‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 3 sur 183 · Tome I, p · texte numérisé non relu

Tome I, p

4 MÉMOIRES [Mai 1704]

ment, dont nous étions outrés. Nous ne pûmes nous empêcher de lui en marquer notre ressentiment. Cet homme se prévaloit un peu trop d'être le gendre du ministre de la guerre et de la finance. Il nous pria de patienter un peu, et que, dans un mois au plus tard, nous en serions débarrassés. Il tint sa parole : il fit donner une compagnie franche à ce misérable assassin. Il auroit dû la faire donner plutôt à Bfellecourt], par rapport à ses anciens services et à ses blessures.

Revenons à notre passage du Pô. L'aile droite de la cavalerie, tant de la première ligne que de la seconde, passa sur le pont de la droite, pendant que l'aile gauche de la première et de la seconde ligne passoit sur le pont de la gauche, et que Tinfanterie, tous les grenadiers à la tête, passoit sur le pont du centre. L'infanterie battoit aux champs, et l'air retentissoit du bruit des timbales et des trompettes de la cavalerie ^ Je n'ai jamais vu une ardeur de combattre si marquée dans nos troupes. Aussi, en moins d'une demi-heure, elles furent en bataille du côté de l'ennemi. Les remparts de Casai étoient couverts des habitants de cette ville, persuadés qu'ils auroient le plaisir de voir donner une bataille sans courir aucun risque ; mais la prudence du Savoyard en avoit ordonné autrement, car ce prince, qui étoit campé à une petite lieue de nous, se retira précipitamment, le 7, à la petite pointe du jour, après avoir laissé plusieurs compagnies de grenadiers à Balzola- pour favoriser sa retraite.

1. C'est le 6 mai qu'eut lieu le passage du Pô [Mémoires militaires, p. 213).

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