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3. Jean-François-Angélique Frézeau, marquis de la Frézelière (1672-1711), avait eu une lieutenance générale d'artillerie en survivance de son père ; brigadier en 1702, il avait commandé, de 1703 à 1707, une partie de l'artillerie de l'armée d'Allemagne. Boufflers le demanda pour coopérer à la défense de Lille, et il fut fait lieutenant général à la suite du siège.
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volant sous Valenciennes, à l'abbaye de Saint-Sauve*. Les troupes qui le composoient étoient destinées à défendre cette dernière place en cas de siège. Je fus le voir pour le prier de servir volontaire sous ses ordres, s'il étoit assiégé. Il fut charmé du dessein que j'avois, et il me promit de me demander au maréchal; mais j'en fus pour ma bonne volonté, comme il se verra dans la suite.
Prise de Warneton. — Le 5 juillet, nous apprîmes que M. d'Artagnan, lieutenant général, ayant sous ses ordres MM. de Vieuxpont^ et de Gonflans^, maréchaux de camp, avoit fait attaquer, le jour d'auparavant, par les brigades de Navarre^, de Gharost^ et de Lannoy^, soutenues par neuf escadrons de dragons et quatre de cavalerie, Warneton, petite ville située sur
1. Abbaye bénédictine fondée dès le vin* siècle, sur le bord de l'Escaut.
2. Guillaume-Alexandre, marquis de Vieuxpont, mort en 1728, avait été lieutenant-colonel du régiment de Bourbon; fait brigadier en 1702, il reçut le grade de maréchal de camp en 1704, après la bataille d'Hochstedt, et devint lieutenant général en 1710.
3. Jean-Chrétien de Watteville, marquis de Conflans, avait été nommé maréchal de camp en même temps que M. de Vieuxpont, et il sera fait aussi lieutenant général en 1710; il avait eu un régiment de cavalerie dès 1694.
4. Ce régiment, le quatrième des vieux corps, avait pour origine le régiment des gardes du roi de Navarre ; son colonel, depuis le 16 février 1709, était le marquis de Gassion.
5. C'est le régiment de Dauphiné que commandait depuis 1702 le marquis de Charost, Louis-Joseph de Béthune.
6. Louis-Auguste, comte de Lannoy, était depuis 1702 colonel d'un régiment de son nom, qui fut incorporé dans celui de Piémont en 1714.
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la Lys et au delà, dans laquelle il y avoit environ deux mille hommes, pendant que le chevalier de Pezeux^ maréchal de camp, et M. du Buisson^, brigadier, qui étoient partis d'Ypres à la tête de deux mille cinq cents hommes, l'attaquoient par un autre côté ; qu'après quelques décharges de six pièces de canon qu'on avoit fait venir d'Ypres, il avoit fait donner l'assaut; que la plus grande partie de cette garnison avoit été tuée et noyée, excepté huit cents hommes qui avoient été faits prisonniers avec le commandant, un colonel, un lieutenant-colonel et une trentaine d'officiers; que, l'affaire finie, M. d'Artagnan, après avoir fait enlever les magasins de blé et de farine, avoit fait raser les retranchements et abattre les murailles, et qu'il s'étoit retiré si à propos, que le gros corps de troupes, aux ordres du général Wilkers, que le prince Eugène avoit envoyé pour le combattre, arriva trop tard. Cette action fit beaucoup d'honneur à M. d'Artagnan ^
Le 8 juillet au soir, la nouvelle vint au camp que les ennemis avoient ouvert la tranchée, la nuit du 7 au 8, à trois endroits devant la ville de Tournay^
Le prince Eugène envoya, le 18 juillet, six cents
1- Clériadus de Pra-Balesseau, chevalier, puis vicomte de Pezeux, colonel d'infanterie en 1695 et de dragons en 1702, avait servi en Italie jusqu'en 1706, et était maréchal de camp de la promotion de mars 1709.
2. C'était un Suisse, colonel réformé que le Roi avait fait brigadier en avril 1706; il fut blessé grièvement à cette attaque de Warneton.
3. Mémoires militaires, t. IX, p. 50-51; Histoire militaire de Quincy, t. VI, p. 159-160.
4. On pensait que Tournay résisterait trois mois, et que, par
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grenadiers, soutenus par dix bataillons et quinze escadrons, pour s'emparer de Marchiennes, oii nous n'avions que six cents hommes aux ordres de M. de Creny^ capitaine au régiment de Navarre, officier de distinction, et qui s'étoit attiré la confiance du maréchal de Villars. Le comte d'Angennes, brigadier des armées du Roi^, ayant appris que cette petite ville alloit être attaquée, y marcha promptement à la tète de sa brigade, sans aucun ordre, et il fut suivi après par deux régiments de dragons. Les ennemis s'emparèrent d'abord d'un poste proche la ville; mais l'officier général chargé de cette expédition, faisant réflexion que cette petite place pouvoit être défendue par toute notre armée, jugea à propos de se retirer. Il fît parfaitement bien ; car il auroit été très bien reçu. Deux jours après, je me rendis à Marchiennes. Je fus voir l'abbaye, qui a été fondée par une sœur du grand Clovis^. Je montai sur la grosse tour de l'éghse, d'où nous apercevions les deux armées, celle des ennemis et la nôtre. Si le spectacle de voir dans la
conséquent, les ennemis ne pourraient entreprendre rien d'autre cette campagne. [Mémoires militaires, t. IX, p. 41.)