires militaires du général Pelet (t. VII), le Mercure de 1707 donne, en deux volumes supplémentaires, un récit détaillé des événements, et les n°^ lxiv à ci [passim] de la Gazette d' Amsterdam fournissent les renseignements de source étrangère. Le Dépôt de la guerre renferme, dans les volumes 2041-2042, toute la correspondance des divers chefs militaires. De nos jours, outre l'ouvrage de Charles Laindet de la Londe (1834), le baron Textor de Ravisy a publié, en 1876, V Invasion de la France en 1707, ou Chronique de la campagne de Provence et du siège de Toulon, d'après des documents inédits, et le docteur Gustave Lambert a consacré à cette période une grande partie du t. III de son Histoire de Toulon (1889).
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commerce la rend une des plus riches de la Provence. Son port, un des plus beaux de la Méditerranée, fait l'admiration des étrangers. Les bâtiments que le Roi y a fait construire sont magnifiques, surtout celui où l'on fait les cordages des vaisseaux. Le climat et les environs de cette ville sont des plus charmants. Dès que le soleil étoit couché, il sembloit que nous étions dans un paradis terrestre : les orangers, les citronniers, les jasmins et toutes sortes de fleurs y régnent dans toutes les plaines; nous y étions embaumés. Toujours un beau ciel. 11 y a des glacières dans presque toutes les maisons de campagne, que ceux du pays appellent bastides. Il n'y a point à Toulon de lieux de commodité ; l'on va sur les toits des maisons : ainsi, lorsqu'il pleut, il est dangereux d'aller dans les rues. Les filles y sont assez jolies, quoique fort brunes ; mais il ne faut pas s'y abandonner. Nous restâmes dans ce camp cinq semaines environ. Il seroit à souhaiter que le climat de toute la France fût de même. On employa trois mille hommes de mihce, six mille paysans et beaucoup de nos soldats à élever tous les retranchements'. Les femmes, les filles et les petits enfants y travailloient aussi avec un zèle qui nous charmoit. Les retranchements étant achevés, on plaça cent pièces de canon de fer devant notre première ligne. Ce furent les paysans qui les y conduisirent à force de bras ; ils étoient toujours accompagnés d'une musique provençale, le tambourin et le
1. Les fortifications de la ville du côté de la terre étaient presque nulles et en mauvais état, d'après une lettre de Tessé du 12 juillet [Mémoires militaires, t. VII, p. 109-111); on dut les compléter et les répai'er précipitamment.
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fifre. On garnit aussi de canons tous les remparts d'où l'on pouvoit apercevoir les ennemis. Je n'ai jamais entendu tirer tant de coups de canon que pendant ce siège; on en tiroit comme de la mousqueterie ' . Le Saint-Philippe et le Tonnant, vaisseaux de quatrevingt-dix canons chacun, furent postés vis-à-vis la plaine de la Valette, et, afin de les empêcher d'être endommagés par le canon de l'ennemi, on leur a voit mis une chemise de gros madriers^. Personne ne pouvoit paroître dans cette plaine. La tour de Sainte- Marguerite, le fort Saint-Louis, la Grande-Tour et la tour de l'Éguillette, située de l'autre côté du canal ^, étoient pareillement garnies de canons. Tous ces forts empêchoient les vaisseaux ennemis de s'approcher du port. On eut la précaution de mettre sous l'eau tous les vaisseaux du Roi, au nombre de trente^.
1. « On en tiroit bien quatre mille coups par jour, » disent les Mémoires de Sourches, t. X, p. 380.
2. On les avait échoués à l'entrée du port et l'on avait établi sur chacun une batterie haute et une batterie basse. [Sourches, p. 367, 379, 380.) « Le Saint- Philippe est afPourché sur ses amarres de manière que, dès qu'une bordée a tiré, on le tourne, et il tire son autre bordée pendant qu'on recharge. » [Dangeau, t. XI, p. 440.)
3. La tour ou fort Sainte-Marguerite se trouvait assez loin à l'est de la ville ; le fort Saint-Louis, sur la rade extérieure des Vignettes, près de l'embouchure du ruisseau de l'Egoutier, défendait l'entrée de la rade intérieure avec la Grande Tour, située à l'extrémité de la pointe de la Malgue; vis-à-vis de cette dernière, les tours de l'Eguillette et de Balaguier commandaient le chenal du côté de la Seyne. L'Atlas des Mémoires militaires contient un grand plan de Toulon et de ses environs à cette époque.