Ainsi dans le manuscrit
3. Victor-Amédée abdiqua la couronne le 3 septembre 1730 en faveur de son fils, mais voulut bientôt la reprendre. Une première tentative, dans l'été de 1731, ne réussit pas; en septembre suivant, il recommença : son fils le fit alors arrêter, dans la nuit du 27 au 28 septembre, et transporter au château de Rivoli, puis à Moncalieri, où il mourut le 30 octobre 1732.
30 MÉMOIRES [Juillet 1704]
Nous ne restâmes pas longtemps près de Verceil. Nous partîmes le 23 pour aller camper à San-Germano, qui en est à quatre lieues* ; nous y séjournâmes jusqu'au 26. En arrivant de dîner le 215 de chez le comte de Médavy, qui avoit beaucoup de bonté pour moi, je me sentis un grand frisson, qui fut suivi d'une fièvre des plus violentes. Une grande partie des officiers et des soldats tombèrent malades dans ce camp. Nous en attribuâmes la cause au terrain des rizières où nous étions campés; véritablement, il en sortoit des exhalaisons qui nous désoloient par la puanteur. Le riz se sème dans une terre fort grasse, labourée en sillon; ensuite on couvre cette terre d'eau (on fait, dans presque toute l'Italie, couler les eaux où Ton veut ; c'est ce qui rend ce beau pays si fertile) ; on y laisse l'eau croupir. Ainsi il n'est pas extraordinaire qu'un tel terrain n'exhale des vapeurs des plus dangereuses. Un général doit éviter autant qu'il peut de faire camper son armée dans de pareilles situations et dans des terrains marécageux. Ce maudit camp, où nous ne séjournâmes que très peu de temps, fut la perte de beaucoup de soldats et d'officiers.
Le 26, malgré la fièvre aiguë que j'avois et le grand soleil qui nous dardoit sur la tête, je suivis l'armée à Santhià^, petite ville toute ouverte, qui est à trois lieues de San-Germano. M. de Montviel^, aide-major général de l'armée, qui étoit aussi malade, me donna