Pont-Sainte-Maxence
328 MÉMOIRES [Juin 1709]
lement de Paris ^ Je donnai le bras à la dame des bijoux, qui recommença son badinage. Le souper fut très gai; je mangeai assez bien pour un amoureux.
Roye. — Le lendemain, nous dinâmes à Roye, petite ville assez bien située, qui a donné le nom à une ancienne maison qui est fondue dans celle de la Rochefoucauld^.
A une lieue en deçà de Roye, nous trouvâmes Tilloloy^, terre appartenante à la mère de notre colonel^. Le château, l'avant-cour et les écuries sont très bien bâties ; il y a une avenue de tilleuls d'Hollande qui a trois quarts de lieue.
Nous fûmes coucher à un village en deçà de Péronne. Insensiblement, je m'accoutumois aux conversations enjouées de ma pèlerine^. Nous fîmes un très bon souper, qui fut poussé assez loin. Comme il y avoit
1. Le possesseur de ce marquisat, en 1709, était Michel-Jean Amelot, conseiller d'Etat, alors ambassadeur extraordinaire en Espagne, qui mourut en 1724, et qui n'appartint au Parlement que comme conseiller, au début de sa carrière. Ce fut son fils, Charles-Michel, mort en 1730, qui fut fait président à mortier en 1712.
2. Par le mariage, en 1557, de Charlotte de Roye, héritière de la branche du Plessis, avec François III, comte de la Rochefoucauld. Les généalogistes font remonter l'ancienne maison de Roye jusqu'au xi* siècle.
3. Dans le département de la Somme, arrondissement de Montdidier, canton de Roye. Une « maison royale », dit M"*^ de Sévigné {Lettres, t. IX, p. 538).