Ci-après, p
3. C'est en achevant le récit de l'année 1701 que Saint-Simon
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Le duc de Savoie eut la charité, pendant que nous étions encore dans ce camp, de faire donner un avis à M. de Vendôme des plus importants, qui étoit de faire défendre absolument le mouton dans son armée, parce que cette viande étoit un véritable poison dans le Piémont pendant les chaleurs. Nous profitâmes tous de son conseil.
On se persuadoit avec raison que M. de Vendôme suspendroit ses mouvements pour faire de nouvelles conquêtes, ou du moins qu'il attendroit les ordres du Roi ; mais cette triste nouvelle ranima plus vivement son zèle pour le service de S. M. et de sa patrie. On peut dire à sa louange qu'aucun François n'a été si bon citoyen et n'a aimé son souverain plus que ce prince : il ne servoit que pour la seule gloire, l'utilité du royaume, et pour avancer les affaires de S. M.
Les préparatifs pour faire le siège d'Ivrée étant faits, l'armée décampa de Santhià le 28, et elle fut camper à Viverone, village à deux lieues d'Ivrée^. M. de Vendôme auroit bien souhaité que le duc de Savoie, qui étoit toujours dans son camp de Crescentin, l'eût quitté pour l'empêcher de faire ce siège; mais le Savoyard et M. de Stahremberg étoient trop habiles dans l'art militaire pour abandonner un camp si avantageux. Ils se contentèrent de mettre dans Ivrée une garnison telle qu'il convenoit pour sa défense, et un brave officier qui eût la valeur, la fermeté et l'expérience nécessaire pour la commander.
a exprimé la même idée sous une forme plus concise : « Ainsi •finit cette année, et tout le bonheur du Roi avec elle. »
1. Au sud-est d'Ivrée, sur le bord d'un petit lac auquel cette localité donne son nom.
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C'étoit M. de Kirkbaum, Allemand au service de l'Empereur. Aussi fît-il une belle défense. M. le baron de Grippa, Piémontois, gouverneur de la place, le seconda parfaitement bien^
Attaque de notre convoi. — Je restai à Santhià, par rapport à la fièvre qui ne me quittoit point, jusqu'au 30 au matin, que j'en partis pour profiter de l'escorte d'un grand convoi de munitions de guerre et de bouche destiné pour notre armée devant Ivrée. Beaucoup de soldats convalescents en profitèrent aussi afin de joindre leurs régiments. Nous ne fûmes pas plus tôt à une lieue et demie de Santhià, que nous aperçûmes un nombre considérable d'escadrons ennemis qui venoient en très bon ordre pour enlever notre convoi. M. de Ghartoigne, qui commandoit l'escorte du convoi, fit faire halte sur-le-champ à tous les chariots, et il en forma un carré long. Il dispersa toute son infanterie, et il la fit mettre entre et dessus les chariots. Il pria les convalescents, dont j'étois du nombre, de nous mettre à la tète des soldats convalescents. Il fit mettre sa cavalerie sur les ailes de son convoi. Dans cette situation, qui étoit excellente, nous attendîmes la cavalerie ennemie, qui vint trois fois nous attaquer. Ils poussoient leurs chevaux jusqu'aux chariots; mais nous les reçûmes si bien, qu'ils ne purent jamais nous entamer : nous en couchâmes plusieurs par terre, et nous leur tuâmes beaucoup de chevaux. Nous ménageâmes si bien notre feu, que nous donnâmes le temps à M. de Vendôme de nous envoyer
1. Au commencement du siège, il fit abattre l'évêché, le séminaire et plusieurs églises qui masquaient au château la vue du camp français. [Histoire militaire de Quincy, t. IV, p. 365.)
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à notre secours beaucoup de cavalerie. Celle des ennemis, l'apercevant, se retira bien vite, et elle nous laissa, par sa retraite, le chemin libre pour nous rendre devant Ivrée. Nous menâmes avec nous une centaine de prisonniers, presque tous cuirassiers; la plupart étoient blessés. Cette action fit beaucoup d'honneur à M. de Chartoigne et à notre infanterie, d'autant plus que, depuis Santhià jusqu'à une lieue d'ivrée, ce n'est qu'une plaine. C'étoit le prince Charles de Lorraine^ qui commandoit le détachement ennemi. Il est surprenant que l'auteur de VHistoire militaire de Louis XIV ne dise pas un mot de l'attaque de ce convoi^.
Nous arrivâmes à l'armée dans le temps qu'elle se campoit devant Ivrée et que nos grenadiers chassoient les ennemis des hauteurs qui commandent la ville. Nous apprîmes depuis que le comte de Blénac^, colonel de Piémont-royal ^, avoit été tué dans cette attaque ; nous n'y perdîmes pas un seul homme.
Siège d'ivrée. — La ville d'ivrée est située sur la Doria Baltea, rivière qui prend sa source dans les Alpes Apennines^ et, après avoir traversé la vallée