‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 24 sur 183 · Troupe légère d'origine hongroise · texte numérisé non relu

Troupe légère d'origine hongroise

3. Mémoires militaires, t. IV, p. 266; Histoire militaire de Quincy, t. IV, p. 366.

[Sept. 1704] DU CHEVALIER DE QUINCY. 37

montions la tranchée que par détachements, je n'en sais point la raison : ainsi, point de drapeaux à la tranchée^.

Au bout de quelques jours que je fus arrivé devant Ivrée, la fièvre me reprit avec plus de violence que jamais, quoique l'air qu'on respire dans ce pays est très excellent, cette ville étant située près des Alpes. Je me trouvai si mal, que la maladie du pays s'empara de mon esprit. Pernicieuse maladie! Je ne pouvois m'empécher de dire à mes camarades qui venoient me voir : « Est-il possible que, de sept frères que « nous sommes encore, je sois le seul qui vienne dans « ce pays qui a toujours été le tombeau des Fran- « çois ! B Ma maladie me faisoit d'autant plus de peine, que le lieutenant, le sous-lieutenant, les sergents et presque tous les soldats de ma compagnie, et tous mes domestiques, étoient malades. Une grande partie de l'armée étoit dans ce cruel état. Le chirurgienmajor du régiment me saigna encore : c'étoit pour la troisième fois; mais, voyant que tout ce qu'il me faisoit ne faisoit qu'augmenter ma fièvre, il me conseilla d'envoyer chercher le premier médecin de l'armée. C'étoit le célèbre M. Dumoulin^ qui m'ordonna de prendre de l'émétique. Je n'ai jamais tant souffert; car je fus un jour entier à débonder par en haut et par en bas, et cela avec une violence si extraordinaire que je souhaitai mille fois la mort. De plus, le soleil

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